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Sous le regard des trois Blancheurs, suivre Jésus et Marie fut-ce au milieu des pires tempêtes, mais dans la paix, la joie et l'amour.
 
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 Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge

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MessageSujet: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 5 Avr - 23:16

Rappel du premier message :

PREMIÈRE PARTIE
SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A DIEU

INTRODUCTION

«Israël aimait Joseph plus que tous ses autres fils ».
Gen., XXVII, 3.

Place de saint Joseph dans l'ordre de l'Incarnation


Pour arriver à se faire une idée des grandeurs de saint Joseph, il faut commencer par connaître la place qui lui appartient dans l'ordre de l'Incarnation. Car l'Incarnation est la première et la plus parfaite des œuvres divines, dans laquelle se reflètent, comme dans un océan de beauté, les attributs de Dieu : sa sagesse, sa justice, sa puissance et sa bonté. Aussi l'Incarnation est-elle la mesure de toute vraie gloire et de toute noblesse. Plus une créature se rapproche du Verbe incarné, plus est élevée la place qu'elle occupe dans l'ordre du monde spirituel.

Or, une personne peut appartenir à l'ordre de l'Incarnation de deux manières : intrinsèquement et extrinsèquement. Intrinsèquement, soit en réalisant en soi la substance même de l'Incarnation, soit en coopérant à la réalisation de cet auguste mystère. Le Christ, Notre-Seigneur, par le fait même de l'union hypostatique, réalise en lui ce chef-d'œuvre ineffable, étant, dans l'unité de personne, Dieu et homme tout ensemble.

Il appartient donc intrinsèquement et substantiellement à l'ordre de l'Incarnation. Il en est lui-même la raison d'être. La très sainte Vierge, sa Mère, appartient, elle aussi, intrinsèquement à cet ordre, non pas d'une manière substantielle, comme son Fils, mais par sa coopération réelle et vitale, ayant fourni, sous l'action du Saint-Esprit, son sang virginal pour former le corps du Verbe incarné.

A cet ordre de l'Incarnation appartiennent extrinsèquement tous ceux qui ont contribué à mettre en relief ce mystère incomparable. Ce sont d'abord les Prophètes, les Apôtres et les Evangélistes, qui ont annoncé la venue du Christ ou qui l'ont prêché aux Gentils; les martyrs qui ont versé leur sang en témoignage de sa divinité; les ministres du Nouveau Testament, qui, par les sacrements de l'Eglise, continuent sa mission rédemptrice; enfin les fidèles, qui s'efforcent de reproduire en eux-mêmes l'image admirable de l'Homme-Dieu.

Cependant, au-dessus de tous ces personnages, il en est un qui, par la mission toute spéciale qui lui fut confiée, se rattache plus intimement encore, bien que toujours d'une manière extrinsèque, au grand mystère de l'Incarnation. C'est saint Joseph, cet homme choisi par Dieu pour être l'Epoux de la Vierge Mère, de Celle qui, dans les desseins du ciel, ne devait concevoir le ,Verbe, qu'en tant qu'elle serait unie, par les liens d'un véritable mariage, à cet auguste Patriarche.

Voilà donc la place qu'occupe saint Joseph dans l'œuvre de l'Incarnation, place unique après celle de la très sainte Vierge, son Epouse. Or, comme l'union légitime de l'homme avec la femme, telle que Dieu l'a voulue dès le principe quand il donna au mariage sa sanction divine, établit entre les deux une relation de parenté la plus étroite qui puisse exister, il s'ensuit que saint Joseph est en quelque sorte admis à participer aux privilèges attachés à la dignité de la Mère de Dieu. C'est pourquoi, bien que cette coopération de saint Joseph à l'œuvre de l'Incarnation ne soit pas intrinsèque, comme celle de la Vierge Mère, elle ne cesse pas néanmoins d'être le fondement et la raison d'être de toutes ses prérogatives.

Ceci étant, notre premier soin, dans notre étude sur le glorieux Patriarche, sera d'examiner ses relations avec Marie, son épouse, et conséquemment avec Jésus-Christ, le vrai fils de Marie.

Source : Livres-mystiques.com
https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Lepicier/StJoseph.html

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 12 Juil - 8:37

CHAPITRE III - VERTUS ET DONS DE SAINT JOSEPH

Vertu de tempérance en saint Joseph


Nous avons voulu parler en détail des insignes vertus qui ornèrent l'âme très noble de saint Joseph, parce que c'est dans l'exercice constant, soutenu et fervent de ces mêmes vertus, qu'il a remporté une victoire complète sur le démon et sur le monde et qu'il s'est rendu si cher au cœur de Dieu et si aimable aux yeux des hommes.

Ces vertus furent les degrés de l'échelle mystique, sur laquelle il ne cessait de monter, se rapprochant toujours davantage du ciel. Et c'est précisément par les progrès qu'il fit dans ces vertus, que se vérifia pleinement la signification mystérieuse de son nom : « Vous êtes un fils croissant, Joseph, vous êtes un fils qui grandit et de bel aspect. »

Dons du Saint Esprit dans l'âme de saint Joseph

Outre ces vertus, qui enrichirent l'âme de saint Joseph, il faut encore mentionner les dons du Saint Esprit qui contribuèrent aussi à embellir son âme sainte, la faisant, pour ainsi dire, vibrer à l'unisson avec celle de son Fils bien-aimé. Car les dons du Saint Esprit sont des qualités surnaturelles, qui rendent l'homme souple et docile, prompt à suivre en toutes choses les inspirations de l'Esprit Saint.

Ces dons sont au nombre de sept : le don de sagesse et d'intelligence, le don de conseil et de force, le don de science et de piété et le don de crainte de Dieu. Ces dons étaient encore perfectionnés, dans l'âme du saint Patriarche, par les béatitudes et les fruits du Saint Esprit, dont parle saint Paul dans l'Epître aux Galates.

Rien n'est plus agréable, et en même temps plus utile à l'esprit, que d'approfondir, par la méditation chacune de ces opérations du Saint Esprit, en les appliquant à l'âme bienheureuse de saint Joseph. L'esprit trouve là une nourriture salutaire pour alimenter la vie spirituelle, et s'avancer, comme le fit le saint Patriarche lui-même, dans l'amour de la vertu et dans l'union avec le bien suprême.

Ressemblance de saint Joseph avec la très sainte Vierge

Nous ne pouvons mieux terminer ce chapitre, qu'en faisant remarquer comment la cause principale du progrès de saint Joseph dans la sainteté est due à la compagnie de sa très sainte Epouse.

Car, de même que le commerce intime et continu avec la divine sagesse, source de tous biens, selon cette parole: « Tous les biens me sont venus avec elle », ennoblit l'âme et l'élève au-dessus des choses de ce monde, de même aussi la compagnie continuelle de Marie, Siège de la Sagesse, fut pour le saint Patriarche une occasion de continuelles ascensions vers Dieu, et ceci pour deux raisons : la première, à cause de l'amour profond que la sainte Vierge portait à son chaste Epoux ; la seconde, à cause de la continuelle présence de Marie et des exemples de vertu qu'elle ne cessait de donner à son saint Epoux.

D'abord, l'amour de Marie pour saint Joseph ne connaissait pas de bornes. Cet amour avait pour base la sainte et forte dilection que les époux se doivent mutuellement, et à laquelle saint Paul fait allusion, quand il dit : « Les maris doivent aimer leurs épouses comme leurs corps », paroles qui doivent également s'entendre dans un sens réciproque.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMar 13 Juil - 8:48

CHAPITRE III - VERTUS ET DONS DE SAINT JOSEPH

Ressemblance de saint Joseph avec la très sainte Vierge


Or, c'est le propre de l'amour de rendre semblables ceux qu'il unit. Car son premier effet, comme l'explique très bien saint Thomas, est l'union, l'amour étant une force unitive et les personnes qui s'aiment ne voulant, pour ainsi dire, faire qu'un ; d'autre part comme ceci ne pourrait avoir lieu que par la destruction de l'un ou de l'autre ou de tous les deux, ces personnes cherchent à être ensemble autant que possible. Aussi tous les efforts des personnes qui s'aiment convergent-ils vers l'union qu'ils supposent ou qu'ils créent. 

La sainte Vierge dirigeait donc, avant tout, ses soins dans le but d'amener saint Joseph à ce même degré de perfection qu'elle possédait elle-même, et nous pouvons dire que c'était là l'objet principal des ferventes prières qu'elle ne cessait d'élever à Dieu pour lui. Notre prière, en effet, doit aller en premier lieu à ceux qui nous sont les plus proches ; or, qui pouvons-nous imaginer de plus intimement lié à Marie que son chaste Epoux ?

D'autre part, la compagnie continuelle de la Mère de Dieu et les lumineux exemples de vertu qu'elle ne cessait de donner ne pouvaient qu'impressionner grandement l'âme de saint Joseph, déjà si délicate et si ouverte à la vérité et à la bonté. N'est-ce pas d'ailleurs ce que dit saint Paul : « L'homme infidèle est sanctifié par la femme fidèle, et la femme infidèle est sanctifiée par l'homme fidèle » ? Et n'arrive-t-il pas quelquefois que la rencontre d'images sacrées représentant Notre Seigneur ou sa sainte Mère, excite les pécheurs à la conversion et les justes à une plus grande sainteté ? Quels sentiments de foi et de piété ne durent donc pas produire, sur l'âme du saint Patriarche, les exemples, les conversations de Marie ?

Vraiment, on peut appliquer aux saints Epoux, Marie et Joseph, chacun à sa manière, ces paroles du livre des Proverbes : « Le sentier des justes est comme une lumière resplendissante : elle s'avance et croît jusqu'au jour parfait.» Spectacle admirable que la vie de ces deux époux : Marie précédant et montrant le chemin ; Joseph suivant fidèlement sur ses traces, de sorte qu'on pouvait dire de tous les deux qu'ils marchaient comme des enfants de la lumière.

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH

Douleurs spirituelles, source, pour saint Joseph, de grâces et de mérites


Après avoir parlé des vertus insignes du saint Patriarche Joseph, vertus qui le rendirent si semblable à la Vierge bénie, il nous faut maintenant considérer les poignantes douleurs qu'il eut à supporter, en raison du soin dont il avait été chargé par Dieu, d'être le gardien de la sainte Famille. En effet, ce sont ces douleurs mêmes qui contribuèrent à préciser encore davantage sa parfaite ressemblance avec Marie, son Epouse chérie.

Il n'y a pas à douter que ce sujet ne trouve ici sa place. Nous l'avons vu, saint Joseph fut appelé, par l'Esprit Saint, un homme juste ; or, il entre habituellement dans les desseins de la Providence que les justes soient soumis à des épreuves parfois bien cruelles. « Parce que tu étais agréable à Dieu, disait l'Ange à Tobie, il était nécessaire que la tentation te mît à l'épreuve. » D'ailleurs, ne savons-nous pas que c'est dans la douleur, que se trouvent les meilleures occasions de mérite, et que c'est dans la douleur saintement supportée, que la vertu resplendit d'un éclat particulier ?

Nous parlerons donc ici des douleurs de saint Joseph, mais seulement de ses douleurs spirituelles, remettant au chapitre suivant de parler de ses douleurs corporelles. Nous verrons, par ce qui suit, combien, ici encore, le saint Patriarche se rapproche de son Epouse, que nous saluons comme la Reine des Martyrs. Nous admirerons l'auréole de gloire que ces douleurs, saintement supportées, ont ajoutée à son front virginal.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 14 Juil - 8:44

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH

Douleurs spirituelles, source, pour saint Joseph, de grâces et de mérites


Parmi ces douleurs, on en compte sept, qui réclament tout particulièrement notre attention.

Ces sept douleurs sont indiquées par les Evangélistes, saint Matthieu et saint Luc, et on a coutume de les énumérer comme il suit : 1° L'angoisse du saint Patriarche à la vue de la grossesse de Marie ; 2° le délaissement de Jésus à sa naissance ; 3° la circoncision du divin Enfant ; 4° la présentation de Jésus au Temple ; 5° la fuite en Egypte ; 6° la crainte d'Archélaüs occasionnant le retour à Nazareth ; 7° la perte de Jésus au Temple.

Nous dirons quelque chose de chacune de ces douleurs, ainsi que des consolations que la main paternelle de Dieu ne manqua pas de lui envoyer, et des vertus qui accompagnèrent chacun de ces douloureux événements.

Douleur de saint Joseph à la vue de la grossesse de Marie

Dieu n'ayant pas voulu révéler plus tôt à saint Joseph le profond mystère qui s'était accompli en sa chaste Epouse, le saint Patriarche éprouva un trouble profond quand il aperçut en elle les signes d'une prochaine maternité.

Voici comment saint Matthieu raconte cette première douleur du père putatif de Jésus. « Joseph, l'époux (de Marie), étant un homme juste et ne voulant pas la déshonorer, résolut de la renvoyer secrètement.

Le trouble du saint Patriarche ne provenait pas, nous l'avons dit, de ce qu'il soupçonnât aucun mal moral de la part de sa sainte Epouse, ou qu'il se crût lui-même indigne de vivre en sa compagnie.

Il provenait de ce que, connaissant, d'un côté, l'insigne sainteté de Marie, et, de l'autre, ignorant le fait de l'Incarnation du Verbe, il fut pris d'une angoisse terrible, qui le jeta dans une profonde affliction.

Cette affliction était le résultat du conflit des sentiments contraires qui agitaient son cœur et qui le plongeaient dans une agonie mortelle.

Car, nous le savons par expérience, rien ne nous est plus pénible qu'une grave situation dont nous ne voyons pas d'issue.

Ne voulant ni renvoyer une Epouse aimée qu'il savait innocente, ni la retenir contre la loi divine, il subissait en son âme un conflit d'opinion, semblable à l'agonie qu'une personne ressent en présence d'un malheur imminent, qu'il lui est impossible d'écarter et contre lequel elle ne voit aucun remède.

Il n'est guère possible que la Vierge bénie ne s'aperçût pas du trouble de son chaste époux. Mais ni Joseph ne voulut s'en ouvrir à Marie, ni Marie à Joseph, la chose étant trop délicate, pour que leur mutuelle pudeur n'en ressentît quelque atteinte. Ils préférèrent donc, chacun de son côté, laisser tout entre les mains de la divine Providence.

Mais si cet incident remplit l'âme du saint Patriarche d'une douleur indicible, il servit merveilleusement à mettre en relief sa pleine conformité aux dispositions de la volonté divine.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyVen 16 Juil - 9:21

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH
Douleur de saint Joseph à la vue de la grossesse de Marie


Car, aux paroles consolatrices de l'Ange et à son ordre de retenir Marie pour son épouse, Joseph n'oppose aucun obstacle. À peine éveillé, il se lève, sans attendre le jour, pour accomplir ce qui a été prescrit.

Dieu qui n'avait pas voulu que le Verbe se fît chair en Marie sans le consentement explicite de cette Vierge, avait ordonné que la coopération de saint Joseph à ce grand mystère n'eût lieu qu'après un acte de parfaite obéissance de sa part aux ordres du ciel. Jusqu'ici il n'avait, comme tous les époux, donné son assentiment qu'au mariage avec une vierge qu'il savait être toute sainte ; mais, maintenant, il s'agissait, non plus d'une vierge quelconque, mais de la Mère de Dieu, dont il devrait partager, à l'avenir, la responsabilité, les craintes, les angoisses, les douleurs ineffables.

Le consentement de Joseph, comme auparavant celui de Marie, ne se fit pas attendre : il accepta de garder Marie comme son épouse, accepit coniugern suam. Ce n'était plus à une jeune fille, quelque sainte fût-elle, que le saint Patriarche donnait sa main : c'était à la Corédemptrice du genre humain. Lui-même, il le comprend, devra aider et assister Marie dans sa grande mission, en prenant part à ses immenses douleurs.

Douleur de saint Joseph à la naissance de Jésus

L'Evangile, dans une phrase très brève, nous donne un aperçu de ce que dut être la douleur de saint Joseph, quand il vit à Bethléem se fermer sur lui les portes de l'hôtellerie et qu'il n'eut à donner au Sauveur naissant, que l'hospitalité d'une pauvre cabane. « Il n'y avait pas place pour eux dans l'hôtellerie », dit laconiquement saint Luc[292]. Conséquemment, Marie fut obligée de mettre au monde, dans une caverne située probablement au-dessous de l'hôtellerie même, son Fils bien-aimé. C'est ainsi que le Créateur du monde avait décrété de faire son apparition sur la terre, au milieu de la plus grande pauvreté.

Il serait difficile de dire combien saint Joseph sentit vivement la douleur de n'avoir rien autre à offrir au Messie Rédempteur, que la pauvreté de cette étable. Car, c'était à lui que Dieu avait confié le soin de pourvoir aux besoins temporels de la sainte Famille. Aussi aurait-il désiré procurer au divin Enfant une habitation digne de lui. Au contraire, les choses même les plus indispensables lui manquaient pour recevoir et traiter comme il convenait un enfant nouveau-né. Les parois dégarnies de cet antre désert offrent un abri insuffisant contre les rigueurs de la saison; point de berceau convenable pour y placer l'aimable Jésus; seule une crèche, destinée à l'usage de vils animaux, aura l'honneur d'abriter ses membres frêles et délicats. Et c'est devant cette pauvre crèche que Joseph s'agenouille pour adorer, en compagnie de sa sainte Epouse, ce divin Enfant, venu pour sauver le monde. Marie, la première, adore celui qu'elle a mis au monde, Ipsum quena genuit adoravit, chante la sainte Eglise; mais aux adorations de la sainte Vierge se mêlent, comme une belle mélodie, celles de saint Joseph. Le mystère d'une crèche, choisie par Dieu pour être le berceau du Sauveur, n'échappe pas à son attention. Il lui enseigne cette grande vérité, que le jour viendra bientôt où le Sauveur se donnera à nous, pour être la nourriture de nos âmes.

Pourtant, la leçon sublime qui se détache de cette scène n'échappe pas à saint Joseph. Le cœur percé d'une profonde douleur, il réfléchit à l'indifférence des hommes envers le Messie que, cependant, ils auraient dû attendre; tandis que la pensée de l'extrême pauvreté, au milieu de laquelle il est laissé par ses créatures, lui transperce le cœur, comme un glaive acéré. Il comprend comment le royaume de Jésus-Christ n'est pas de ce monde et comment le Sauveur lèguera, comme son plus précieux héritage, cette même pauvreté à l'Eglise. Lui-même, content de son sort de pauvre artisan, ne cessera de travailler des mains pour subvenir aux besoins de la sainte Famille. Et à défaut d'une plus belle maison, il offrira au nouveau-né son cœur, pour être un tabernacle digne de ses complaisances, un trône d'où Jésus commencera à répandre sur le monde les trésors de sa grâce.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptySam 17 Juil - 8:55

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH

Douleur de saint Joseph à la circoncision de Jésus


Nous arrivons à la troisième douleur de saint Joseph qui est exprimée par saint Luc en ces termes : « Le huitième jour, auquel l'Enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus. »

Il était écrit, dans les desseins de Dieu, que le Sauveur ne devait racheter le monde qu'au prix de son sang. Donc, huit jours après sa naissance, ses parents, interprétant sa volonté de paraître, aux yeux des hommes, comme un pauvre pécheur, disposèrent qu'il fût circoncis, selon la prescription de la loi mosaïque. Le nouveau-né commença donc à verser les prémices de son précieux sang, inaugurant ainsi sa mission Rédemptrice.

Grande fut, dans cette circonstance solennelle, la douleur de Marie et de Joseph. La vue de ce sang répandu remplit l'âme du saint Patriarche, comme aussi celle de son Epouse, d'une profonde tristesse.

Tandis qu'ils prenaient part à la souffrance corporelle de leur Fils adoré, une autre scène, dont la circoncision était la figure, se développait devant les yeux de leur esprit, la scène du Calvaire, où l'aimable Rédempteur du monde, étendu sur un dur tronc et élevé de terre, verserait, jusqu'à la dernière goutte, son sang pour le salut du monde.

Pour saint Joseph, sa douleur fut d'autant plus grande en cette circonstance, que ce fut à lui qu'appartint, selon la coutume en honneur parmi les Hébreux, le pénible devoir d'accomplir le rite de la circoncision.

C'est à lui également qu'échut, conformément à l'ordre de l'Ange, le devoir d'imposer, au nouveau-né, le très saint nom de Jésus, car c'est encore aux pères qu'était dévolu ce devoir à l'occasion de la circoncision.

C'est ainsi que le saint Patriarche inaugurait son office de coopérateur du Verbe incarné dans sa mission de Rédempteur du monde. Cet office, il l'avait accepté avec joie et générosité quand l'Ange lui avait annoncé le mystère de l'Incarnation accompli dans le sein virginal de son Epouse; et maintenant, en contribuant à verser les prémices du Sang de Jésus, il préludait au grand sacrifice de la Croix, dont la Circoncision était la figure.

Douleur de saint Joseph à l'occasion de la prophétie de Siméon

Le motif de la quatrième douleur de saint Joseph est ainsi décrit par saint Luc : « Les parents de l'enfant Jésus l'apportèrent au Temple, afin d'accomplir pour lui ce que la loi ordonnait... Et Siméon dit à Marie, sa mère : Voici que cet enfant est établi pour la ruine et pour la résurrection d'un grand nombre en Israël, et comme un signe de contradiction. »

Nous avons ici l'indication d'un double motif de douleur pour saint Joseph : le premier, l'offrande de l'Enfant Jésus au Seigneur; le second, la prophétie de Siméon.

En soi, l'offrande de l'Enfant Jésus au Seigneur ne pouvait causer à saint Joseph aucune douleur. Il n'y avait là que l'accomplissement de la loi qui prescrivait que tout premier-né mâle serait offert à Dieu, et qu'immédiatement il serait racheté au prix de cinq sicles.

Quoi de plus naturel qu'un enfant, fût-il le fruit des chastes entrailles d'une vierge immaculée, fût offert au Seigneur dans son Temple et qu'on payât pour son rachat la somme prescrite par la loi?

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 18 Juil - 0:50

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH
Douleur de saint Joseph à l'occasion de la prophétie de Siméon


Mais, dans le cas présent, la chose prenait un aspect tout particulier. Cette offrande solennelle de Jésus dans le Temple était, aux yeux de la Synagogue, le prélude du grand sacrifice de la Croix, qui devait se consommer plus tard par l'effusion totale du Sang du Sauveur.

Et c'était à saint Joseph, à qui était déjà échu le douloureux ministère de verser pour la dernière fois le sang divin dans la circoncision, que revenait, en union avec Marie, le devoir d'offrir solennellement à Dieu Celui qui deviendrait bientôt la grande Victime de propitiation. Et il l'offrit en tant que le divin Enfant lui appartenait, comme né de son Epouse.

On peut donc dire en toute vérité que le saint Patriarche fut le premier ministre de notre salut. Mais quelle peine, quelle douleur, quelle angoisse lui coûta ce glorieux titre! L'offrande qu'il faisait était l'offrande d'une victime, à lui bien chère, car c'était son fils bien-aimé, victime dès lors vouée à la mort, et à quelle mort!

À cette douleur s'ajouta celle de la prophétie de Siméon. On ne peut douter que saint Joseph ne fût présent, quand le saint vieillard annonça la future passion de Jésus et la compassion de Marie. Car l'Ecriture nous dit expressément que les saints Epoux, entendant le cantique de Siméon, étaient dans l'admiration des choses qui se disaient de lui, et que Siméon les bénit.

Et, bien que les paroles du saint vieillard : « Voici que cet enfant est établi pour la ruine », etc., fussent adressées directement à Marie, néanmoins, comme elles suivaient immédiatement la bénédiction donnée indistinctement aux deux Epoux, et que l'Ecriture ne dit pas que saint Joseph se soit alors retiré, il n'y a aucune raison pour exclure le saint Patriarche de la participation à ce triste message, qui ne put que remplir son âme d'une douleur indicible.

Saint Joseph savait déjà, il est vrai, par la connaissance qu'il avait de l'Ecriture, quelle devait être la passion de Jésus, mais cela d'une manière seulement générale.

La prophétie de Siméon fut donc pour lui une nouvelle révélation qui déchira le voile qui cachait encore à ses yeux les principaux épisodes du cruel martyre de Jésus et de Marie. Les paroles mystérieuses du saint vieillard lui firent entrevoir, comme à travers un nuage menaçant à l'horizon, la flagellation, la croix, les clous du Calvaire et cette épée à double tranchant qui devait transpercer le cœur de son Epouse bien-aimée.

Il commençait lui-même à sentir la pointe de cette cruelle épée qui devait s'enfoncer dans son âme tendre et aimante, à mesure que s'approchait le temps fixé pour la passion du Sauveur. On peut donc appliquer au saint Patriarche ces paroles que l'Ecriture prononce par rapport à l'ancien Joseph : « Le fer a transpercé son âme. » « Par le fer qui transperça l'âme de Joseph, dit le Vénérable Bède, on ne peut rien entendre de plus adapté, que la cruelle tribulation de l'esprit. »

Douleur de saint Joseph dans la fuite en Egypte

Il était écrit que la vie de saint Joseph, comme celles de Jésus-Christ et de l'Eglise, serait continuellement agitée par des alternatives de trouble et de paix, de douleur et de joie.

Quand, après la présentation au Temple, la sainte Famille pouvait espérer jouir d'un repos relatif à Bethléem, où elle avait l'intention de se fixer, voici qu'une nouvelle épreuve vient soudainement la frapper, épreuve que l'Ecrivain sacré enregistre dans ces termes : « Voici qu'un Ange du Seigneur apparut à Joseph, disant : Prends l'Enfant et sa Mère, et fuis en Egypte. »

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 18 Juil - 22:05

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH

Douleur de saint Joseph dans la fuite en Egypte


Pour bien comprendre la grandeur de la douleur du saint Patriarche, il faut nous rappeler ce qu'enseigne saint Thomas au sujet de la fuite en Egypte. Notre Seigneur, dit-il, a voulu fuir pour trois motifs : d'abord, pour manifester son humanité; car, si la divinité resplendit dans l'étoile, c'est l'humanité qui apparut dans la fuite; en second lieu, pour notre exemple, en nous montrant, par le fait même, ce qu'il devait enseigner plus tard: « Lorsqu'ils vous persécuteront dans une ville, fuyez dans une autre »; en troisième lieu, en raison du mystère : car de même qu'il voulut mourir pour nous arracher à la mort, de même aussi voulut-il fuir pour rappeler à lui ceux que le péché poussait à le fuir.

Cette triple considération nous fait apercevoir, dans la fuite en Egypte, un triple motif de douleur en saint Joseph. En premier lieu, cette fuite précipitée, qui causait un si grand dérangement à la sainte Famille, ne fut pas sans affliger l'âme de saint Joseph, sur qui retombait le soin de veiller sur le sort de Jésus et de Marie.

Deuxièmement, saint Joseph ne fut pas sans mesurer toute la malice qui couvait dans le cœur d'Hérode : l'ambition, la jalousie, la haine envers le divin Enfant; et cette vue lui révélait les persécutions qui pèseraient sur l'Eglise dans le cours des temps, dont cependant l'Eglise elle-même sortirait victorieuse.

Une troisième source d'angoisses et d'afflictions pour le saint Patriarche, était d'abord cette fuite précipitée, indice de grande faiblesse chez le Sauveur du monde; l'ordre de quitter le peuple élu pour se rendre chez une nation idolâtre; le manque de précision quant au terme du voyage et à la durée du séjour dans l'exil.

Cependant, un rayon de lumière ne laissa pas d'illuminer ce sombre tableau. Saint Joseph, par sa prompte obéissance à la voix de l'Ange, eut la gloire insigne d'être le premier à porter le Christ chez les infidèles, à le leur faire connaître, étant lui-même le témoin authentique de la divinité de Jésus-Christ et des miracles opérés à sa naissance.

Il put donc, par sa persuasion, douce et efficace à la fois, conduire les païens, chez qui il vivait, à la lumière de la vérité. Saint Joseph a donc eu l'honneur d'inaugurer la vie missionnaire et de devenir ainsi le patron-né de ceux qui quittent leur pays pour aller, au loin annoncer l'Evangile.

Douleur de saint Joseph au retour de l'Egypte

La sixième douleur de saint Joseph est ainsi décrite par saint Matthieu : « (Joseph) ayant appris qu'Archélaüs régnait en Judée, à la place d'Hérode son père, craignit d'y aller et, averti en songe, il se retira dans la province de Galilée. »

Pendant plusieurs années, la sainte Famille dut rester en Egypte, c'est-à-dire, jusqu'à la mort de l'impie Hérode.

Durant tout ce temps, Jésus, Marie et Joseph connurent toute l'amertume de l'exil : le manque des choses les plus nécessaires à la vie, et surtout l'absence de parents et d'amis, qui pussent compatir à leurs peines et les aider dans leurs besoins.

Mais la part la plus pénible des privations de cet exil échut à saint Joseph, à qui Dieu avait confié le soin de veiller sur la vie de Marie et de Jésus.

C'est lui qui devait procurer, à la sueur de son front, le pain quotidien, au milieu, sans doute, de la froideur et de l'indifférence de beaucoup, peut-être des reproches de quelques-uns.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 19 Juil - 22:52

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH

Douleur de saint Joseph au retour de l'Egypte


Enfin, se leva le jour désiré du retour, quand l'Ange du Seigneur apprit à Joseph la mort d'Hérode, lui ordonnant de prendre l'enfant et sa Mère, et de rentrer dans la terre d'Israël. Ce fut, pour Joseph et sa sainte Epouse, un rayon qui illumina l'obscur horizon. Ils devaient bientôt revoir cette terre, si bénie du Seigneur, terre habitée par leurs parents et amis, laquelle, malgré son infidélité, était toujours la terre privilégiée du ciel, puisque le Verbe s'y était fait chair.

Une pensée, toutefois, trouble le bonheur de Joseph et de Marie, la pensée des scélératesses d'Hérode, que, par un juste jugement de Dieu, une mort aussi terrible qu'ignominieuse, avait enlevé de cette terre.

L'impie monarque, après avoir jeté tant de familles dans la désolation, payait maintenant la rançon d'une vie de cruautés et d'iniquités. Après avoir rejeté la grâce apportée par le Sauveur du monde, après même avoir cherché à le faire mourir, il comparaissait enfin, les mains souillées de sang innocent, au tribunal du terrible juge.

Le retour dans la terre d'Israël se présentait pour la sainte Famille, accompagné de grandes difficultés. Outre les fatigues inhérentes à un si long voyage, il y avait des dangers multiples de la part des brigands qui infestaient le pays; le manque de précisions sur le chemin à suivre augmentait encore les incertitudes du voyage.

Le divin Enfant lui-même était trop grand pour être porté, trop petit pour pouvoir entreprendre un long voyage. Mais la connaissance de la volonté divine tint lieu, pour Marie et Joseph, de tous les conforts et de toutes les consolations terrestres.

N'ayant pas, dans cette vie, de demeure stable, nous ne pouvons jamais jouir d'une paix durable : toujours des luttes, toujours des croix, toujours des contradictions.

La sainte Famille après avoir surmonté les difficultés d'un long et pénible voyage, avait à peine touché le sol de la Palestine, que parvint aux oreilles de Joseph la nouvelle de la succession au trône de son fils Archélaüs, à qui Auguste avait donné la moitié du royaume de son père, avec le titre de tétrarque. Mais ce prince avait hérité de toute l'ambition et de toute la cruauté d'Hérode.

Que fera donc le saint Patriarche? Fixera-t-il, comme il en avait eu l'intention, sa demeure en Judée, où précisément régnait Archélaüs, ou bien continuera-t-il son voyage, en quête d'un lieu plus propice pour le repos et la tranquillité de son Epouse et de l'Enfant céleste?

Dans cette incertitude, il recourt encore à l'oraison, et de nouveau l'Ange l'illumine, l'avertissant en songe de se retirer en Galilée.

Au milieu de cette alternative de voyages fatigants et de fuites précipitées, saint Joseph se rend compte de la grande vérité enseignée par ces événements, que l'Eglise de Jésus-Christ doit être continuellement combattue par le démon et par le monde.

Et tandis qu'il considère attentivement toutes ces vicissitudes, il aperçoit, comme dans un tableau lointain, toutes les persécutions qui retomberont sur l'Eglise, dont la sainte Famille est la plus belle figure, et son âme reste comme opprimée par la plus cruelle douleur, à la pensée que « la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière ».

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMar 20 Juil - 22:30

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH

Douleur de saint Joseph à la perte de Jésus


On peut dire en toute vérité que, de toutes les peines que souffrit le saint Patriarche, celle occasionnée par la perte de Jésus fut la plus sensible. Saint Luc nous décrit cette douleur dans ces ternies : « Ne trouvant pas (Jésus), ils revinrent à Jérusalem, en le cherchant. Et il arriva qu'après trois jours ils le trouvèrent dans le temple... En le voyant,... sa Mère lui dit : Mon Fils, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous ? Voici que votre père et moi nous vous cherchions, tout affligés. »

Immense avait été la douleur du saint Patriarche quand, fuyant en Egypte, il pouvait craindre à chaque instant la rencontre des soldats d'Hérode, qui auraient mis à mort, ou au moins, maltraité le divin Enfant; toutefois, il jouissait alors de la présence visible de Jésus, qui lui adoucissait toute souffrance; d'ailleurs, ne lui aurait-il pas été doux de mourir pour lui et avec lui?.

Mais maintenant, que son Fils aimé est absent, oh! quelle peine, quelle angoisse! Peine et angoisse augmentées encore par la pensée du malheur de tous ceux qui, par le péché, ont perdu la grâce divine et vivent sans Dieu sur cette terre, ou séparés de lui à jamais en enfer.
Il serait faux d'attribuer cette affliction des parents de Jésus à un remords de conscience, comme s'ils eussent craint de ne pas avoir rempli, en toute diligence, leur devoir de veiller sur la vie de Jésus.

Leur douleur provenait de ce que, ne sachant pas, d'un côté, ce qu'il en était du divin Enfant, et, de l'autre, se souvenant de la persécution d'Hérode, ils craignaient que la passion du Sauveur ne commençât déjà à se dérouler, et que leur Fils bien-aimé ne fût l'objet de traitements inhumains de la part des Juifs.

Ils savaient, il est vrai, que les soixante-dix semaines d'années, annoncées par Daniel, n'étaient pas encore accomplies, et que, par conséquent, le moment de la mort de Jésus n'était pas encore arrivé. Mais, comme ils ne connaissaient pas toutes les circonstances de sa passion et, qu'ils ne savaient pas combien de temps elle devait durer, cette incertitude même faisait naître dans leurs âmes la crainte que Jésus ne fût alors exposé à de cruels tourments, tels que leur imagination pouvait leur faire soupçonner.

C'est d'ailleurs la pensée que nous suggèrent précisément les paroles de l'Evangile : « Mon Fils, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous ? Voici que votre père et moi nous vous cherchions tout affligés » ; paroles qui tout en nous révélant la grandeur de l'affliction des saints Epoux, nous font connaître combien Marie mesurait la douleur de Joseph, qu'elle nomme avant elle-même et qu'elle appelle exprès du doux nom de Père. Nous pouvons dire, en effet, que la douleur de Joseph surpassa alors, dans un certain sens, celle de Marie, en tant que c'était à lui qu'incombait le soin de veiller sur la vie de Jésus, aussi bien que sur celle de son Epouse bien-aimée.

On peut ici se demander quel est le sens exact de ces paroles que nous lisons, en rapport avec le mystère que nous examinons: « Mais (les parents de Jésus) ne comprirent pas ce qu'il leur disait. » Doit-on croire que la douleur qu'ils avaient éprouvée à la perte de Jésus leur avait, pour ainsi dire, fait perdre la raison, à ce point qu'ils ne comprirent rien de ce que le Sauveur leur disait? Non, certes : la vertu était trop grande chez eux pour que la douleur obscurcît leur intelligence.

D'ailleurs, la Vierge Mère, comme aussi son chaste Epoux, étaient trop avant dans la connaissance du mystère de la Rédemption, connaissance qu'ils avaient reçue de l'Ange lui-même, pour qu'ils n'arrivassent pas à saisir, au moins en partie, la vérité des paroles de Jésus.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 21 Juil - 23:44

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH

Douleur de saint Joseph à la perte de Jésus


Le sens de cette expression est donc que ni Marie, ni Joseph, bien que connaissant les points principaux de la vie du Sauveur, n'ignoraient encore cependant toutes les étapes de sa douloureuse passion, Dieu ne leur ayant pas révélé toutes les circonstances de l'avenir. Or, c'était précisément cette obscurité qui leur occasionnait toujours de nouvelles craintes, de nouvelles angoisses; craintes et angoisses que leur ardent amour pour Jésus tenait bien vives dans leurs âmes.

Sens dans lequel saint Joseph peut être appelé Corédempteur

Les considérations que nous venons de faire sur les douleurs de saint Joseph sont loin d'épuiser notre sujet.

Sa vie, comme celle de sa chaste Epouse, ne fut qu'une chaîne de souffrances, précisément parce que l'objet de ces souffrances était inépuisable. Cet objet était, d'une part, la malice des hommes, dont il avait continuellement des preuves; de l'autre, la future passion de Jésus, avec tous ses douloureux aspects.

Il est utile, cependant, pour quiconque aime le saint Patriarche, de s'arrêter de temps en temps pour se remémorer les sept étapes que nous venons de mentionner. Car il en est de la dévotion aux douleurs de saint Joseph comme ce que les écrivains sacrés nous disent de la dévotion aux douleurs de Marie. Elle est, pour les âmes, une source intarissable de grâces et de consolations.

Mais ce qu'il faut particulièrement observer ici c'est que, par ses immenses douleurs, si patiemment supportées, le saint Patriarche s'est mérité le titre glorieux de Corédempteur, dans le sens où nous appelons Marie elle-même Corédemptrice, bien qu'à un moindre degré.
Pour bien comprendre ce point, il faut tenir devant nos yeux non seulement la grandeur des douleurs de saint Joseph, mais surtout leur motif ou, comme on dit en théologie, leur objet formel, ou cause finale.

La grandeur des douleurs de saint Joseph se mesure à deux causes : la cause matérielle et la cause efficiente. La cause matérielle était l'âme même du saint Patriarche qui, en raison de la perfection qu'elle possédait, perfection rehaussée par l'absence de tout péché actuel, jouissait, comme l'âme de sa sainte Epouse, d'une sensibilité exceptionnelle, de sorte que la douleur et la tristesse, comme aussi les autres mouvements de l'appétit sensitif, appelés passions animales, s'imprimaient très facilement et très profondément en elle. La cause efficiente était, pour le saint Patriarche, comme aussi pour Marie, la considération des péchés des hommes et l'appréhension de la future passion du Sauveur.

Mais c'est surtout la cause finale ou le motif pour lequel saint Joseph souffrait, qui donnait à ses douleurs toute leur noblesse, toute leur efficacité. Comme sa sainte Epouse, saint Joseph ne souffrait pas pour lui-même, n'ayant jamais commis aucun péché; ses souffrances allaient donc entièrement au salut du monde; et c'est précisément cette considération qui lui vaut le beau titre de Corédempteur, que nous lui revendiquons.

Soit qu'il acceptât avec empressement de partager avec Marie la vie de douleur qui s'ouvrait devant elle comme Mère de Dieu; soit que son cœur fût percé d'un glaive à la vue de la pauvreté de Jésus; soit qu'à la circoncision il fît lui-même verser les prémices du sang divin; soit qu'il présentât Jésus au Temple, ou que, pour conserver sa vie, il le portât en exil et le reconduisît en terre d'Israël, soit enfin qu'il le recherchât à Jérusalem et qu'il prît soin de lui jusqu'à sa mission publique, saint Joseph ne cessait de coopérer, de la manière la plus efficace, en union avec sa sainte Epouse, au salut du genre humain : dans ces conditions il mérite bien d'être appelé notre Corédempteur.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyJeu 22 Juil - 22:58

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH
Sens dans lequel saint Joseph peut être appelé Corédempteur


D'ailleurs, un catholique ne se méprend pas sur le sens à donner à ce titre. Il sait parfaitement bien que nous n'avons qu'un Rédempteur, qui a payé tout entier le prix de notre salut et l'a payé de ses mérites surabondants. Mais puisque ce divin Sauveur ne dédaigne pas de s'associer, dans cette œuvre, la coopération des créatures raisonnables, selon le mot de saint Paul : « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous, et je complète ce qui manque à la passion du Christ dans ma chair, pour son corps, qui est l'Eglise », on peut bien donner le nom de corédempteurs à ceux surtout qui ont coopéré sous le Christ et avec le Christ, au salut du genre. humain.

Or, dans cet ordre d'idées, la toute première place appartient à Marie immaculée, qui offrit à Dieu, au nom du genre humain, la divine Victime du Calvaire, et qui, plus et mieux que toute autre créature, a souffert pour Jésus et avec Jésus, sans qu'elle eût à en bénéficier elle-même, pour la rémission des fautes commises par l'humanité.

Après Marie, c'est à saint Joseph qu'appartient ce glorieux titre, pour avoir nourri et gardé la même grande Victime en vue du sacrifice de la Croix, pour l'avoir offerte, par anticipation, au Temple, comme une chose qui lui appartenait en propre, et pour avoir enduré des douleurs, dont le mérite satisfactoire est allé entièrement au profit de l'humanité rachetée par le sang de Jésus-Christ.

Consolations de saint Joseph au milieu de ses peines

La considération des douleurs de saint Joseph est, nous l'avons dit, une des dévotions les plus agréables au saint Patriarche et des plus utiles à la vie spirituelle. Mais il ne faudrait pas oublier les douces consolations dont il plut à Dieu de remplir son âme, au milieu même des plus grandes désolations. Car la bonté divine ne permet jamais que nous soyons opprimés par un trop grand chagrin.

Après les occasions de tristesse qu'elle permet, elle nous fournit des sujets d'allégresse, pour soutenir notre courage et nous exciter à tolérer des fatigues plus grandes encore, que parfois le Seigneur nous réserve pour l'honneur de son Nom.

C'est ainsi qu'après les angoisses suscitées dans l'âme du saint Patriarche par la grossesse de Marie, l'Ange du Seigneur vint le consoler et en même temps l'éclairer sur le grand mystère de l'Incarnation : ce qui équivalait à approuver sa conduite et l'assurer du secours divin pour l'avenir. De même, la douleur causée par l'indifférence des hommes à la nativité de Jésus fut bientôt suivie du chant des anges et de l'adoration des pasteurs et des Mages.

À la peine éprouvée par Joseph dans la circoncision du divin Enfant, se mêla la joie intense de l'imposition du Nom adorable, si doux et si aimable, de Jésus. La peine et les angoisses que l'offrande du Sauveur au temple et la prophétie de Siméon causèrent dans l'âme du saint Patriarche furent bientôt soulagées par la vision du rachat de tant d'âmes, que la passion du Sauveur devait soustraire à l'empire du démon.

Les tribulations et les fatigues, occasionnées par la fuite en Egypte, furent bientôt compensées par la chute des idoles et l'inauguration du règne du Sauveur dans ce pays. Les craintes auxquelles donna naissance dans l'âme du saint Patriarche la nouvelle qu'Archélaüs régnait en Judée, furent suivies sans délai par la joie intense d'une vie de ferveur et de paix, menée par la sainte Famille à Nazareth.

Enfin, la douleur causée par la perte de l'Enfant Jésus, céda bientôt la place, dans le cœur de Joseph, à une immense joie de l'avoir retrouvé : et cet heureux événement fut, pour le chaste Epoux de Marie, une assurance que bien des pécheurs, dans le cours des âges, retrouveraient, avec la grâce de Jésus, la paix de l'âme et, le salut éternel.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptySam 24 Juil - 8:54

CHAPITRE IV - DOULEURS DE SAINT JOSEPH

Joie, paix et Miséricorde dans l'âme de saint Joseph


La vie de saint Joseph, nous avons dit, ne fut qu'une longue série de craintes, de douleurs et d'angoisses, interrompues toutefois par les consolations qu'il plaisait à la main paternelle de Dieu de lui envoyer de temps en temps. Mais ce qui le soutint particulièrement dans cette lutte continuelle, ce fut la charité qui régnait dans son âme et qui lui faisait considérer comme peu de chose les souffrances de cette vie.

Or, la charité produit dans l'âme trois merveilleux effets,, c'est-à-dire, la joie, la paix et la Miséricorde, et ces effets l'aidèrent considérablement à supporter les épreuves auxquelles il fut soumis.

D'abord, la pensée qu'il possédait Dieu, source inépuisable de toute bonté, remplissait l'âme de saint Joseph d'une joie ineffable, qui était pour elle une large compensation à ses douleurs, de sorte que se vérifiait en lui ce beau mot de saint Paul : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur. »

Cette joie, il est vrai, tant que dure cette vie d'exil, ne peut être pleine et entière, et cependant elle est un baume précieux aux misères qui nous entourent; c'est pourquoi la sainte Eglise met souvent sur nos lèvres cette prière : « Donnez-nous de jouir toujours des consolations célestes », et caelesti semper consolationss gaudere.

Avec la joie, la paix régnait dans l'âme de saint Joseph, cette paix que saint Augustin définit la tranquillité de l'ordre, et dont saint Paul dit qu'elle surpasse tout entendement; cette paix qui consiste dans le calme et l'union de nos désirs dans le vrai bien : union avec Dieu, auquel elle coordonne toutes les aspirations de l'âme; union avec le prochain, auquel elle souhaite les mêmes biens que nous nous souhaitons à nous-mêmes.

Or, comme le saint Patriarche accomplit en toute perfection ce double précepte de la charité, on peut dire que, même au milieu des plus grandes angoisses et contrariétés, il jouissait, comme sa sainte Epouse, d'une paix imperturbable : aussi est-ce à eux deux, d'abord, que s'adressaient les paroles de l'ange à la naissance du Sauveur : « Sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté. »

A côté de la joie et de la paix, qui régnaient suprêmes dans l'âme de saint Joseph, il nous plaît de considérer la Miséricorde, qui, elle aussi est un effet propre de la charité, et qui a pour objet de régler les mouvements des appétits par rapport au déplaisir que nous cause le mal d'autrui, en tant que nous le considérons comme notre mal à nous, selon cette belle parole de saint Paul « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent. »

C'était précisément l'ardente et très pure charité de saint Joseph, charité qu'il avait puisée si abondamment au Cœur même de Notre-Seigneur, qui faisait naître en lui des sentiments de vraie compassion envers les misères d'autrui, qu'il considérait comme les siennes propres.

Nous avons une belle figure de cette vertu de Miséricorde du saint Patriarche, dans ce que nous lisons de l'ancien Joseph, dont l'Ecriture rapporte que, à la mort de Jacob, comme ses frères craignaient qu'il ne se vengeât sur eux des mauvais traitements qu'ils lui avaient infligés, il les reçut avec beaucoup de bienveillance et les consola, en leur disant : « Ne craignez rien; je vous nourrirai, vous et vos enfants; puis il les consola, en leur parlant avec beaucoup de douceur et de tendresse.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 25 Juil - 8:29

CHAPITRE V - PERFECTIONS CORPORELLES DE SAINT JOSEPH
Perfections des œuvres de Dieu


Jusqu'ici nous avons considéré le saint Patriarche Joseph dans ce qui constitue ses perfections spirituelles; sa grâce, sa science, ses vertus, les douleurs au milieu desquelles sa vie mortelle se déroula, et qui contribuèrent si bien à mettre en relief les beautés de son âme.

Mais Dieu, dont les œuvres sont parfaites, ne se contenta pas d'orner le Père putatif de son Fils des plus beaux joyaux destinés à former sa couronne dans le ciel; il voulut aussi que, pour ce qui regarde les perfections du corps, rien ne lui manquât, car il est écrit que « la gloire des enfants, ce sont leurs père ».

Nous allons donc examiner ici, en premier lieu, les origines toutes de noblesse de saint Joseph; nous passerons ensuite à considérer sa beauté corporelle; puis nous rechercherons quelle fut, selon la tradition, la profession qu'il exerça; nous rechercherons ensuite à quel âge le saint Patriarche s'unit en mariage avec la très sainte Vierge; enfin nous parlerons de ses infirmités corporelles.

Noblesse d'origine de saint Joseph

Dans la première partie de cet ouvrage nous avons montré, preuves à l'appui, la descendance de saint Joseph du roi David. C'est là une chose dont on ne peut douter. Nous avons d'abord le témoignage inéluctable de saint Matthieu, qui nous présente la généalogie de saint Joseph en commençant par Abraham, et en passant par David, le mot genuit, engendra, étant constamment employé, comme pour exclure une filiation légale ou adoptive, à laquelle on aurait peut-être pu penser.

En outre, la loi de Moïse, avons-nous dit, commandait expressément qu'une jeune fille, héritière des biens paternels, prît pour époux un homme de sa famille. Enfin, tout doute est exclu par ces mots de l'Ange : « Joseph, fils de David, ne crains point de garder avec toi Marie comme ton Epouse. »

D'autre part, du fait que saint Joseph était allié par les liens du sang à la très sainte Vierge, on peut encore déduire cette vérité, qu'il appartenait à la souche ou famille des prêtres, Marie étant cousine d'Elisabeth, qui était elle-même, nous dit saint Luc, d'entre les filles d'Aaron.

Les paroles de saint Thomas trouvent ici leur place : « Ainsi donc, il peut se faire que le père d'Elisabeth ait eu une épouse de la souche de David, en raison de quoi la Bienheureuse Vierge Marie, qui était de la souche de David, fut cousine d'Elisabeth : ou plutôt, vice versa, que le père de la Bienheureuse Vierge, étant de la souche de David, ait eu une épouse de la souche d'Aaron; ou bien encore que, comme dit saint Augustin si Joachim, père de Marie, fut de la souche d'Aaron, comme l'affirmait Faustus l'hérétique, se fondant sur certaines écritures apocryphes, il faut croire que la mère de Joachim fut de la souche de David, ou encore son épouse, de sorte que nous puissions dire, en quelque manière, que Marie fut de la souche de David. »

Ce fut d'ailleurs, selon la remarque judicieuse de saint Grégoire de Nazianze, par volonté divine, que la dignité royale se trouva unie, en Marie et Joseph, à la souche sacerdotale, afin que Jésus-Christ, qui est roi et prêtre en même temps, naquit de l'une et de l'autre selon la chair. Or, il faut bien en convenir, le fait d'être issu de la maison et de la famille de David, et ainsi d'avoir eu part, en quelque manière, à la dignité royale de celui-ci, est, dans le cas de saint Joseph, une preuve évidente de l'amour spécial de Dieu envers lui, même pour ce qui regarde les avantages que donne la naissance.

Grande, en effet, était l'estime des Juifs pour les descendants de David, estime appuyée sur les témoignages des Ecritures et la promesse faite par Dieu à David lui-même.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 25 Juil - 23:01

CHAPITRE V - PERFECTIONS CORPORELLES DE SAINT JOSEPH
Noblesse d'origine de saint Joseph


« J'établirai sur ton trône du fruit de ton ventre. » Plus tard, en harmonie, avec ces mots, l'Ange déclara à Marie[318] : « Le Seigneur-Dieu donnera (à ton Fils) le trône de David son père »; chose que d'ailleurs les foules semblaient bien avoir reconnue, quand elles s'écriaient[319] : « Avez pitié de nous, fils de David. »

Que si à cette dignité royale on ajoute la noblesse provenant du sacerdoce, le glorieux époux de Marie n'aura rien à envier aux plus nobles personnages de l'Ancien Testament. Il faudra donc conclure, avec saint Bernardin de Sienne, « qu'il fut d'une telle noblesse, que, s'il est permis de le dire, il donna lui-même, en quelque sorte, la noblesse temporelle à Dieu, dans le Seigneur Jésus-Christ ».

Sans doute l'éloge de saint Ambroise sur la noblesse temporelle du Verbe incarné rejaillit pleinement sur le saint Patriarche « : « (Le Sauveur) fut vraiment et selon la chair d'une famille royale et sacerdotale : roi des rois, prêtre des prêtres. »

Saint Joseph fut-il Nazaréen ?

Sous ce titre, deux questions distinctes s'offrent à notre attention : premièrement, Nazareth est-elle la patrie de saint Joseph; secondement, le saint Patriarche faisait-il partie de la célèbre secte des Nazaréens ?

Observons, d'abord, que le mot Nazaréen n'a rien à faire avec la ville de Nazareth. En effet, ce mot nazaréen, nazaraeus, peut avoir deux sens, selon qu'il s'écrit en hébreu par la lettre dsàde, ou par la lettre zajin. Dans le premier cas, il signifie un habitant de la ville de Nazareth, et c'est dans ce sens, que les Rabbins appelaient les chrétiens nazaréens; dans le second cas, ce nom sert à désigner un homme consacré à Dieu par un rite spécial.

Pris dans le premier sens, le nom de nazaréen convient parfaitement à saint Joseph, car on ne peut douter que Nazareth ne fût sa pairie. En effet, nous lisons dans saint Lu : « l'Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge mariée à un homme de la maison de David, nommé Joseph », d'où nous relevons que saint Joseph habitait alors à Nazareth, où il retourna après son exil en Egypte.

Bien plus, Nazareth est appelée expressément la ville de Joseph et de Marie : « Ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth »; en outre, il est dit de Jésus-Christ : « Il descendit avec eux et vint à Nazareth »; aussi, Jésus lui-même est-il habituellement appelé Jésus de Nazareth, ou Nazaréen, et Nazareth est appelée sa patrie d'où les Juifs envieux du Sauveur prenaient occasion de le calomnier : « De Nazareth peut-il venir quelque chose de bon? » Ceci pourtant n'empêche pas que saint Joseph ne soit originaire de Bethléem qui avait été la patrie de David ; aussi son intention, après la naissance de Jésus, était-elle de se fixer dans cette ville, comme nous l'avons dit plus haut

Pris dans le second sens, le mot nazaréen était employé pour désigner ceux qui, pour un temps déterminé, ou même pour toute la vie, promettaient, par vœu personnel ou même par le vœu de leurs parents, d'embrasser, en vue d'une plus grande perfection, un genre de vie tout spécial, à base d'ascétisme et de pénitence. Ces personnes promettaient, de s'abstenir de vin et de toute liqueur enivrante; de ne point se faire couper les cheveux; de ne point toucher de cadavres humains.

Parmi les plus illustres nazaréens dont l'Ecriture fait mention, il faut nommer Samson, Samuel et Jean le Précurseur, qui tous furent consacrés à Dieu dès le sein de leur mère. Quant à saint Joseph, nous pouvons très bien supposer qu'il ait embrassé, par inspiration divine, cet état de perfection, qui convenait si bien à la haute mission qui devait lui être confiée. Il ne faudrait cependant pas trop insister sur cette opinion, à cause du manque de preuves solides sur lesquelles on puisse l'étayer.*

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 26 Juil - 22:27

CHAPITRE V - PERFECTIONS CORPORELLES DE SAINT JOSEPH

Saint Joseph fut-il Nazaréen ?


En effet, les raisons que certains auteurs apportent à l'appui de cette opinion sont tout à fait insuffisantes. Ils disent d'abord que le nazaréat de saint Joseph fut annoncé dans la personne de l'ancien Joseph, fils de Jacob ; mais cette expression : Nazaréen parmi ses frères, ne veut pas dire que cet ancien Patriarche appartenait à la secte des nazaréens, qui probablement n'existait pas encore, mais seulement que sa sainteté, sa dignité et sa puissance lui donnaient une prééminence parmi tous ses frères, ce qui arriva en réalité. 

La raison que ces auteurs prétendent tirer de l'exemple de Notre-Seigneur, qui, disent-ils, fut lui-même nazaréen, n'est pas plus convaincante. 

Car il est certain que le Sauveur n'appartenait pas à cette secte, puisqu'il dit de lui-même : « Jean est venu, ne mangeant, ni ne buvant, et ils disent : Il est possédé du démon. Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant. » 

D'ailleurs il ne convenait pas à Jésus-Christ d'émettre aucune sorte de voeux, puisqu'il était compréhenseur, c'est-à-dire qu'il jouissait de la vision de Dieu, sans crainte de perdre ce privilège or, comme tel, il avait la volonté parfaitement établie dans le bien et ne pouvait plus rien mériter pour lui-même. 

Ceci cependant n'empêche pas que son Père putatif, en vue d'une perfection majeure, ne se fût, dans son jeune âge, lié par vœu à la secte des Nazaréens.

Beauté corporelle de saint Joseph

Bien que la beauté passagère du corps soit peu de chose comparée à la beauté de l'âme qui, si l'homme est fidèle à la grâce, ne se perd jamais, toutefois, comme le corps est l'instrument de l'âme, et que, sur la figure, en particulier, se reflète la beauté de l'esprit et la bonté du cœur, on ne peut pas ne pas relever, parmi les perfections de l'homme, cette dignité et noblesse de traits, que l'on chercherait en vain dans un individu adonné au vice. 

Nous pouvons donc en toute sûreté affirmer de saint Joseph ce que l'Ecriture dit de l'ancien Joseph qu'il était « beau de visage et très agréable à voir ».

Et puisque l'on peut retenir comme probable l'opinion que saint Joseph appartenait à la secte des Nazaréens, on peut, par conséquent, lui appliquer les paroles suivantes: « Ses nazaréens sont plus blancs que la neige, plus purs que le lait, plus rouges que l'ivoire antique, plus beaux que le saphir. »

Mais nous avons une preuve bien plus convaincante encore de la beauté corporelle du glorieux Patriarche. 

Au livre de l'Ecclésiastique il est écrit : « Un homme se reconnaît dans ses fils »; ce qui veut dire que les fils non seulement héritent des qualités morales de leurs pères, mais aussi qu'ils portent généralement leurs traits empreints sur leurs visages. 

S'il en est ainsi, comme nous lisons de Notre-Seigneur qu'il fut le plus beau parmi les enfants des hommes s' il nous est bien permis de conclure que saint Joseph, lui aussi, portait sur sa figure comme un reflet de cette beauté du Christ Rédempteur, beauté qui attirait les cœurs et les portait à la pureté et à la vertu.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMar 27 Juil - 22:00

CHAPITRE V - PERFECTIONS CORPORELLES DE SAINT JOSEPH

Beauté corporelle de saint Joseph

« Ce don de Dieu, la beauté, écrit le Père Joachim Ventura, don en lui-même innocent, mais qui fait tant de coupables; qui sert d'aiguillon au péché; qui corrompt les regards; qui fait naître l'orgueil en celui qui la possède et des désirs profanes en celui qui la contemple; la beauté, fleur agréable à voir, mais sous les feuilles de laquelle se cache souvent le serpent qui empoisonne et donne la mort; la beauté, dans ces deux Epoux, Joseph et Marie, élevés par la grâce à l'état de la nature angélique et parfaite, ne faisait qu'accroître les dons réciproques de leur candeur, dont elle était l'ornement et l'indice; la beauté était pour eux un charme suave et céleste, qui purifiait, qui soulevait leurs cœurs de la région des sens à celle des esprits; la beauté ne leur inspirait qu'un respect mutuel, des pensées saintes, de pudiques affections, et elle était une source très féconde de virginité. »

Profession de charpentier exercée par saint Joseph

On ne peut parler des qualités corporelles de saint Joseph, sans s'arrêter à considérer la profession qu'il exerça pendant sa vie mortelle, celle de charpentier, d'autant plus que saint Matthieu y fait allusion en rapportant l'étonnement des habitants de Nazareth au sujet de Jésus : « N'est-ce pas là le fils du charpentier ? »

D'autre part, nous ne pouvons douter que Jésus-Christ, lui aussi, n'exerçât cette profession, puisque ses compatriotes disaient également de lui : « N'est-ce pas là le charpentier, fils de Marie? »

Nous avons traduit, selon la coutume de nos interprètes français, le latin de la Vulgate faber, par le mot charpentier; mais, est-ce bien là ce que ce mot signifie? En réalité, tant ce mot latin, faber, que le grec τἑχνων, peut s'entendre aussi bien d'un ouvrier sur fer, sur argent, ou même sur or, que d'un ouvrier sur bois.

Aussi quelques auteurs ont-ils soutenu que saint Joseph exerça le métier de forgeron, ou d'orfèvre, ou même celui de maçon. D'autres écrivains, s'appuyant sur le mot grec, que nous venons de citer, ont cru qu'il ait exercé l'architecture, profession plus noble et plus digne du saint Patriarche, que celles mentionnées plus haut.

Mais la tradition est trop explicite pour qu'elle nous permette de nous écarter de la thèse que nous venons d'énoncer. À part quelques auteurs et quelques livres apocryphes, qui nous présentent saint Joseph comme exerçant le métier de forgeron, la plus grande partie des Pères, avec saint Justin, saint Basile et saint Jean Chrysostome, nous disent expressément que sa profession était celle de charpentier.

Dom Calmet résume ainsi le sentiment de la tradition: « Il faut avouer que la très ancienne et très commune opinion soutient que saint Joseph ait exercé la profession de charpentier. Ceux qui l'ont fait passer pour forgeron semblent plutôt avoir eu en vue l'allégorie qu'on peut tirer de ce métier, allégorie que favorise aisément le mot , indéterminé de faber. »

On comprend facilement que l'allégorie, à laquelle le docte écrivain fait allusion, se rapporte à la formation du monde spirituel sur l'enclume de la toute puissance divine.

Mais, il faut bien avouer que la saine et sobre raison admet difficilement, pour Joseph aussi bien que pour Jésus, une profession exigeant un déploiement et un accompagnement de bruit et de force corporelle, choses peu en harmonie avec les habitudes de calme et de prière de la sainte Famille. Aussi faudra-t-il exclure également la profession de maçon ou de forgeron.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 28 Juil - 21:39

CHAPITRE V - PERFECTIONS CORPORELLES DE SAINT JOSEPH

Profession de charpentier exercée par saint Joseph


D'autre part, les occupations du saint Patriarche ne semblent pas rentrer dans le cycle des arts libéraux qui relèvent plutôt de la culture de l'esprit que des forces physiques, puisque, à la première prédication de Jésus, les Juifs s'étonnaient d'entendre tant de sagesse de la bouche de la part d'un homme qui n'avait ni étudié, ni fréquenté les écoles; car ils disaient :

« D'où vient à celui-ci cette sagesse? »« D'où lui viennent donc toutes ces choses? » « Comment celui-ci connaît-il les lettres, lui qui n'a pas étudié ? »

De même donc qu'il faut exclure, dans le cas de saint Joseph, l'exercice de professions trop matérielles, ainsi ne faut-il pas non plus penser à un art libéral auquel se serait adonné le saint Patriarche et qui aurait pu faire penser à une culture acquise dans les livres ou sur les bancs des écoles.

Pareillement, il nous faudra rejeter, comme des contes de vieilles femmes, ce que nous lisons dans un très ancien, mais aussi très puéril ouvrage apocryphe, intitulé l'Evangile de l'Enfance, là où il est dit que Jésus, lorsqu'il eut accompli sa septième année, exerça la profession de potier ou de teinturier, de manière soit à former différentes espèces d'animaux, qu'il mettait ensuite en mouvement en présence de ses compagnons, soit à donner, selon son bon plaisir à des morceaux d'étoffes mises dans une cuve à teinture, la couleur que lui-même désirait donner à chacun d'eux.

Ces productions fantaisistes, fruit d'une imagination crédule, mais enfantine, n'ont rien à faire avec l'esprit si sobre et si plein de dignité des saints Evangiles.

Concluons donc, avec Gerson, que l'occupation de saint Joseph consistait à manier le bois, pour en faire différents objets ; opinion, disent les Bollandistes, qui est communément acceptée.

Signification spirituelle de la profession exercée par saint Joseph

Un pieux auteur dont les écrits, sous le pseudonyme de saint Augustin, sont parvenus jusqu'à nous, a très bien expliqué la signification mystique de la profession de charpentier exercée par saint Joseph et par Jésus, son fils putatif.

« Joseph,, écrit-il tout en étant charpentier sur terre, était censé être le père de Notre-Seigneur et Sauveur. D'un pareil travail il ne faut pas exclure Dieu, qui est vraiment le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, car il est lui-même charpentier.

En effet, il est l'artisan, qui a bâti, avec une puissance, non seulement merveilleuse, mais encore ineffable, la machine de ce monde; comme un sage architecte, il a suspendu le ciel dans la subtilité, il a établi la terre sur son poids, il a enchaîné la mer dans son sable.

Il est l'artisan, qui réduit à une juste mesure le faîte de l'orgueil et qui élève jusqu'au ciel l'extrême bassesse.

Il est l'artisan, qui, dans nos mœurs, retranche les œuvres superflues et conserve tout ce qu'il y a d'utile. Il est l'artisan dont Jean-Baptiste brandit la hache pour la mettre à notre racine, afin que tout arbre, excédant la mesure d'une juste discrétion, soit coupé par sa base et livré aux flammes; au contraire, tout arbre qui se maintient dans la mesure de la vérité, est, par cette même hache, destiné à former la bâtisse céleste. »

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyJeu 29 Juil - 23:05

CHAPITRE V - PERFECTIONS CORPORELLES DE SAINT JOSEPH
Signification spirituelle de la profession exercée par saint Joseph


En exerçant, avec son Père putatif, un art servile ou mécanique, remarque le docte cardinal Cajetan, Jésus venait à confirmer la grande vérité, que lui-même ne s'était adonné ni à l'étude des lettres et des sciences, ni à celle de la doctrine de la loi, afin que ses compatriotes pussent se convaincre que sa science n'était pas acquise par des méthodes humaines.

De son côté, saint Ambroise voit, dans le fait que le père temporel de Jésus-Christ était un charpentier, une image de son Père éternel, qui, comme un bon charpentier, travaille à aplanir, à polir, nous dirions presque, à raboter nos vices, mettant la hache à la racine des arbres stériles, enlevant les excroissances nuisibles, et formant tout le genre humain à différents usages, par la diverse qualité des ministères.

À quel âge saint Joseph s'est-il uni en mariage à la très sainte Vierge ?

Saint Epiphane, suivi par quelques auteurs, a cru que saint Joseph avait déjà quatre-vingts ans passés, quand il s'unit en mariage avec la très sainte Vierge, et cette opinion semble avoir inspiré le pinceau d'un grand nombre de peintres. Mais l'opinion la plus commune et certainement la plus autorisée veut que le saint Patriarche fût alors un homme dans toute la vigueur de l'âge, tout au plus entre trente et quarante ans.

Et cette opinion est certainement la plus raisonnable, si l'on considère que ce mariage était destiné, d'abord à pourvoir à l'honneur de la Vierge Mère et à celui de son divin Fils, et ensuite à procurer à la sainte Famille les choses nécessaires à la vie et à protéger la Vierge Immaculée dans les longs et difficiles voyages qu'elle dut entreprendre.

Dans ces conditions, il fallait que le saint Patriarche ne fût pas tellement avancé en âge, qu'on ne pût lui attribuer la naissance du divin Enfant, et que lui-même fût incapable de nourrir et de protéger la vie de Marie et celle de Jésus, comme c'eût été le cas, s'il s'était uni à la sainte vierge dans un âge très avancé.

Il fallait, de plus que, dans ce mariage, le plus digne et le plus noble qui fût jamais, il existât une juste proportion d'âges entre les deux époux. Les mœurs de ce temps, comme celles d'aujourd'hui, admettaient difficilement une union matrimoniale entre un mari d'un âge avancé et une jeune fille, ou vice-versa. De telles unions, dans l'antiquité, comme dans les temps modernes, sont presque inséparables du ridicule.

Du reste, c'est le sentiment commun des Pères et des écrivains sacrés, que saint Joseph était encore dans la fleur de l'âge quand il s'unit en mariage avec Marie. S'ils ne le disent pas expressément, ils le laissent entendre par le fait de reconnaître que, comme Marie son épouse, il était lui-même lié par le vœu de chasteté, circonstance qui ne s'expliquerait pas, si le saint Patriarche fût alors arrivé à l'extrême vieillesse : car ce n'est certes pas alors le moment de s'astreindre par un vœu à l'observation de cette vertu.

Quant à saint Epiphane, ce qui l'a poussé à embrasser l'opinion que nous lui savons, ce fut sa préoccupation de défendre, contre les détracteurs de Marie, la perpétuelle virginité de la Mère de Dieu. À cette fin, il crut bon d'ajouter un nombre indéterminé d'années. au saint Epoux de la Mère du Sauveur.

Ajoutons que l'Évangéliste saint Matthieu, parlant de saint Joseph en relation avec Marie, l'appelle vir Mariæ; expression qui ne peut se rapporter à un homme d'un âge avancé, le mot vir signifiant un individu dans la force de l'âge. Retenons donc que, quand le saint Patriarche s'unit à Marie, il n'était pas le vieillard qu'on aime parfois à représenter dans les peintures populaires.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptySam 31 Juil - 8:40

CHAPITRE V - PERFECTIONS CORPORELLES DE SAINT JOSEPH

À quel âge saint Joseph s'est-il uni en mariage à la très sainte Vierge ?


Rejetons encore ici, comme tout à fait indigne du saint Patriarche, le sentiment de quelques auteurs, qui ont cru que Joseph était d'un âge avancé quand il s'est uni à Marie à cause du danger d'incontinence qu'il y aurait eu pour lui s'il avait alors été plus jeune.

Ceux qui avancent de telles hypothèses méconnaissent grossièrement et la sainteté profonde de l'Epoux de Marie et l'assistance de la grâce divine qui ne pouvait lui manquer. Dieu, qui l'avait élu à une si haute et si délicate mission, ne pouvait manquer de lui donner toutes les grâces nécessaires pour bien la remplir.

D'ailleurs, on se trompe en supposant que la vieillesse est toujours un remède efficace contre l'incontinence. Les passions déréglées peuvent habiter dans un corps usé par l'âge; au contraire, la grâce peut très bien tempérer les ardeurs de la jeunesse en les soumettant entièrement à la loi divine.

Enfin, il nous faut encore rejeter ici l'opinion de sainte Brigitte qui, dans ses Révélations[348], fait de saint Joseph un vieillard à la naissance de Notre-Seigneur. Les révélations des personnes pieuses, même si celles-ci sont canonisées, ne sont pas de foi, à moins que l'Eglise ne les propose comme telles.

Disons-le sans crainte : de telles révélations, si elles contiennent souvent des choses édifiantes, sont parfois mêlées à des déclarations soit entièrement fausses, soit tout au moins suspectes.

D'ailleurs si l'on veut insister sur ces sortes de révélations, nous pourrons rappeler que la vénérable Marie d'Agreda, contrairement à ce que dit sainte Brigitte, affirme que saint Joseph avait trente ans lorsqu'il s'unit à Marie, et que Marie en avait quatorze.

Mais pourquoi, demandera-t-on, l'Eglise tolère-t-elle qu'on représente, à côté de Marie et du divin Enfant, saint Joseph, comme un vieillard, si la chose ne répond pas à la vérité?

C'est, croyons-nous, parce que, de cette manière, on fait mieux ressortir la parfaite chasteté et la prudence consommée du saint Patriarche, et qu'ainsi s'éloigne de la pensée toute idée d'amour profane, comme l'observe très bien saint Pierre Canisius.

Cette coutume d'ailleurs, n'est pas universelle. Dans les peintures des premiers siècles de l'Eglise, saint Joseph est généralement représenté sans barbe et avec les marques de la jeunesse.

Infirmités corporelles de saint Joseph

On s'est demandé parfois si, et jusqu'à quel point, le glorieux Patriarche ressentit les infirmités corporelles, dont nous sommes nous-mêmes souvent affligés durant notre vie.

Pour ne pas parler ici de la mort, dont nous traiterons dans un article à part pour ce qui regarde le saint Patriarche, la question est de savoir si l'Epoux de Marie souffrit, comme nous, la faim, la soif, la fatigue, le froid, la chaleur et les autres inconvénients résultant des principes naturels de notre nature, composée d'éléments contraires et subissant l'influence de l'atmosphère.

Pour répondre à cette question, il nous faut d'abord distinguer les infirmités communes à toute la nature humaine et dépendant du péché originel, telles que celles que nous venons d'énumérer, des infirmités résultant d'une cause particulière.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 1 Aoû - 7:32

CHAPITRE V - PERFECTIONS CORPORELLES DE SAINT JOSEPH

Infirmités corporelles de saint Joseph


Quant aux premières, saint Joseph dut les subir toutes, comme d'ailleurs les subirent Jésus et Marie eux-mêmes, qui, bien qu'exempts de la faute d'origine, voulurent cependant se conformer à notre misérable condition, pour mieux réparer la faute de nos premiers parents et nous donner l'exemple de la patience au milieu des maux de cette vie. 

On pourrait même dire que le saint Patriarche ressentit, plus encore que Jésus et Marie, le poids de ces infirmités, à cause de la responsabilité que lui donnait le titre de gardien de la sainte Famille, responsabilité qui, d'autre part, fut pour lui la source de bien grands mérites.

Mais, outre ces infirmités corporelles, communes à toute la nature humaine, il y en a d'autres, résultant non pas directement du péché originel, mais de certains dérèglements avant leur origine dans quelque faute personnelle, par exemple, dans l'usage désordonné du boire ou du manger, dans un défaut de formation de la part des parents, etc. De cette nature sont, par exemple, la lèpre, le mal caduc, et généralement parlant, les différentes maladies corporelles qui harassent la pauvre humanité.

Notre-Seigneur fut exempt de cette sorte d'infirmités, son corps ayant été formé par l'Esprit Saint, et lui-même n'ayant jamais rien commis de déréglé dans le régime de sa vie; la même chose doit se dire proportionnellement de l'Immaculée Vierge Marie. 

Quant à saint Joseph, il faut reconnaître qu'il fut soumis à la maladie et à toutes les conséquences qui en découlent. Car, bien qu'il fût conçu par de saints parents, et qu'il observât constamment un régime de vie très modérée, il put néanmoins contracter, surtout sur la fin de ses jours, quelque maladie qui lui causa la mort.

Le pieux Isidore de Isolanis, le premier à parler si bien de saint Joseph, dit de lui : « Après cela il vieillit, avançant en âge; et cependant ses forces corporelles ne furent pas affaiblies, ni la vue de ses yeux offusquée, ni les dents de sa bouche avariées, ni son esprit perdit de sa vigueur. » Toutefois, ajoute cet auteur, « après avoir dit cela, l'infirmité prévalut en Joseph, et il ne put plus parler ».

CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Différents aspects de cette question

Nous abordons une des plus belles et plus consolantes questions touchant le saint Patriarche Joseph, celle de sa perpétuelle virginité, qui constitue une de ses plus grandes prérogatives et le rend lui-même si cher à tout cœur vraiment chrétien.

Nous avons déjà mentionné la chasteté de saint Joseph, quand nous traitions de ses vertus en général, qui lui ont valu, de la part du Saint-Esprit, le titre si honorable d'homme juste par excellence. Mais, comme la vertu de chasteté peut se rencontrer dans l'état du mariage aussi bien que dans le célibat, - on distingue, en effet, la chasteté virginale de la chasteté conjugale et de la chasteté des veufs - nous verrons comment le saint Patriarche a pratiqué avec perfection les deux premières formes de cette insigne vertu.

Pour développer ce sujet comme il convient, il nous faudra d'abord examiner comment saint Joseph pratiqua la chasteté avant son mariage avec la très sainte Vierge; en second lieu, nous verrons comment il la pratiqua après son mariage; en troisième lieu, nous rechercherons si saint Joseph confirma par vœu le propos qu'il avait fait d'observer la virginité perpétuelle.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 1 Aoû - 23:17

CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Saint Joseph n'eut aucune épouse avant son mariage avec Marie


L'opinion que saint Joseph eût déjà contracté un mariage avant de s'unir à Marie, tire son origine d'un livre apocryphe, intitulé le Protoévangile de saint Jacques, là où il est dit que la verge de Joseph ayant fleuri, le prêtre lui adressa ces paroles : « Te voilà choisi, par la volonté divine, pour devenir gardien de la Vierge du Seigneur. » Mais, ajoute le narrateur, Joseph ne voulut rien entendre, disant : «J'ai des fils et je suis vieux; Marie, au contraire, est encore une toute jeune fille.

Je crains donc de paraître ridicule aux yeux des fils d'Israël.» Voilà l'histoire qui a induit quelques écrivains ecclésiastiques à embrasser l'opinion dont nous venons de parler : parmi les Grecs, Origène, saint Epiphane et l'auteur du Monologue basilien; parmi les latins, saint Hilaire, saint Ambroise et quelques autres encore.

Un double motif semble avoir confirmé ces auteurs dans leur opinion : le premier, la coutume des Juifs de ce temps-là, de prendre une épouse au sortir de l'enfance, sans attendre un âge plus mûr, chose que cependant aurait faite saint Joseph, s'il n'avait eu une première femme. Le second motif était la difficulté d'éluder les sophismes des païens et des hérétiques qui, abusant de l'autorité de l'Evangile, là où il est fait mention des frères de Jésus-Christ, attaquaient la virginité de la Mère de Dieu.

Un écrivain moderne a cru pouvoir se rallier à cette opinion; mais les auteurs catholiques n'ont pas manqué de prendre la défense du saint Patriarche et de venger sa perpétuelle virginité qui, en réalité, forme le plus beau joyau de sa couronne.

Et c'est avec raison qu'ils l'ont fait. Car, si les auteurs que nous venons de citer se sont laissés induire en erreur par l'apocryphe indiqué ci-dessus, d'autres, d'un plus grand poids, n'ont pas manqué de combattre une opinion aussi gratuite que téméraire.

Qu'il nous suffise de citer ici deux des plus illustres Pères de l'Eglise, dont l'autorité, en cette matière, est irréfragable. Saint Jérôme, reprenant Helvidius, l'immonde adversaire de la virginité de Marie, lui écrivait en ces termes : « Tu dis que Marie n'est pas restée vierge : moi je revendique quelque chose de plus, c'est-à-dire que Joseph lui-même fut vierge par Marie, afin qu'un fils vierge naquît d'un mariage vierge. »

Ces paroles si claires et si décisives du saint Docteur Dalmate trouvent un écho très éloquent dans ce passage de saint Augustin : « Quand Joseph vit la Vierge sacrée enrichie par Dieu du don de la fécondité, il ne chercha pas une autre femme, lui qui n'aurait même pas demandé la main de Marie, s'il n'avait été obligé à prendre une épouse. »

À ces témoignages si authentiques, représentant la foi des premiers siècles de l'Eglise, ajoutons ceux non moins explicites de deux illustres écrivains du moyen âge. Le premier est celui de saint Pierre Damien qui dit: « S'il ne vous semble pas suffisant que seule une vierge pût être Mère du Fils de Dieu, la foi de l'Eglise est que celui-là également est demeuré vierge, que l'on croyait être son père. »

Le second est du célèbre Gerson, le chanteur des louanges de saint Joseph, qui n'hésita pas à dire en plein Concile de Constance : « Comme il convenait que Marie brillât d'une pureté sans égale, ainsi il était de toute convenance qu'elle eût un époux très pur semblable à elle, qui, avant et après, demeurerait vierge avec une Vierge qui le fut toute sa vie. »

Les écrivains postérieurs ont eu à cœur de revendiquer, presque à l'unanimité, cette gloire du saint Patriarche, de sorte que c'est mériter, pour le moins, la note de témérité, que de mettre en doute le fait de sa perpétuelle virginité.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 2 Aoû - 22:33

CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Raisons de convenance en faveur de la virginité de saint Joseph


Examinons maintenant quelles sont les raisons qui militent en faveur de la virginité de saint Joseph. Ces raisons peuvent se réduire à trois principales. D'abord, la pureté ineffable du Verbe incarné.

Il était juste que celui qui choisit une Vierge pour sa mère, qui voulut lui-même rester vierge, exigeât pareillement que celui que les foules appelleraient son père et qui aurait soin de lui comme jamais père n'eut soin du plus tendre des enfants, fût, lui aussi, orné de l'auréole de la virginité.

Du côté de Marie, la même conclusion s'impose. Il est de foi que la très sainte Mère de Dieu demeura vierge avant, pendant et après l'enfantement. Or, il convient que les époux se ressemblent; il n'aurait donc pas été séant que Marie donnât sa main à un homme qui aurait déjà été marié : Seul, un époux vierge lui convenait. De plus, cet époux devait être le soutien et le gardien fidèle de la virginité de Marie; il fallait donc, pour ce motif encore, que saint Joseph fût exempt de tout lien matrimonial antécédent.

Enfin, qu'on considère combien l'hypothèse d'un premier mariage, de la part de saint Joseph, contribuerait à diminuer sa noblesse et à rapetisser sa dignité, en le rabaissant à la condition d'un homme quelconque.

D'autre part, les enfants qu'il aurait eus d'une première épouse auraient dû partager avec le Sauveur du monde son amour, ses soins et ses paternelles sollicitudes, ce qui l'aurait empêché d'être entièrement au service de Jésus et de Marie.

Concluons donc que la raison, aussi bien que la tradition et le sens des fidèles s'accordent à exclure, comme injurieuse pour chacun des membres de la sainte Famille, l'opinion que saint Joseph ait eu une première femme, avant de s'unir en mariage à Marie.

D'ailleurs, les objections tirées, soit du protoévangile de saint Jacques, soit de quelques écrivains ecclésiastiques, n'ont absolument aucun poids. Quant à la première source, non seulement ce livre est reconnu généralement comme apocryphe, mais aussi il est rempli de récits si puérils et si invraisemblables, qu'on ne peut lui prêter aucune foi.

« Quelques-uns, dit saint Jérôme, supposent que ceux qu'on appelle les frères du Seigneur sont les fils de saint Joseph qu'il aurait eus d'une autre épouse, suivant en cela les songes fous des apocryphes et allant jusqu'à nommer sa première femme Melcha ou Escha. »

Quant aux écrivains ecclésiastiques favorables à cette opinion, leur autorité, en ce point, ne vaut pas mieux que celle des apocryphes, puisque c'est d'eux qu'ils l'ont tirée. Que si quelques-uns l'ont proposée comme opinion propre, ils l'ont fait pour défendre plus facilement la virginité de Marie après l'enfantement, et non comme témoins de la tradition. Mais il n'était nullement nécessaire de recourir à cette explication, car par frères du Seigneur il faut entendre les cousins de Jésus, et non les fils de Marie ou de Joseph, comme nous allons le montrer.

Qui étaient les frères du Seigneur ?

On appelle frères du Seigneur les quatre personnages dont il est fait mention dans ce passage de saint Matthieu : « N'est-ce pas là le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? et Jacques, Joseph, Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères ? » Faisons connaissance avec chacun de ces personnages.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMar 3 Aoû - 22:11

CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Qui étaient les frères du Seigneur ?


Jacques, nommé en premier lieu, est l'apôtre dit Jacques le Mineur; car Jacques le Majeur, apôtre lui aussi, était le fils de Zébédée et avait pour frère l'apôtre saint Jean. Jacques, ici nommé, était fils d'Alphée ou Cléophe et de Marie, dite Marie de Cléophe.

Le second, nommé Joseph, était frère du premier, c'est-à-dire, de Jacques le Mineur. Il ne faut pas le confondre avec un autre Joseph, dont il est fait mention dans les Actes des Apôtres, appelé aussi Barsabas et surnommé Juste, qui fut, avec saint Mathias, proposé pour l'apostolat et était probablement un des soixante-douze disciples.

Le troisième, Simon, n'est pas l'apôtre de ce nom, dit le Chananéen et encore Zélotes, mais probablement un des disciples de Notre-Seigneur qui, selon Eusèbe, succéda à saint Jacques dans l'évêché de Jérusalem. Le quatrième, est l'apôtre saint Jude, appelé Thaddée, pour le distinguer de Judas Iscariote, le traître; Thaddée, ne signifiant pas autre chose que Jude, c'est-à-dire, louange ou confession.

Mais, de quel droit ces personnages sont-ils appelés frères de Jésus-Christ? « Parce qu'ils étaient ses cousins, répond saint Jérôme, étant, trois au moins d'entre eux, c'est-à-dire, Jacques le Mineur, Joseph et Jude, fils de Marie, non pas de Marie la Mère de Jésus, mais d'une autre Marie, la tante, matertera, du Seigneur ». D'ailleurs, ajoute-t-il, toute l'Ecriture s'accorde à donner le nom de frères à ceux qui ne sont que cousins.

Saint Thomas explique ce point avec sa clarté habituelle. « De quatre manières, dit-il[363], le mot frère s'emploie dans l'Ecriture : selon la nature, selon la patrie, selon la parenté et selon l'affection.

Les frères du Seigneur sont ainsi appelés, non selon la nature, comme s'ils étaient nés d'une même mère, mais selon la parenté, pour signifier qu'ils étaient consanguins », de la même manière que Loth, qui fut fils d'Aran frère d'Abraham, est appelé lui-même frère d'Abraham, et Laban, frère de la mère de Jacob, est appelé le frère de ce même Jacob.

A l'appui de cette thèse, il faut encore observer que si les personnages en question avaient été les fils de Joseph, cette Marie, que saint Marc nous donne comme mère de saint Jacques le Mineur[366], aurait dû être l'épouse de Joseph.

Or, cette même Marie était encore en vie au temps de la passion du Seigneur, puisqu'elle est comptée parmi les pieuses femmes qui assistèrent à la passion; et ainsi saint Joseph aurait dû avoir, en même temps, dans l'espace d'environ trente ans, deux épouses en vie, chose que la loi primitive réprouvait formellement.

D'ailleurs, cette femme est appelée, dans l'Evangile, l'épouse d'Alphaeus; tandis que l'Ecriture n'a coutume de nommer la très sainte Vierge, qu'en ajoutant à son nom son titre de Mère de Dieu, comme l'observe encore saint Thomas.

il faut encore tenir compte de la force de l'expression employée dans le texte grec de saint Matthieu, où Notre Seigneur est dit, équivalemment, le fils unique de Joseph: δ τοῦ τέχτονος, υἱός l'article δ excluant la pluralité.

Enfin, si saint Joseph avait été le père des personnages en question, on peut se demander comment il se fait que ceux-ci ne sont jamais mentionnés avec lui, surtout dans les occasions où l'on s'attendrait à les voir accompagner leur père, comme, par exemple, dans le voyage à Jérusalem, où Joseph se rendait tous les ans pour y célébrer la Pâque ?

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 4 Aoû - 22:25

CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Qui étaient les frères du Seigneur ?


Concluons donc, avec saint Anselme, que par les frères du Seigneur on ne doit entendre, ni les fils de Marie, comme le voulait l'impie Helvidius, ni les fils de Joseph qu'il aurait eus d'une autre épouse, comme d'autres l'ont pensé, mais que ces personnages sont simplement les cousins de Jésus.

Ainsi donc reconnaissons et proclamons tout haut, avec les fidèles du monde entier, que Marie est vraiment l'unique Epouse de saint Joseph, qui, par conséquent, concentra sur elle les trésors de son affection, les plus nobles sentiments de son âme.

Mais il nous reste encore à démontrer comment le saint Patriarche et Marie entourèrent d'un même amour leur fils béni, Jésus-Christ, ce qui revient à affirmer la parfaite virginité des deux Epoux et le soin qu'ils mirent à conserver la candeur de cette vertu pendant tout le temps de leur mariage.

Parfaite virginité observée par les saints époux, Marie et Joseph, pendant tout le temps de leur mariage

Que Marie n'ait eu aucune relation matrimoniale avec saint Joseph avant la naissance du Sauveur, c'est un dogme de notre foi, puisque nous chantons dans le symbole que Jésus est né de la Vierge Marie, et saint Matthieu nous dit expressément que Joseph « n'avait pas connu (son Epouse), quand elle enfanta son premier-né ».

Mais est-il également de foi que cet état de virginité a duré pendant tout le temps de l'union des saints Epoux ?

Oui, répondons-nous, autrement le dogme de la perpétuelle virginité de Marie serait ruiné. Aussi pouvons-nous appliquer à cette sainte union la belle prophétie d'Isaïe : « Le jeune homme habitera avec la vierge,... et l'époux se réjouira avec l'épouse. » En effet, dit saint Augustin, « Marie a conçu étant vierge; étant vierge elle a enfanté; vierge elle est demeurée ».
Par cette triomphante profession de foi, l'Eglise balaye le blasphème d'Helvidius, qui avait osé affirmer que les frères du Seigneur, dont nous avons parlé tout à l'heure, étaient les enfants de Joseph et de Marie, nés après Jésus-Christ.

Quelques hérétiques d'Espagne ayant tenté de ressusciter cette erreur, le grand Serviteur de Marie, saint Ildephonse, archevêque de Tolède, se fit un devoir de les réfuter.

Comme on pouvait s'y attendre, les novateurs du XVIe siècle s'empressèrent d'adopter cette erreur, les Calvinistes surtout, bien que Calvin lui-même ait accusé d'ignorance le malheureux Helvidius.

Mais la voix de l'Eglise est unanime à proclamer la parfaite virginité des saints Epoux durant tout le temps de leur mariage. « Je ne sais, dit Origène qui a pu être assez sot pour affirmer que Marie fut désavouée par le Sauveur pour s'être unie à saint Joseph après sa naissance. »

Et saint Ambroise ajoute: « Joseph, homme juste, ne pouvait à ce point tomber en démence, de vouloir s'unir charnellement à la Mère de Dieu. » Nous lisons la même chose dans saint Hilaire et saint Epiphane, ce dernier, nous l'avons vu, ayant imaginé que saint Joseph était déjà un vieillard au moment de son mariage, précisément pour écarter tout soupçon d'un commerce matrimonial entre Marie et Joseph.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyJeu 5 Aoû - 21:48

CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Parfaite virginité observée par les saints époux, Marie et Joseph, pendant tout le temps de leur mariage


D'ailleurs, c'est à Marie que les écrivains ecclésiastiques appliquent ce beau passage d'Ezéchiel: « Cette porte sera fermée; elle ne sera point ouverte, et personne n'y passera; car le Seigneur, le Dieu d'Israël, est entré par cette porte, et elle sera fermée pour le prince. »

« Cette porte, dit saint Ambroise, est la bienheureuse Marie, dont il est écrit que le Seigneur passera par elle et qu'elle sera fermée après l'enfantement; parce qu'elle a conçu étant vierge, elle a enfanté étant vierge. »

Écoutons aussi les belles paroles de saint François de Sales: « Si la très sainte Vierge est une porte (dit le Père éternel), nous ne voulons pas qu'elle soit ouverte;... au contraire il la faut doubler et renforcer de bois incorruptible, c'est-à-dire lui donner un compagnon en sa pureté, qui est le grand sainct Joseph, lequel deoait pour test effet surpasser tous les saincts, voire les Anges et les Chérubins mesmes en ceste vertu. »

Mais, qu'avons-nous besoin de tant de témoignages? Le bon sens lui-même ne se révolte-t-il pas à la seule pensée de l'Epoux de Marie osant traiter la Mère du Verbe incarné comme une épouse quelconque, après avoir appris, par l'oracle de l'Ange, la conception merveilleuse de l'Enfant divin et avoir été témoin de sa naissance non moins merveilleuse? Il faudrait le croire dépourvu de tout sentiment d'humanité et de pudeur, pour lui supposer une telle audace.

Solutions de quelques difficultés

Les objections d'Helvidius et de ses émules contre la perpétuelle virginité de saint Joseph et de Marie se réduisent à deux passages de saint Matthieu, qui, à première vue, sembleraient indiquer, de la part des saints époux, le fait d'une union charnelle.

Le premier passage est celui-ci : « Avant qu'ils ne s'unissent ensemble, il se trouva que (Marie) avait conçu de l'Esprit Saint. » Il semblerait donc qu'une telle union ait eu lieu plus tard.

Mais il y a longtemps que les écrivains sacrés ont démontré que l'adverbe, avant que (antequam), ne doit pas se prendre, selon le langage de l'Ecriture, pour signifier l'existence d'une chose après le temps assigné, mais il a simplement un sens négatif, pour exclure toute union précédente à l'événement mentionné.

Cette manière de s'exprimer est commune aux Juifs; aussi l'intention de l'Evangéliste est-elle seulement de manifester ce qui avait eu lieu jusqu'à ce temps-là, sans qu'il se préoccupât de ce qui devait arriver plus tard.

Les paroles de saint Jérôme nous en donnent l'explication authentique : «De ce qu'il est dit : Avant qu'ils s'unissent ensemble, il ne suit pas qu'ils se soient unis plus tard; l'Ecriture parle seulement de ce qui n'avait pas été fait. »

L'autre passage de saint Matthieu semble encore plus explicite que le premier: « (Joseph) ne connut point (Marie), jusqu'à ce qu'elle enfantât son fils premier-né. »

Ici deux difficultés se présentent à nous : la première consiste en ceci, que, si jusqu'à l'enfantement de Jésus, Joseph ne connut pas Marie, on doit déduire qu'il l'a connue après cet événement. La seconde difficulté est plus grave et regarde le mot premier-né, qui suppose la venue d'autres enfants plus tard.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptySam 7 Aoû - 6:11

CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Solutions de quelques difficultés


Pour commencer par la première objection, l'emploi de la formule jusqu'à ce que (donec), n'indique nullement que Marie, après la naissance de Jésus, soit devenue une épouse dans le sens ordinaire du mot. Cette formule, dans le langage hébraïque, indique simplement ce qui se passa jusqu'à la date énoncée, sans rien dire de ce qui advint après cela.

Cette manière de parler est tout hébraïque, et l'Ecriture elle-même nous en fournit de nombreux exemples.

Mais ce que les adversaires anciens et modernes de la perpétuelle virginité de Marie ont mis surtout à profit, est le mot premier-né.

Or il y a longtemps que les interprètes autorisés ont démontré que cette locution, également hébraïque, est synonyme de cette autre, ouvrant le sein (adaperiens vulvam), expression employée pour désigner le premier-né, même quand il n'est pas suivi d'autres enfants.

Comme donc Helvidius objectait qu'on ne peut appeler premier-né si ce n'est celui qui a des frères venant après lui, de même qu'on ne peut parler de fils unique que quand les parents n'ont pas d'autres enfants, saint Jérome n'eut pas de difficulté à lui répondre que, dans l'Exode, on prescrit l'oblation des premiers-nés des veaux, des brebis et des boucs, et la rédemption à prix fixé des premiers-nés des hommes et des brebis : oblation et rédemption qu'on n'attendait pas à faire jusqu'à ce que d'autres brebis et d'autres hommes fussent nés. L'observation de saint Thomas trouve ici sa place.

« S'il n'y avait de premiers-nés que ceux qui sont suivis par des frères, dit-il, on n'aurait pas eu à donner aux prêtres, selon la loi, les premiers-nés, tant que d'autres n'étaient pas nés, ce qui est évidemment faux, puisque la loi prescrivait que les premiers-nés fussent rachetés un mois après leur naissance » D'ailleurs, il est difficile d'admettre que, parmi les premiers-nés des Egyptiens exterminés par l'Ange, il n'y en ait pas eu qui fussent fils uniques.

Quant à Tertullien, qu'Helvidius cherchait à tirer de son côté, saint Jérôme ne manque pas de remarquer, en premier lieu, que l'autorité de cet écrivain n'a pas beaucoup de poids, n'étant pas homme d'Eglise, cum homo non fuerit Ecclesiae; il observe, en outre, qu'on peut très bien interpréter en bonne part son autorité, au moins pour ce qui se rapporte à la conception du Christ, puisqu'il prouve, contre Ebion, que le Sauveur a dû naître de la Vierge Marie sans le concours d'aucun homme, afin qu'il ne fût pas tout entier fils de l'homme.

D'ailleurs, c'est le même Tertullien, qui nous donne la clef pour résoudre une autre difficulté, dont plusieurs ont pris occasion de scandale, c'est-à-dire, l'appellatif de femme que les Ecritures donnent à la sainte Vierge. Se réclamant de saint Paulqui donne ce nom aussi bien à une femme mariée qu'à une fille nubile, il en conclut que, dans l'Ecriture, ce nom peut très bien se prendre pour désigner une vierge.

Enfin, à l'objection de ce même Helvidius, que l'Ecriture ne dit rien de la perpétuelle virginité de Marie et de Joseph, et que, d'autre part, nous ne devons croire que ce que l'Ecriture nous enseigne, il faut faire observer que la vérité dont il s'agit dépasse de beaucoup la compréhension de l'homme; et ç'aurait été l'exposer à la dérision des infidèles incapables de comprendre une chose si élevée, que de l'avoir révélée dès le commencement.

Ce n'est qu'avec le temps, quand le monde serait mieux préparé, qu'il convenait de présenter à la croyance des fidèles ce dogme pour l'édification de la foi.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptySam 7 Aoû - 22:56

CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Saint Joseph a, pendant toute sa vie, observé une parfaite virginité


Comme saint Joseph est mort avant sa sainte Epouse, cette proposition semble bien suffisamment découler de ce que nous avons dit de la virginité du saint Patriarche, avant, et durant son mariage avec Marie.

Nous aimons cependant à l'examiner de nouveau d'une manière générale, pour écarter du lecteur l'ombre d'un doute sur un sujet qui est tout à l'honneur du glorieux Epoux de la Mère de Dieu.

Bien que cette vérité ne soit pas explicitement de foi, elle est néanmoins si clairement affirmée par les écrivains sacrés et si profondément enracinée dans le cœur des fidèles, que la mettre en doute serait une témérité voisine de l'hérésie.

Qu'il nous suffise de citer les paroles d'un des témoins les plus illustres de la tradition. « Il nous faut savoir et confesser sans l'ombre de doute, dit saint Bède le Vénérable, que non seulement la Bienheureuse Mère de Dieu, mais aussi le très bienheureux témoin et gardien de sa chasteté, Joseph, a toujours été exempt de tout acte conjugal. »

Ces paroles ne sont pas autre chose que l'écho de la profession de foi de saint Jérôme : « Si un homme saint s'abstient de toute fornication, et s'il n'est pas écrit que saint Joseph eut une autre épouse, mais au contraire, que par rapport à Marie, il fut plutôt un gardien qu'un mari, il ne nous reste qu'à dire qu'il demeura vierge avec Marie, lui qui mérita d'être appelé le père du Seigneur. »

Une grande voix, celle de Léon XIII a repris récemment et confirmé du poids de toute son autorité, ces éloquents témoignages.

« Les vierges, dit-il, ont dans saint Joseph un modèle et un gardien d'intégrité virginale. »

« Tout est grand, écrit le Père Joachim Ventura, tout est sublime dans les trois personnages qui composent sur la terre la sainte Famille du Sauveur du monde! Après la Trinité céleste, Père, Fils et Saint-Esprit, il n'y a rien de plus mystérieux et de plus auguste que cette trinité terrestre : Jésus-Christ, Marie et Joseph.

Jésus-Christ est homme sans cesser d'être Dieu; Marie est mère, sans cesser d'être vierge; Joseph est époux, sans cesser d'être pur. Jésus-Christ est fils sans avoir jamais eu de père sur la terre; Marie est mère sans le concours d'aucun homme; Joseph est père sans avoir jamais eu d'enfants.

Et cependant Jésus-Christ, sans avoir eu pour père un homme, est vrai fils de l'homme; Marie, sans avoir jamais connu homme, est devenue féconde; Joseph, sans génération charnelle, a eu un Dieu pour fils. »

Vœu perpétuel et absolu de virginité émis par saint Joseph

Ce que nous avons dit de la virginité de saint Joseph serait incomplet, si nous n'ajoutions cette remarque, que le saint Patriarche, comme sa sainte Epouse, voulut consacrer, par un vœu perpétuel et absolu, cette vertu, qui, nous l'avons dit, est un des plus beaux ornements de son âme.

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CHAPITRE VI - PERPÉTUELLE VIRGINITÉ DE SAINT JOSEPH

Vœu perpétuel et absolu de virginité émis par saint Joseph


Ce que nous avons dit de la virginité de saint Joseph serait incomplet, si nous n'ajoutions cette remarque, que le saint Patriarche, comme sa sainte Epouse, voulut consacrer, par un vœu perpétuel et absolu, cette vertu, qui, nous l'avons dit, est un des plus beaux ornements de son âme.

Notre autorité, pour affirmer cette vérité, est d'abord le fait que Marie elle-même s'était déjà liée à Dieu par un vœu semblable; or la loi de nature défend qu'une personne, obligée par vœu à la virginité, contracte le mariage avec une personne libre, c'est-à-dire, qui ne soit pas elle-même liée par un pareil vœu; autrement, cette personne se trouverait dans la nécessité soit de rompre son vœu, soit de priver son conjoint de son droit.

Or, le mariage de Marie avec saint Joseph n'eut rien d'illicite. Il faut donc reconnaître que lui-même, avant de s'unir à Marie par les liens du mariage, fut dans la même disposition d'esprit qu'elle avait elle-même; car rien, dans la loi naturelle, ne s'oppose à ce que deux personnes ayant l'une et l'autre émis le vœu de virginité, s'unissent en mariage.

Il nous faut donc conclure que saint Joseph, non moins que Marie, s'était consacré à Dieu par un vœu absolu et perpétuel, avant de prendre pour épouse celle qui devait devenir la Mère de Dieu.

D'autre part, saint Joseph avait été choisi pour être le gardien de la virginité de Marie. Or, il convenait souverainement que, pour mieux répondre à cette fin, saint Joseph lui-même ait choisi de consacrer, par vœu, sa propre virginité. On peut même dire que c'est la divine Sagesse, qui sait adapter les moyens à la fin qu'elle a en vue, qui lui inspira, en temps opportun, ce noble et glorieux dessein.

Ce vœu, nous l'avons dit, fut, comme celui de Marie, perpétuel et absolu. D'un côté, la sainte Vierge, avant de s'unir à Joseph, ne fut pas sans lui communiquer le don absolu qu'elle avait fait à Dieu de sa virginité; d'un autre, saint Joseph ne pouvait pas ne pas choisir lui-même un état qui le mettait entièrement à l'aise avec sa sainte Epouse.

Du côté de Marie, la prudence ne lui permettait pas de se donner en mariage à un homme dont elle n'était pas certaine, soit par révélation, soit par le témoignage de cet homme même, qu'il fût dans les mêmes sentiments qu'elle; du côté de Joseph, la justice exigeait qu'il se mit dans l'impossibilité morale de rompre la fidélité que, par son mariage, il promettait à Marie.
Selon saint Jérôme et saint Augustin, les Apôtres, après leur vocation, se lièrent à Dieu par vœu de perpétuelle chasteté; et, dans la nouvelle loi, l'Eglise exige de ses prêtres la promesse solennelle de s'abstenir de tout mariage.

Saint Joseph, appelé à l'incomparable dignité de gardien de la virginité de Marie et de père nourricier de Jésus, ne devait, sous ce rapport, être inférieur ni aux Apôtres ni aux prêtres du Nouveau Testament : il devait, de ce chef, être sur le même pied que sa très chaste Epouse.

Le bâton fleuri, avec lequel on a coutume de le représenter, sera donc, jusqu'à la fin des siècles, un témoignage éloquent de sa pureté incomparable, qu'aucune tache n'aura jamais ternie, et on pourra chanter de lui, bien plus que de n'importe quel autre Saint, les éloquentes paroles de la Sagesse: « Oh! combien elle est belle, la chaste génération avec son éclat! Sa mémoire est immortelle : elle est en honneur devant Dieu et devant les hommes. »
Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 9 Aoû - 22:38

CHAPITRE VII - MORT BIENHEUREUSE DE SAINT JOSEPH

Le bienheureux transitus de saint Joseph


Le moment de la mort est le plus important de toute la vie. En règle ordinaire, la mort ressemble à la vie. Ceux qui ont vécu dans l'impiété ou dans l'oubli de Dieu ont d'habitude une fin malheureuse; ceux, au contraire, qui ont passé leur vie dans le service de Dieu et dans la pratique des vertus, ont coutume de recevoir, au dernier moment, un secours divin spécial, qui rend leur trépas tranquille et même quelquefois joyeux : aussi est-il écrit : « Précieuse aux yeux du Seigneur est la mort de ses Saints. »

Saint Joseph passa tout le temps de sa vie dans la pratique de l'amour de Dieu et du prochain ; nous n'avons donc aucune difficulté à admettre la commune tradition, qui nous le représente expirant doucement dans les bras de Jésus et de Marie, qui l'assistèrent avec amour et le consolèrent par l'espoir d'être bientôt admis à jouir dans le ciel de la vision béatifique.

C'est pourquoi on est convenu, dans le langage ecclésiastique, d'appeler la mort de saint Joseph du nom de passage, transitus, de même qu'on désigne celle de Marie du nom de dormition, dormitio; et c'est avec raison que le saint Patriarche est invoqué, dans l'Eglise universelle, comme le patron de la bonne mort.

Toutefois, s'il n'est pas permis de douter de la sainteté de la mort du glorieux Patriarche cette vérité étant profondément enracinée dans le cœur de tous les fidèles, quand il s'agit, au contraire, de déterminer le temps et le lieu de cet événement, la chose est plus difficile, rien de bien précis ne se rencontrant, sur ce sujet, soit dans l'Ecriture, soit dans la tradition.

Nous nous efforcerons de tirer, du peu que les saints Evangiles ont écrit, par rapport au Père nourricier de Jésus, les conclusions qui nous semblent les plus accréditées.

Diverses opinions sur l'époque de la mort de saint Joseph

Pour commencer par la question la plus difficile, celle qui regarde l'époque de la mort de saint Joseph, il nous faut d'abord exclure plusieurs opinions que nous pouvons considérer comme erronées. Elles sont au nombre de trois.

La première fait mourir le saint Patriarche durant les toutes premières années de la vie du divin Sauveur. Cette opinion doit être abandonnée, car elle est en opposition directe avec ce que nous lisons du voyage de saint Joseph à Jérusalem, en compagnie de son Epouse et du divin Enfant qui comptait alors douze ans accomplis. Il est donc certain qu'à cette époque il était encore en vie.

D'autres ont cru que le saint Patriarche mourut peu de temps après cet événement. Leur raison est qu'il n'en est pas fait mention parmi les parents du Christ, dont saint Marc raconte qu'ils étaient désireux de le voir. Mais ceci prouverait, tout au plus, que saint Joseph n'était plus de ce monde quand cet événement se passa, c'est-à-dire, au commencement de la vie publique du Sauveur.

Il est à peine nécessaire de mentionner la raison que d'autres apportent à l'appui de cette opinion, à savoir que saint Joseph, à l'époque dont nous parlons, était arrivé à l'âge décrépit, puisque, disent-ils, il avait à peu près quatre-vingts ans quand il s'est uni en mariage à la sainte Vierge. Nous avons vu que cette opinion, qui est celle de saint Epiphane, ne se soutient pas.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMar 10 Aoû - 23:01

CHAPITRE VII - MORT BIENHEUREUSE DE SAINT JOSEPH

Diverses opinions sur l'époque de la mort de saint Joseph


Une troisième opinion pèche, au contraire, par excès. Elle voudrait que saint Joseph fût encore en vie au temps de la passion du Sauveur. S'il en eût été ainsi, le saint Patriarche n'aurait certainement pas manqué de suivre Jésus sur le Calvaire, et là, en compagnie de sa chaste Epouse, d'assister à sa mort sur la croix.

Bien plus, comme l'a fait observer saint Epiphane, le Christ, dans ce cas, aurait recommandé sa Mère non à saint Jean, mais à Joseph lui-même, comme l'exigeait la loi de nature.

Nous avons donc deux dates extrêmes entre lesquelles il faut placer la mort du saint Patriarche : l'une, le retour de la sainte Famille à Nazareth après la douzième année de Jésus-Christ; l'autre, l'époque de la passion du Sauveur.

Opinion de ceux qui croient que saint Joseph est mort immédiatement avant la vie publique de Jésus-Christ

Plus commune et plus probable aussi est l'opinion de ceux qui croient que la carrière mortelle de saint Joseph s'est terminée au commencement de la vie publique du Sauveur. Leur raisonnement procède a priori. La mission du saint Patriarche, disent-ils, consistait précisément à garder et aider le Messie dans son jeune âge et dans sa vie privée, et saint Jérôme nous dit que, jusqu'à l'âge de trente ans, Jésus se contenta de la pauvreté de Marie et de Joseph.

Sa présence n'était donc plus nécessaire quand le Sauveur entra dans sa vie publique. On peut citer également, à l'appui de cette opinion, l'autorité de Bernardin de Busto, qui dit que
« personne n'a jamais joui de la compagnie du doux Jésus et de sa benoîte Mère, comme Joseph, qui, comme on le croit, a conversé avec eux pendant trente ans dans ce monde; car, ajoute-t-il, c'est l'opinion commune, qu'il est mort peu avant le baptême du Christ ».

De son côté, Bernardin de Sienne écrit que Dieu avait disposé que saint Joseph mourût avant la passion de Jésus-Christ, surtout pour lui épargner l'immense douleur qu'il en aurait ressentie.

Malgré ces autorités nous nous permettons de présenter, comme plus probable encore, une autre opinion, à laquelle nous arriverons par degrés. Nous disons d'abord que

Saint Joseph vivait encore, lors du baptême de Notre-Seigneur

Cette opinion s'appuie d'abord sur ces paroles de saint Luc : « Or, Jésus lui-même avait environ trente ans, lorsqu'il commença son ministère; étant, comme on le croyait le fils de Joseph », etc., ici donc l'Evangéliste, faisant ouvertement appel à l'opinion publique, ne mentionne aucunement la mort du saint Patriarche, comme il semble bien qu'il aurait dû faire, si celui-ci avait déjà été mort.

Nous avons en outre dans saint Jean un passage assez significatif. Quand, peu de temps après que Jésus eut été baptisé dans le Jourdain, les premiers disciples accouraient vers lui, Philippe s'adressant à Nathanael, lui dit: « Nous avons trouvé Jésus, fils de Joseph de Nazareth », laquelle manière de s'exprimer laisse également entendre que saint Joseph était alors encore en vie.

Mais nous pouvons aller plus loin et fixer, d'une manière approximative la date de la mort du saint Patriarche.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 11 Aoû - 22:30

CHAPITRE VII - MORT BIENHEUREUSE DE SAINT JOSEPH

Il est probable que saint Joseph n'est mort qu'après la deuxième Pâque de la vie publique de Notre-Seigneur Jésus-Christ


Lorsque Jésus vint au Jourdain pour y être baptisé par saint Jean-Baptiste, lisons-nous dans les saints Evangiles, il laissa sa ville de Nazareth, et n'y retourna qu'après la seconde Pâque de sa vie publique.

Observons ici qu'il est souverainement improbable que Jésus, après son baptême, soit retourné deux fois dans sa ville natale, ainsi que l'ont affirmé quelques auteurs, qui ont voulu voir deux événements différents dans ce que racontent, d'un côté, saint Luc, et de l'autre saint Matthieu et saint Marc. Nous avons démontré, dans un autre ouvrage, que les deux narrations se rapportent au même fait.

Ce point étant acquis, nous lisons dans saint Matthieu qu'à son arrivée à Nazareth, Jésus fut mal reçu par ses concitoyens, qui s'exprimèrent ainsi: « Celui-ci n'est-il pas le fils du charpentier ? Sa Mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? Et ses frères Jacques, et Joseph, et Simon, et Jude ? D'où donc lui sont venues toutes ces choses ? »

En pesant bien ces expressions, on s'apercevra, d'abord, que toutes les personnes ici désignées, soit en particulier, soit en général, sont censées être encore en vie, pendant que les Nazaréens parlaient ainsi.

Mais surtout ce qui est dit du charpentier a une signification toute particulière. Dans le grec, il est désigné par l'article, ce qui nous donne le sens suivant : Celui-ci, Jésus, n'est-il pas le fils du charpentier, que tous nous connaissons?

Pour comprendre toute la force de ce raisonnement, il faut nous rappeler qu'au temps de Notre-Seigneur, comme d'ailleurs maintenant encore, il n'y avait, dans les petites bourgades comme celle de Nazareth, qu'un seul charpentier reconnu par tout le monde comme tel, une sorte de charpentier officiel, à la mort duquel un autre lui succédait dans la même profession.

Si donc, à l'époque dont nous parlons, saint Joseph eût été déjà mort, Jésus n'aurait pas pu être désigné par ce seul nom de fils du charpentier, mais il aurait fallu ajouter le nom de Joseph, pour indiquer de quel charpentier il s'agissait.

A plus forte raison, pour éviter toute confusion, ce nom aurait-il dû être ajouté, s'il y avait eu alors à Nazareth plusieurs autres charpentiers et que Joseph ne fût plus de ce monde.

Rappelons-nous que ceci arrivait après la deuxième Pâque de la vie publique de Jésus-Christ, c'est-à-dire, avant qu'il envoyât ses Apôtres pour la première fois prêcher le royaume de Dieu.

Notre raisonnement acquiert une force encore plus grande, si nous considérons les paroles rapportées à cette occasion par saint Luc, chez qui le nom de charpentier est absent. Selon cet Evangéliste, les Nazaréens auraient dit simplement : « Celui-ci n'est-il pas le fils de Joseph ? » Paroles qui, prises dans leur sens naturel, font supposer que saint Joseph fut encore en vie.

On peut encore citer, à l'appui de cette thèse, l'épisode étrange que nous trouvons dans saint Marc, là ou il est dit: « La foule vint de nouveau, de sorte qu'ils ne pouvaient même pas manger le pain. Et comme les siens avaient entendu ceci, ils sortirent pour le tenir; ils disaient, en effet, qu'il est tourné en fureur. »

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyVen 13 Aoû - 5:47

CHAPITRE VII - MORT BIENHEUREUSE DE SAINT JOSEPH

Il est probable que saint Joseph n'est mort qu'après la deuxième Pâque de la vie publique de Notre-Seigneur Jésus-Christ


Parmi les diverses interprétations données à ce texte, la suivante nous semble la plus probable. Selon la loi romaine, lorsque les parents d'un homme jugeaient que leur fils était devenu fou, ils avaient le droit de l'enfermer et de le garder strictement, afin qu'il ne fît de tort ni à lui-même, ni aux autres.

C'est pourquoi les cousins de Jésus, le voyant opprimé par la foule et voulant le délivrer, répandirent le bruit qu'il était tombé en démence, et ceci pour pouvoir le rendre à Joseph et à Marie.

Si cela était, il faudrait déduire que saint Joseph était encore en vie, puisque c'était à lui, comme au père putatif de Jésus, qu'il appartenait de conduire dans sa maison et de garder à vue son fils qui était censé avoir perdu la raison.

Rappelons-nous ce que nous avons déjà dit que ni Joseph, ni Marie, n'adoptèrent cette manière de voir, que seul un zèle indiscret avait suggérée.

Mais, si cette explication n'est pas absolument certaine, il n'en est pas moins avéré que la mission de saint Joseph avait pour but de couvrir, comme d'un voile, aux yeux des Juifs charnels, le mystère de la conception et de la naissance virginales du Sauveur.

Il convenait donc souverainement que, quand celui-ci commença son ministère évangélique, tout doute sur son origine fût écarté, chose que le fait de la survivance du saint Patriarche, au moins dans les premiers temps de la vie publique de Jésus-Christ, pouvait seul mettre en pleine lumière.

On pourrait objecter qu'aux noces de Cana, aucune mention n'est faite de saint Joseph, tandis que Jésus, sa Mère et les disciples sont expressément nommés- Mais il est facile de répondre qu'on ne peut rien déduire de ce silence de l'Evangéliste, car il n'y avait pas lieu de nommer alors le saint Patriarche.

En effet, il fallait bien d'abord mentionner Marie, puisque c'est à sa prière qu'un grand miracle devait se produire; on devait également faire mention des disciples, car cet événement extraordinaire devait être un puissant motif .

Quant à saint Joseph, il n'y avait aucune raison de le mentionner.

Mais, dira-t-on, il n'est pas, non plus, fait mention de saint Joseph quand l'Evangéliste raconte que Jésus, immédiatement après, descendit à Capharnaum avec sa Mère, ses frères et ses disciples. - On peut répondre que saint Joseph eut, lui aussi, l'intention de se rendre à Capharnaum; mais que, pour une raison ou pour une autre, il fut empêché d'exécuter ce dessein.

Conséquences découlant de la doctrine précédente

De ce que nous venons d'exposer sur la survivance probable du saint Patriarche au moins jusqu'à la seconde Pâque de la vie publique du Sauveur, on peut inférer qu'il reçut des divins enseignements de Jésus, de notables accroissements de grâce, de science et de vertu.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyVen 13 Aoû - 22:52

CHAPITRE VII - MORT BIENHEUREUSE DE SAINT JOSEPH
Conséquences découlant de la doctrine précédente


Même s'il n'accompagna pas Jésus dans ses courses apostoliques, les doctrines prêchées par le divin Maître ne purent manquer d'arriver jusqu'à ses oreilles, ainsi que les œuvres merveilleuses qu'il accomplissait en confirmation de cette doctrine. Il put également connaître les travaux et les fatigues que Jésus dut supporter, ainsi que son immense charité et son infinie miséricorde pour les pécheurs : toutes choses qui augmentaient merveilleusement en lui son amour pour son Fils putatif.

Dans l'hypothèse que nous venons d'exposer, saint Joseph put encore connaître l'admirable vocation à l'apostolat de plusieurs des disciples de Jésus; il put les aider de ses prières et peut-être encore de ses pieuses exhortations. D'un autre côté, il put se faire une idée de ce que devaient être, dans un avenir prochain, l'envie et la haine des pharisiens contre le Messie; il put entrevoir, de cette manière, combien sa passion serait douloureuse; aussi bien put-il dès lors s'unir, en esprit de vive compassion, aux futures souffrances du Verbe incarné.

Une autre conséquence qu'il nous est permis de tirer du fait de la survivance de saint Joseph jusqu'après la deuxième Pâque de la vie publique de Notre-Seigneur, regarde, d'un côté, la réception, de la part du saint Patriarche, des sacrements de baptême et de mariage; de l'autre, une connaissance, plus explicite et plus détaillée, du Sacrement de l'Eucharistie; car, c'est avant la troisième Pâque que le Sauveur prononça son célèbre discours sur ce sujet.

Cette faveur était bien due à celui qui, par ses soins tout paternels, nous a conservé le froment des élus et le pain du ciel qui possède en soi toutes les douceurs et tous les goûts les plus exquis.

Pourquoi Dieu a-t-il voulu que saint Joseph n'assistât pas à la passion du Sauveur ?

On se demandera peut-être pourquoi Dieu n'a pas voulu que saint Joseph assistât à la passion du Sauveur.

Sans prétendre sonder à fond les desseins de la Providence, et avec toute l'humilité que nous devons avoir quand il s'agit de découvrir les motifs qui la dirigent dans le gouvernement du monde, nous pouvons dire qu'il ne convenait pas qu'aucune personne humaine prit part à une œuvre aussi grande qu'est celle de la Rédemption, si ce n'est l'Immaculée, Mère de Dieu, la Bienheureuse Vierge Marie.

La mission confiée à saint Joseph avait pour but, avons-nous dit, de couvrir comme d'un voile le mystère de l'Incarnation, pour empêcher les regards indiscrets et moqueurs d'une génération incrédule. A cette mission était attaché le noble et si important office de nourrir le divin Enfant, de le défendre et de protéger sa vie, en un mot, de le conserver en vue du grand sacrifice.

Mais, à l'approche du temps, établi par Dieu, où le Sauveur, de sa propre volonté, s'acheminerait vers la mort, la mort de la Croix, cette mission de saint Joseph devait cesser. Le saint Patriarche devait alors disparaître, pour laisser seule la Mère de Jésus associée au grand sacrifice, offrant au nom du genre humain, la divine Victime du Seigneur.

Aussi l'office de coopérer immédiatement avec Jésus à l'œuvre de notre rachat devait appartenir exclusivement à cette femme admirable, qui lui avait donné notre nature. Il fallait donc que, au moment où cette tragédie solennelle devait se dérouler, saint Joseph fût éloigné du théâtre de la Rédemption, pour laisser en pleine lumière les deux grandes causes de notre salut, causes parfaitement subordonnées : le Christ et sa Mère.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 15 Aoû - 7:57

CHAPITRE VII - MORT BIENHEUREUSE DE SAINT JOSEPH
Pourquoi Dieu a-t-il voulu que saint Joseph n'assistât pas à la passion du Sauveur ?

Cependant, si saint Joseph n'a pas assisté à la passion du Sauveur, du moins l'a-t-il aperçue de loin, compatissant ainsi de tout son cœur à ses souffrances, autant que le meilleur des pères peut compatir aux souffrances du meilleur de ses fils.

Saint Joseph est mort probablement à Jérusalem, vers la troisième Pâque de la vie publique de Jésus-Christ

D'après tout ce que nous avons dit, la conclusion qui nous semble la plus probable est que le saint Patriarche non seulement n'est pas mort avant que ne commençât la vie publique de Jésus-Christ, mais aussi qu'il vécut assez, pour être témoin, sinon de visu, au moins de auditu, des merveilleux faits et dits de sa mission apostolique.

Voulant préciser encore davantage l'époque de sa mort, nous devons d'abord rechercher en quel endroit cet événement a eu lieu, car c'est de ce second point que dépend le premier.

Nous disons donc que saint Joseph est mort à Jérusalem ; et comme il n'y avait aucune raison pour l'attirer dans cette capitale de la Judée sinon la célébration de la Pâque, nous en concluons qu'il est mort vers la troisième Pâque de la vie publique du Sauveur, à l'occasion de son pèlerinage à la ville sainte.

Nos autorités pour dire que saint Joseph est mort à Jérusalem, sont, d'abord le Martyrologe Romain qui, le 19 mars, s'exprime : « En Judée, le jour de la naissance de saint Joseph, Epoux de la Bienheureuse Vierge Marie, Confesseur ». Or, on ne voit guère, en dehors de Jérusalem, dans quel endroit de la Judée saint Joseph aurait dû se rendre alors.

Bien plus explicite est le témoignage qu'apportent, à ce sujet les auteurs des Actes des Saints. Les Bollandistes écrivent : « Bède (le Vénérable) dit que le lieu de la sépulture (de saint Joseph) fut dans la vallée de Josaphat : or, il n'est pas improbable que le Ciel ait disposé les circonstance de sa mort, de manière à la faire coïncider avec l'époque de l'année où, selon la coutume de la fête de Pâque, le saint Patriarche était monté à Jérusalem, avec son Epouse et son Fils, pour y adorer le Seigneur.

De cette manière, il put être enseveli dans le sépulcre de ses ancêtres, chose que les Hébreux avaient souverainement à cœur. D'autre part, ce n'aurait pas été chose facile pour un homme réputé pauvre et ne possédant aucune fortune, d'être transporté, après sa mort, de la Galilée (à Jérusalem).

Nous pouvons d'ailleurs facilement nous persuader que ses funérailles se sont faites bien simplement, comme celles d'un ouvrier quelconque.

Quel jour saint Joseph est-il mort ?

Selon une tradition conservée chez les Coptes et décrite par Papebrochius, saint Joseph serait mort le 20 juillet, chose qu'on lit également dans sa vie écrite par les Coptes dans Isidore de Isolanis.

Mais, comme cette vie est remplie de contes fabuleux, une telle tradition ne mérite guère notre croyance; bien plus, on peut soupçonner ici une équivoque, provenant de ce que, en ce jour, on fait mémoire de la mort d'un autre Joseph, surnommé Juste, qui fut proposé pour l'apostolat avec Mathias à la place du traître Judas.

Le Père Patrignani raconte que les Florentins, mus par leur grande dévotion envers le saint Patriarche, avaient l'habitude de célébrer, en ce même jour, la fête de la mort (transitus) de saint Joseph; ce qu'ils faisaient avec beaucoup de solennité dans la Basilique de la très sainte Annonciation des Serviles de Marie, où ils avaient coutume de visiter la chapelle de ce Saint, en même temps que celle où l'on conserve l'image miraculeuse de l'Annonciation de la Vierge.

Source : Livres-mystiques.com

Bonne fête de l'Assomption à tous !

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 16 Aoû - 7:35

CHAPITRE VII - MORT BIENHEUREUSE DE SAINT JOSEPH

Quel jour saint Joseph est-il mort ?


Gerson dit, au contraire, que, dans les régions d'outremer, la mémoire de saint Joseph se célébrait l'octave de la Purification, c'est-à-dire, le 9 février; il ajoute cependant qu'à Milan, les frères Augustins la célébraient le 19 mars, coutume qui se pratiquait dans bien d'autres endroits encore, ainsi que nous en informent les martyrologes cités par Papebrochius et d'autres encore.

En vérité, l'opinion la plus probable semble bien que saint Joseph soit mort le 19 mars. Car c'est le jour où 1'Eglise Romaine, dans sa liturgie, célèbre cet événement quand elle chante : « C'est en ce jour même que Joseph mérita les joies de la vie éternelle. » 

Or, s'il est vrai que les dates fixées dans le Calendrier ne correspondent pas toujours à celles de la mort des Saints qu'on célèbre, puisqu'elles coïncident quelquefois avec l'anniversaire de leur translation, ou, dans le cas d'un Pontife, avec celui de son élection épiscopale, néanmoins, comme la date fixée dans la liturgie pour la mort de saint Joseph est reconnue par presque toutes les églises latines, vouloir sans preuves contraires, écarter cette commune opinion, serait pour le moins téméraire.

Rappelons-nous d'ailleurs ce que nous avons dit plus haut, que c'est probablement à Jérusalem, vers le temps de Pâque que mourut saint Joseph; ce qui nous met à l'aise avec la date marquée. Ajoutons qu'à Bologne, en Italie, où semble-t-il, fut inauguré le culte public du saint Patriarche, cette fête, de temps immémorial, se célébrait précisément le 19 mars.

Comment mourut saint Joseph

Pour ce qui est du genre de mort auquel saint Joseph dut succomber, comme nous ne lisons pas qu'il ait été frappé de mort violente, nous ne pouvons mieux faire que suivre le sentiment commun des fidèles, sentiment que l'Eglise elle-même semble encourager, à savoir que le saint Patriarche a succombé aux conséquences d'une maladie mortelle, et qu'il mourut, assisté par Jésus et Marie lui prodiguant les soins les plus affectueux : ce qui rend cette mort la plus enviable que l'on puisse imaginer.

C'est là précisément ce que chante l'Eglise le jour de sa fête : « Heureux êtes-vous, ô saint Patriarche, trois fois heureux, pour avoir, à votre heure dernière, reçu les soins empressés du Christ et de la Vierge, vous réconfortant par leur céleste affection. »

Belles paroles de saint François de Sales

« On ne peut quasi pas bonnement douter, écrit saint François de Sales, que le grand saint Joseph ne fust trespassé avant la Passion et Mort du Sauveur, qui, sans cela, n'eust pas recommandé sa Mère à saint Jean. Et comme pourroit-on donq imaginer que le cher Enfant de son cœur, son Nourrisson bien-aymé, ne l'assistât à l'heure de son passage? BIENHEUREUX SONT LES MISERICORDIEUX, CAR ILS OBTIENDRONT MISERICORDE.

Hélas, combien de douceur, de charité et de Miséricorde furent exercées par ce bon Père nourricier envers le Sauveur Ihors qu'il nasquit petit enfant au monde! et qui porroit donq croire, qu'iceluy sortant de ce monde, ce divin Filz ne lui rendist la pareille au centuple, le comblant de suavités célestes?

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptySam 4 Sep - 23:11

CHAPITRE VII - MORT BIENHEUREUSE DE SAINT JOSEPH

Belles paroles de saint François de Sales


« Les cigoignes sont un vray portrait de la mutuelle piété des enfans envers les pères et des pères envers les enfans; car, comme ce sont des oiseaux passagers, elles portent leurs pères et mères vieux, en leurs passages, ainsy qu'estant encore petites leurs pères et mères les avoyent portées en mesme occasion.

Quand le Sauveur estoit encore petit enfant, le grand Joseph son père nourricier, et la très glorieuse Vierge sa Mère, l'avoyent porté maintefois, et spécialement au passage qu'ils firent de Judée en Egypte et d'Egypte en Judée : hé, qui doutera donq que ce saint Père, parvenu à la fin de ses jours, n'ayt réciproquement esté porté par son divin Nourrisson au passage de ce monde en l'autre, dans le sein d'Abraham, pour de là le transporter dans le sein, à la gloire, le jour de son Ascension?

« Un saint qui avoit tant aviné en sa vie ne pouvoit mourir que d'amour : car son âme ne pouvant à souhait aviner son cher Jésus entre les distractions de cette vie, et ayant achevé le service qui estoit requis au bas cage d'iceluy, que restoit-il sinon qu'il dist au Père éternel : O Père, J'AY ACCOMPLI L'OEUVRE QUE VOUS M'AVIES DONNÉE EN CHARGE; et puis au Fils : O mon Enfant, comme votre Père céleste remit vostre cors entre mes mains, au jour de votre venue en ce monde, ainsy en ce jour de mon départ de ce monde JE REMETZ MON ESPRIT ENTRE LES VÔTRES »

Le sépulcre de saint Joseph

Quant à l'endroit où le corps de saint Joseph fut enseveli, il est bien difficile de rien préciser, car les éléments nous manquent pour établir une thèse dans un sens ou dans un autre.

Nous devons donc nous en tenir à ce qui nous semble être l'opinion la plus probable, c'est-à-dire, que le corps du saint patriarche fut enseveli dans la vallée de Josaphat, dans le sépulcre de famille, où reposaient déjà les corps de Joachim et d'Anne et qui plus tard, devait recevoir, bien que pour de brefs instants, celui de la Mère de Dieu.

A l'appui de cette opinion, de graves auteurs apportent le fait que probablement le jardin de Gethsémani, près duquel se trouve ce sépulcre, aurait appartenu à la sainte Famille, comme on peut le déduire du fait que Notre-Seigneur s'y rendait fréquemment avec ses disciples; d'autre part, ce jardin n'était pas loin de la maison des saints Joachim et Anne, où la tradition veut que la sainte Vierge soit née.

A qui objecterait la pauvreté des saints Epoux, peu compatible avec la possession d'un champ tel que le Gethsémani, on peut faire observer que cette pauvreté n'était pas telle qu'ils fussent destitués de tout bien.

Marie, fille unique, héritière de ses parents, pouvait très bien posséder ce jardin destiné, selon la coutume des Hébreux, à l'ensevelissement des morts de la famille.

Quoi qu'il en soit, et quelque opinion que l'on veuille adopter par rapport au sépulcre de saint Joseph, on ne peut rien déduire de cela contre le fait de sa résurrection dont nous allons parler; car, comme l'observe Papebrochius, ce sépulcre est maintenant dépourvu de ses restes précieux.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 5 Sep - 22:25

CHAPITRE VIII - RÉSURRECTION ET GLOIRE DE SAINT JOSEPH

Question à résoudre


Jusqu'ici nous avons parlé des insignes perfections dont il a plu au Seigneur d'enrichir l'âme du Père putatif de Jésus, et en particulier de la grâce dont il l'a comblé et en vertu de laquelle le saint Patriarche s'est acquis une très belle gerbe de mérites, jusqu'au moment où il termina, par une très sainte mort, une vie pleine de bonnes œuvres.

Il nous faut maintenant entretenir le lecteur de la gloire incomparable par laquelle le Seigneur a voulu couronner tant d'actions vertueuses. Mais, auparavant, comme sujet d'introduction, nous devrons exposer le fait d'un privilège exceptionnel dont le saint Patriarche a été l'objet : nous voulons parler de sa glorieuse résurrection, en vertu de laquelle nous croyons qu'il est au ciel en corps et en âme.

Puis, après avoir parlé du degré de gloire qu'il possède au ciel, nous examinerons les conséquences de cette gloire, qui sont, d'un côté, la joie dont il jouit, et, d'un autre, les auréoles qui, comme une joie accidentelle, complètent la félicité de certains bienheureux.

Résurrection corporelle de saint

Pour commencer par la résurrection corporelle de saint Joseph, on peut très bien croire que le glorieux Patriarche fut compris parmi les Saints qui ressuscitèrent avec Notre-Seigneur. Le texte de saint Matthieu, qui nous relate cet événement est le suivant : «Beaucoup de corps de Saints qui s'étaient endormis, ressuscitèrent, et sortant de leurs tombeaux après la résurrection du Seigneur, ils vinrent dans la ville sainte, et apparurent à beaucoup de personnes. »

Ces paroles, comme l'observe saint Thomas, doivent se prendre comme étant dites par anticipation, ce mode de parler étant fréquent dans la sainte Ecriture; c'est-à-dire qu'elles se rapportent, non au moment de la mort du Sauveur, mais à celui de sa résurrection.

Car le Christ étant, comme s'exprime saint Paul : « les prémices de ceux qui dorment », personne, avant lui, n'a jamais joui du même privilège. Ceux qui, comme Lazare, ont été rappelés à la vie, devaient plus tard mourir une seconde fois.

Or, la résurrection des Saints, dont parle ici saint Matthieu, avait pour objet de rendre témoignage à la résurrection de Jésus-Christ et, pour ainsi dire, d'en rehausser l'éclat; elle devenait ainsi une preuve évidente de la résurrection finale de la chair; il fallait donc que cette résurrection fût parfaite.

D'ailleurs, si ces mêmes Saints avaient dû, après une période de temps, mourir de nouveau, leur résurrection, au lieu d'être pour eux un bienfait, les aurait exposés à une nouvelle période de douleurs et de tentations et au péril de perdre le salut éternel.

Cette opinion touchant la résurrection parfaite des Saints dont parle saint Matthieu, bien qu'elle ne plaise pas à saint Augustin, n'en a pas moins pour soi l'assentiment de plusieurs écrivains ecclésiastiques de marque tels que Origène, Clément d'Alexandrie et saint Thomas, sans compter les commentateurs plus récents, qui la présentent comme extrêmement probable.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 6 Sep - 22:05

CHAPITRE VIII - RÉSURRECTION ET GLOIRE DE SAINT JOSEPH
Question à résoudre

Résurrection corporelle de saint


En réalité, nous pouvons retenir en toute sûreté que ces heureux personnages ressuscitèrent avec Notre-Seigneur le jour de Pâques pour ne plus mourir, et qu'avec lui ils montèrent au ciel le jour de l'Ascension. Que saint Joseph fût de leur nombre, c'est une chose dont nous pouvons à peine douter.

Le saint Patriarche n'était-il pas le père bien-aimé du Rédempteur, qu'il avait gardé avec tant de soin et servi avec tant de fidélité; et son témoignage en faveur de la divinité du Christ ne devait-il pas avoir un poids prépondérant? D'autre part, l'absence de reliques du saint Patriarche est encore une preuve que son corps, comme celui de sa sainte Epouse, ont été finalement glorifiés par Dieu.

Le pieux Gerson, commentant ce passage de saint Paul : « Les femmes ont recouvré leurs morts par la résurrection », dit avec beaucoup d'à propos, que Marie, à la résurrection de Jésus, reçut non seulement son Fils unique, mais aussi son chaste Epoux. Et nous pouvons croire que la première visite que fit saint Joseph, dans cette matinée de joie et d'exultation, fut, comme celle de Jésus, pour Marie, que le Seigneur voulut alors récompenser comme il sait le faire, par des consolations d'une douceur infinie.

Il n'est pas inutile de rappeler, à ce propos, le trait rapporté par Bernardin de Busto. Un jour que saint Bernardin de Sienne était à Padoue et prêchait sur le saint Patriarche, tout à coup il s'exclama : « Saint Joseph est glorieux au ciel, en corps et en âme. » Immédiatement on vit paraître, sur la tête du Saint, une croix d'or resplendissante, comme témoignage céleste de la vérité de cette assertion.

Belles paroles de saint François de Sales sur la résurrection de saint Joseph

Les belles paroles de saint François de Sales, par rapport à la résurrection de saint Joseph, méritent d'être citées ici : « Que nous reste-t-il plus à dire maintenant, écrit-il sinon que nous ne devons nullement douter que ce glorieux Sainct n'ait beaucoup de crédit dans le ciel auprès de celuy qui l'a tant favorisé que de l'y eslever en corps et en âme; ce qui est d'autant plus probable que nous n'en avons nulle relique ça bas en terre, et il me semble que nul ne peut douter de ceste vérité; car comme eust peû refuser ceste grace à S. Joseph celuy qui luy avoit clé si obeyssant tout le temps de sa vie?

Sans doute que nostre Seigneur, descendant aux limbes, fut arraisonné par S. Joseph en ceste sorte : Monseigneur, ressouvenez-vous, s'il vous plaist, que quand vous vinstes du Ciel en terre, je vous receus en ma maison, en ma famille; et que dés que vous fustes nay, je vous receus entre mes bras; maintenant que vous devez aller au Ciel, conduisez-moy avec vous; je vous receus en ma famille, recevez-moy maintenant en la vostre, puis que vous y allez; je vous ay porté entre mes bras, maintenant prenez-moy sur les vostres; et comme j'ay eu soin de vous nourrir et conduire durant le cours de vostre vie mortelle, prenez soin de moy et de me conduire en la vie immortelle.

Et s'il est vray, ce que nous devons croire, qu'en vertu du tres Sainct Sacrement que nous recevons, nos corps ressusciteront au jour du jugement, comment pourrions-nous douter que nostre Seigneur ne fist monter quant et luy au ciel en corps et en âme le glorieux S. Joseph, qui avoit eu l'honneur et la grace de le porter si souvent entre ses benits bras; ausquels nostre Seigneur se plaisoit tant ?... S. Joseph donc est au ciel en corps et en âme, c'est sans doute.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMar 7 Sep - 22:54

CHAPITRE VIII - RÉSURRECTION ET GLOIRE DE SAINT JOSEPH

La translation des os de l'ancien Joseph, figure de la résurrection de saint Joseph


Ce que nous disons de la résurrection de saint Joseph peut trouver une confirmation dans ces paroles de l'Ecclésiastique, se rapportant à l'ancien Patriarche, fils de Jacob : « Et ses os furent visités et après sa mort ils prophétisèrent ».

Au sens littéral, ces paroles veulent dire que quand les fils d'Israël partirent de l'Egypte pour se rendre dans la terre de Chanaan, ils se conformèrent à la demande que Joseph avait formulée sur le point de mourir, à savoir de transporter ses os avec eux, ce qu'ils firent en réalité.

De cette manière, par le fait même, venait à se vérifier la prophétie que Joseph avait faite, quand il avait dit[ : « Dieu vous visitera : transportez mes os avec vous hors de ce lieu », ce qui contenait une annonce de la résurrection future, puisque si ces os étaient tenus en honneur, cela n'était pas tant parce qu'ils avaient été le temple de Dieu par la grâce, que parce qu'ils devaient le devenir d'une manière bien plus parfaite dans la gloire.

Si maintenant nous nous souvenons du canon déjà énoncé plus haut que, dans l'ancien Patriarche Joseph, il nous faut reconnaître une figure du nouveau Joseph, Epoux de Marie, nous pourrons voir dans ce fait un trait frappant de la singulière Providence de Dieu envers la dépouille mortelle de celui qu'il avait voulu élever à la haute dignité de Père putatif de son Fils incarné.

Car si les descendants de l'ancien Joseph furent poussés par un sentiment de piété à transporter religieusement ses ossements vénérables dans la terre promise, un sentiment de piété pareil n'a pu manquer d'exciter le divin Sauveur à faire sortir du sépulcre la charpente osseuse du très saint et très pur époux de sa Mère, pour l'introduire bientôt après, impassible, immortel, subtil et rayonnant de gloire, avec lui dans le ciel.

Ce que nous venons de dire de la glorieuse résurrection corporelle du saint Patriarche nous invite à tirer la conclusion qui se dégage de tout ce que nous avons exposé au sujet de ses admirables perfections, conclusion qui n'est autre que celle que nous avons énoncée plus haut, quand nous parlions de sa prédestination. La seule différence est que nous considérions alors la gloire du Saint telle que Dieu l'avait, dans sa sagesse, décrétée de toute éternité; maintenant, nous la considérons telle qu'elle résulte des insignes mérites que lui ont valu ses vertus et ses souffrances.

Saint Joseph surpasse en gloire tous les Saints et tous les Anges

En effet, la gloire de la patrie n'est autre chose que la grâce consommée de cette vie, grâce qui nous est donnée gratuitement par Dieu, mais que nous pouvons augmenter en nous par notre correspondance et l'exercice constant des vertus de notre état.

Le Seigneur ayant donc, de toute éternité, prédestiné saint Joseph à la dignité d'époux de Marie et de Père putatif de Jésus, dignité qui, dans son estime, le plaçait d'emblée au-dessus de toutes les créatures, lui accorda, nous l'avons vu, de remplir sa mission avec toute la perfection possible, l'élevant en grâce de degré en degré, jusqu'à ce qu'il atteignît la somme de mérites, fixée dans les décrets divins, et qui lui donnât droit à la couronne céleste qui lui était destinée. Saint Joseph, dans l'ordre de l'exécution, accomplit parfaitement tout ce qui avait été décrété par Dieu dans cet ordre d'idées. De cette manière, la place unique qu'il occupe dans le ciel est en même temps un don gratuit de Dieu et le fruit de ses propres mérites.

Source : Livres-mystiques.com
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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 8 Sep - 21:48

CHAPITRE VIII - RÉSURRECTION ET GLOIRE DE SAINT JOSEPH

Saint Joseph surpasse en gloire tous les Saints et tous les Anges


Cette conclusion ne pourra faire aucune difficulté, si l'on considère comment personne, excepté la très sainte Vierge, ne s'est approchée plus près de Jésus-Christ, source et distributeur de toutes les grâces, que le saint Patriarche Joseph, dont il a voulu être considéré comme le fils, non seulement par les hommes, mais par Dieu lui-même et auquel furent confiés, par rapport au Verbe incarné, les droits et les offices de Père, non pour ce qui regarde la génération temporelle, mais pour un ordre de choses bien plus élevé. 

On peut donc affirmer, en toute sûreté, que la primauté de saint Joseph sur tous les bienheureux, excepté Marie, est une vérité correspondant au sentiment de l'Eglise Catholique.

Cette même vérité trouve sa confirmation dans l'affinité qui existe entre Joseph et Marie. Généralement parlant, l'épouse suit la condition de son mari et non pas le mari la condition de l'épouse; mais quand une épouse est ornée d'une très haute dignité, c'est le contraire qui a lieu : le mari alors participe, autant qu'il est possible, à la condition de son épouse, selon le vieil adage : « Celui qui se marie avec une reine, devient par conséquent roi. » 

Or, d'un côté, un vrai mariage exista entre Marie et saint Joseph; d'un autre, la Mère de Dieu est reconnue, par toute l'Eglise, comme surpassant en gloire tous les Anges et tous les Saints. Il est donc juste de revendiquer, pour le saint Patriarche, la première place dans le ciel après Marie.

 « Je ne crois pas qu'il soit téméraire, ni improbable, dit Suarez, mais au contraire c'est une chose pieuse et vraisemblable de penser que saint Joseph surpasse tous les autres Saints en grâce et en béatitude; car il n'y a rien dans l'Ecriture, et je ne trouve rien dans les Pères, qui s'oppose à cette opinion. »

Ajoutons que saint Joseph a été solennellement déclaré le Patron de l'Eglise catholique, c'est-à-dire de l'Eglise universelle; en d'autres termes, non pas seulement de l'Eglise militante, mais aussi de l'Eglise triomphante, qui comprend tous les Bienheureux, qu'ils soient hommes ou anges. Or, un patron est toujours supérieur à ceux sur qui il exerce son patronage. Il faut donc reconnaître, dans le saint Patriarche, une supériorité sur tous les élus, en exceptant toutefois la très sainte Vierge, son Epouse; et cette supériorité se mesure par la gloire dont il jouit au ciel.

Il ne faudrait pas cependant conclure de cela que, de même que nous invoquons la Bienheureuse Vierge Marie, Reine de tous les Anges et de tous les Saints, nous puissions également appeler saint Joseph Roi de tous les Anges et de tous les Saints, cette manière de parler n'étant pas admise dans l'Eglise. Car il y a entre la sainte Vierge et saint Joseph cette différence, que Marie, à cause de la divine maternité est placée dans un ordre à part, ce qui ne peut se dire du saint Patriarche; aussi ce titre : Roi de tous les Saints, d'un commun consentement, est réservé à Jésus-Christ.

Joie de saint Joseph dans le ciel

Un des principaux effets de la charité, même dès cette vie, est la joie, une joie spirituelle, une joie qui remplit le cœur de suavité et l'élève bien au-dessus des choses de ce monde. Mais quand la charité est consommée dans le ciel, alors cette joie est pleine et entière, sans ombre de tristesse ou de crainte. C'est de cette joie que parlait Jésus-Christ, quand il disait: « Que ma joie soit en vous, et que votre joie soit pleine. » Or, c'est bien de cette joie qu'est remplie, au ciel, l'âme du glorieux Patriarche.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyJeu 9 Sep - 21:58

CHAPITRE VIII - RÉSURRECTION ET GLOIRE DE SAINT JOSEPH

Joie de saint Joseph dans le ciel


La joie dont nous parlons ne peut être pleine, que quand il ne reste plus rien à désirer. Or, tant que nous sommes en ce bas monde, observe saint Thomas, nous avons toujours quelque désir, puisque nous ne nous rapprochons de Dieu, source de tout bien, que par degré; mais quand nous arriverons à la béatitude parfaite, aucun désir n'agitera plus notre âme.

Et alors nous éprouverons une joie pleine et entière; une joie plus grande que celle que nous aurions jamais pu désirer; aussi ce n'est pas tant la joie qui entre dans l'âme des Bienheureux, que l'âme des Bienheureux qui entre dans cette joie, comme il est dit : « Entre dans la joie de ton Seigneur. »

Rien n'est plus agréable que de contempler la joie de saint Joseph dans le ciel, joie proportionnée au sublime degré de gloire qu'il possède en compagnie de sa chaste Epouse.

« Il ne faut pas douter, écrit saint Bernardin de Sienne que Jésus-Christ, vivant sur la terre, n'ait montré envers saint Joseph, des marques de familiarité, de respect et d'estime très hautes, telles qu'un fils les doit à son père, et qu'au ciel encore il ne les lui refuse pas; au contraire, il les complète et les consomme.

C'est pourquoi il est dit : Entre dans la joie de ton Seigneur, pour nous faire entendre mystiquement que non seulement cette joie est en lui, mais qu'elle l'entoure et l'absorbe de toutes parts, le noyant comme dans un abîme infini.»

Ceci regarde la joie essentielle de saint Joseph, qui a sa raison d'être dans la vision béatifique; mais le saint Patriarche eut encore une autre source de joie accidentelle, provenant de la possession d'une splendide auréole qui orne son front virginal, l'auréole de la virginité. Mais d'abord, qu'est-ce qu'une auréole ?

Auréole des martyrs, des docteurs et des vierges

On appelle auréole une joie accidentelle, provenant, chez les Bienheureux, d'une victoire remportée par eux dans des circonstances spécialement difficiles. Le mot aureola est un diminutif de aurea.

L'aurea désigne la joie essentielle des Bienheureux, consistant dans la vision béatifique et correspondant à la couronne de vie promise à ceux qui auront combattu le bon combat.

L'auréole, au contraire, est décernée à certains Bienheureux, pour les récompenser de la victoire qu'ils ont remportée sur les ennemis du salut.

Or, ces ennemis sont de trois sortes : le monde, le démon et la chair, selon ce que dit saint Jean : « Tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, et concupiscence des yeux, et orgueil de la vie; et cela ne vient pas du Père, mais du monde. »

On distingue donc trois auréoles : celle des martyrs, correspondant à la victoire remportée sur le monde; celle des docteurs, décernée à ceux qui, par la prédication de la foi, s'efforcent d'évincer le démon du cœur des hommes; celle des Vierges qui, combattant vigoureusement contre la chair, ont réussi à la soumettre à l'esprit.

Voyons maintenant laquelle de ces auréoles appartient à saint Joseph.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyVen 10 Sep - 23:10

CHAPITRE VIII - RÉSURRECTION ET GLOIRE DE SAINT JOSEPH

L'auréole des martyrs ne convient pas à saint Joseph


D'abord, pour ce qui est de l'auréole des martyrs, quelques auteurs ont cru devoir l'attribuer au saint Patriarche, à cause des souffrances qu'il a endurées. Mais il semble plus exact de ne pas admettre cette opinion, car on ne lit pas que saint Joseph ait succombé à une mort violente, ayant, au contraire, été assisté, dans sa dernière maladie, par Jésus et Marie. On ne peut donc pas dire qu'il ait été martyr dans le sens propre du mot.

Il ne faudrait pas non plus lui attribuer ce genre de martyre que l'on nomme imparfait, et qui consiste en ceci, qu'un homme ait souffert des tourments suffisants en eux-mêmes à lui donner la mort, bien que celle-ci, par une disposition spéciale de la Providence, n'ait pas lieu.

C'est ainsi que 1'Eglise honore comme martyrs, mais sine sanguine, c'est-à-dire imparfaitement, saint Jean l'Evangéliste, saint Eusèbe, saint Marcel, etc. Nous ne lisons pas, en effet, que saint Joseph ait dû subir des tourments tels qu'ils auraient dû amener sa mort.

Si donc saint Joseph est quelquefois appelé martyr, ceci ne doit pas s'entendre dans le sens propre du mot, mais au figuré, de la même manière que nous appelons Marie, la Reine des Martyrs ; car, de même que sa sainte Epouse, il eut le cœur transpercé du glaive de la douleur.

« Pour parler de la palme du martyre selon la coutume de l'Eglise militante, dit Isidore de Isolanis, on ne peut ni penser ni prêcher de saint Joseph qu'il fut martyr ; mais si nous parlons de son mérite devant Dieu, nous ne doutons pas que la couronne du martyre ne lui appartienne. »

Pour préciser, davantage ce que nous venons d'expliquer, nous dirons que saint Joseph, comme la très sainte Vierge, ne fut pas martyr dans le sens propre du mot, soit qu'on parle du martyre parfait ou du martyre imparfait; il le fut cependant dans le sens impropre ou figuré, ce qui veut dire que, avec sa sainte Epouse, il a souffert plus que tous les autres Saints.

L'auréole des Docteurs ne convient pas à saint Joseph

Si l'on ne peut reconnaître à saint Joseph l'auréole des martyrs, peut-on dire que celle des docteurs lui appartient ?

Plusieurs écrivains, tels que Bernardin de Busto et Isidore de Isolerais, l'ont pensé. Leur raisonnement est que le saint Patriarche a travaillé à arracher l'erreur du cœur des hommes, pour y implanter la bonne racine de la vérité quand, par exemple, il annonça l'excellence du Christ aux pasteurs et aux Mages et qu'il proclama en Égypte la fausseté des idoles. Ceci, pourtant, ne suffit pas.

D'abord, il n'appert pas, d'après les saintes Ecritures, que saint Joseph ait ainsi prêché la vérité de la mission de Jésus-Christ.

Même si l'on admet, ce qui est à croire, qu'il n'ait pas perdu une occasion de faire connaître aux hommes le mystère de l'Incarnation, il ne le fit pas d'office, ex professo, comme les Apôtres ou les Docteurs de l'Eglise qui, par leurs prédications et leurs écrits, sont considérés comme les hérauts de l'Evangile.

Sa mission n'était pas de prêcher Jésus-Christ; d'ailleurs, le temps n'était pas encore venu où la doctrine du royaume des cieux dût être prêchée par les Apôtres aux Juifs et aux Gentils.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 12 Sep - 0:05

CHAPITRE VIII - RÉSURRECTION ET GLOIRE DE SAINT JOSEPH

L'auréole des Docteurs ne convient pas à saint Joseph


D'abord, il n'appert pas, d'après les saintes Ecritures, que saint Joseph ait ainsi prêché la vérité de la mission de Jésus-Christ.

Même si l'on admet, ce qui est à croire, qu'il n'ait pas perdu une occasion de faire connaître aux hommes le mystère de l'Incarnation, il ne le fit pas d'office, ex professo, comme les Apôtres ou les Docteurs de l'Eglise qui, par leurs prédications et leurs écrits, sont considérés comme les hérauts de l'Evangile. Sa mission n'était pas de prêcher Jésus-Christ; d'ailleurs, le temps n'était pas encore venu où la doctrine du royaume des cieux dût être prêchée par les Apôtres aux Juifs et aux Gentils.

Qu'on ne dise pas que si saint Joseph n'a pas formellement annoncé le Christ par la parole, il l'a cependant prêché par l'exemple, montrant aux hommes, par sa vie vertueuse, ce que peut faire, dans les âmes, la doctrine du Sauveur.

En effet, si cela était suffisant pour assurer à un homme l'auréole de docteur, il faudrait également donner ce titre à tous les chrétiens de sainte vie, ce qui est contraire au sens de l'Eglise.

Saint Joseph possède au ciel l'auréole de la virginité

Mais, si nous ne pouvons admettre, dans saint Joseph, l'auréole du martyre ni celle du doctorat, il faut, sans aucun doute, lui reconnaître celle de la virginité, et cela dans un degré très élevé.

Car la théologie nous enseigne que non seulement le saint Patriarche est demeuré vierge toute sa vie, mais aussi qu'il a, de même que sa sainte Epouse, consacré à Dieu, par un vœu irrévocable, le propos qu'il avait formé de s'abstenir de toute action qui pût porter offense à cette belle vertu, qu'il pratiqua dans toute sa perfection.

Car la virginité est déjà en elle-même une vertu morale; mais elle n'est parfaite, que si elle est accompagnée d'un vœu. Ce vœu, saint Joseph a été, parmi les hommes, le premier pour l'avoir formulé; il le fit, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, au milieu d'un peuple aux aspirations terrestres, et avec la seule intention de servir Dieu plus librement et plus fidèlement.

Aussi, digne compagnon et gardien de Jésus, qui fait paître son troupeau parmi les lis et s'avance entouré de vierges, saint Joseph se distingue-t-il maintenant dans le ciel par la splendide auréole dont est ceint son front virginal.

Saint Joseph élevé dans les cieux, au-dessus de tous les Anges et de tous les Saints

Ces considérations sur la gloire ineffable de saint Joseph, sur la joie dont son âme est remplie, sur l'auréole de virginité qui orne son front, confirment ce que nous avons dit au commencement de cet ouvrage, de la primauté du saint Patriarche sur tous les Anges et sur tous les Saints, primauté proclamée solennellement par, le glorieux Pape Pie IX : « En raison de la sublime dignité que Dieu avait conférée à son très fidèle serviteur le bienheureux saint Joseph, dit-il, l'Eglise l'a toujours honoré et loué après la Vierge Marie, son Epouse. »

On pourrait peut-être objecter, contre ce que nous avons dit de la prééminence, dans l'ordre de la gloire, de saint Joseph sur tous les Anges et les Bienheureux, la disposition que nous trouvons dans les litanies des Saints, où son nom est mentionné non seulement après celui des Anges, mais aussi après celui de saint Jean-Baptiste.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 12 Sep - 22:30

Saint Joseph élevé dans les cieux, au-dessus de tous les Anges et de tous les Saints

Mais il faut observer que ces litanies représentent non point l'ordre de la hiérarchie céleste, mais celui de la hiérarchie ecclésiastique, dans lequel les esprits bienheureux et le Précurseur sont placés avant tous les autres Saints, comme formant des ordres spéciaux, quoi qu'il en soit de la sainteté et de la gloire de chacun d'eux, connue de Dieu seul, et en raison de laquelle les hommes, bien que d'une nature inférieure, peuvent surpasser, dans la gloire, les esprits bienheureux eux-mêmes. On se tromperait donc, si l'on voulait voir, dans l'ordre où les Saints sont nommés, une règle sûre pour connaître leur place en paradis.

D'ailleurs, saint Joseph, soit dans ces mêmes litanies, soit dans la Collecte pour demander les suffrages des Saints, est placé avant les Apôtres eux-mêmes, lesquels cependant, nous dit saint Paul, auront le privilège de juger les Anges, bien que, dans les litanies, leurs noms soient récités après ceux des Anges. Dans les anciens Rituels, aux litanies composées pour obtenir aux malades la grâce d'une bonne mort, le nom de saint Joseph se trouve placé après celui de saint Jean-Baptiste et avant ceux des Apôtres. C'est sous le pontificat de Clément XI que cet usage s'est introduit pour les litanies générales des Saints.

De ce que la primauté de saint Joseph dans la gloire a été, dans ces derniers temps, universellement reconnue, il ne faudrait pas trop se hâter de vouloir introduire des modifications dans ces parties de la liturgie qui ont été rédigées à une époque où le culte du saint Patriarche n'était pas encore développé, ni sa primauté sur tous les Bienheureux ouvertement reconnue.

Car l'Eglise, procède avec une sage lenteur. C'est ainsi que, lorsque de pieux clients du saint Patriarche demandèrent à la Sacrée Congrégation des Rites, en 1869, que son nom fût placé, dans les litanies, avant celui de saint Jean-Baptiste, cette demande ne fut pas accordée. La même Congrégation rejeta la pétition qui lui avait été présentée, d'introduire, dans l'Ordinaire de la Messe, c'est-à-dire, au Confiteor, au Suscipe sancta Trinitas et au Canon, le nom de saint Joseph après celui de la très sainte Vierge.

Toutefois, ces refus ne veulent pas dire que l'Eglise hésite à reconnaître la primauté du saint Patriarche sur toute la cour céleste ; mais seulement qu'elle procède avec lenteur, quand il s'agit de changer les dispositions de la liturgie. Ceci toutefois n'empêche pas d'espérer qu'un jour viendra où les modifications indiquées seront officiellement adoptées. Mais c'est à l'Eglise, dont l'Esprit Saint guide les destinées, de fixer le temps le plus opportun pour ces sortes d'innovations.

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

INTRODUCTION


Après avoir considéré saint Joseph dans ses relations avec le mystère de l'Incarnation et dans ses perfections et grandeurs personnelles, il nous reste à parler de ses rapports avec l'Eglise catholique, rapports de vigilance et de protection, d'une part; rapports de reconnaissance et de culte, d'autre part.

Car, du fait que saint Joseph fut prédestiné pour être le gardien de la virginité de Marie et de la vie temporelle du Fils de Dieu fait homme, il résulte qu'il commença, dès son mariage avec la très sainte Vierge, à exercer son patronage sur la sainte Famille, qui, à son tour, eut pour lui les sentiments d'amour et de vénération que peuvent avoir la meilleure des épouses envers son époux très cher et le meilleur des fils envers son père bien-aimé.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 13 Sep - 22:34

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

INTRODUCTION


Mais l'Eglise catholique est elle-même instituée et comme calquée sur le modèle de la sainte Famille dont elle est, pour ainsi dire, la continuation et le développement naturel.

Les caractéristiques qui la distinguent, la subordination hiérarchique, la dérivation des grâces d'un même principe vital, le magistère doctrinal, le courant ininterrompu de vie spirituelle, l'échange de sentiments de charité entre le chef et les membres, tout cela se trouvait en principe dans la sainte Famille de Nazareth, envers laquelle saint Joseph déploya toutes les ressources de son patronage.

D'autre part, Jésus et Marie connaissant toute la perfection de saint Joseph, ne cessèrent de lui prodiguer les marques de leur reconnaissance et de leur vénération.

Ce qui est dit de l'ancien Joseph, qu'il vit en songe le soleil et la Lune s'inclinant pour l'adorer], s'applique très bien à Jésus, le soleil de justice, sol justitiae, et à Marie qui est belle comme la lune, pulchra ut fana; tous deux offrant leurs hom­mages au saint Patriarche et se laissant guider et protéger par lui.

Ordre à suivre dans cette partie

Ce double objet de notre considération, ce que fit saint Joseph pour protéger et défendre la sainte Famille, et ce que fit la sainte Famille pour montrer à saint Joseph sa reconnaissance et ses hommages, nous ouvre la voie pour traiter des relations du saint Patriarche avec l'Eglise catholique, relations qui se réduisent à deux chefs très distincts : en premier lieu, le patronage de saint Joseph sur l'Eglise catholique ; en second lieu, le culte dû par l'Eglise catholique au glorieux saint Joseph.

Avertissement

Nous examinerons donc, en deux articles distincts, ce double aspect des relations qui existent entre saint Joseph et l'Eglise catholique. Mais, auparavant, nous devons de nouveau inculquer ce que nous avons dit plus haut des écueils à éviter, en traitant un sujet si délicat.

D'un côté, rien ne doit s'avancer qui ne soit appuyé sur les solides principes de la tradition et de la théologie, car saint Joseph n'a pas besoin de notre mensonge, lui qui possède de si grands privilèges ; d'un autre, sa grandeur dans le ciel et son influence sur le cœur de son Fils sont si grandes, qu'il ne faut pas trop s'étonner des titres d'honneur que l'Eglise lui reconnaît et du culte, particulier qu'elle lui consacre.

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH

Saint Joseph notre Corédempteur et médiateur


Au sommet des relations qui rattachent saint Joseph à l'Eglise catholique, il nous faudrait placer la part que le saint Patriarche a eue dans l'accomplissement du Mystère de l'Incarnation et de la Rédemption.

Car, saint Joseph est sous ce rapport, bien que d'une manière plus limitée, ce qu'est sa très sainte Epouse.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMar 14 Sep - 22:05

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH

Saint Joseph notre Corédempteur et médiateur


Jésus-Christ se rattache au genre humain à deux titres : au titre de Rédempteur, pour avoir payé le prix de notre rançon, et à celui de Médiateur entre Dieu et nous, entre le ciel et la terre. Marie également appartient au genre humain, et comme Corédemptrice, et comme médiatrice auprès de son divin Fils.

La même chose doit se dire, toutes proportions gardées, du saint Patriarche Joseph. Il est, bien mieux que tout autre Saint, notre Corédempteur, puisqu'il a gardé, avec un soin jaloux, au péril de sa vie, la grande victime du sacrifice; il est notre médiateur auprès de Jésus et de Marie, puisqu'il a, par son action très efficace, coopéré ministériellement à notre réconciliation avec Dieu.

Mais ces offices d'un caractère plus général, nous les avons déjà expliqués dans la première partie de cet ouvrage, lorsque nous parlions des relations du saint Patriarche avec Marie et Jésus.

C'est pourquoi nous nous limiterons ici à parler de l'office de patron, qui est une extension des offices de corédempteur et de médiateur, office qu'il exerce sur chacun des individus de la race humaine, pour peu qu'ils choisissent de se placer librement sous son patronage. Mais, d'abord, qu'est-ce que l'on entend par patronage ?

Ce que représente l'idée de patronage

Les relations qui nous rattachent à saint Joseph, en tant que le saint Patriarche déverse sur chacun de ses dévots clients les trésors de ses bienfaits, sont comprises, avons-nous dit, dans ce que nous appelons le patronage, mot dérivé du latin patronus, dont l'office est de protéger quelqu'un dans le péril, comme tenant, pour ainsi dire, la place de son père.

C'est pourquoi il appartient à un patron de défendre son client en jugement, de lui suggérer, au besoin, les moyens de revendiquer son droit, de le visiter dans ses difficultés, de diriger ses affaires, de prendre sa cause en mains, comme si c'était sa propre cause.

On se sert parfois de plusieurs noms pour désigner un patron : on l'appelle avocat, procureur, orateur, conseiller, intercesseur, selon qu'il est appelé à exercer l'un ou l'autre des devoirs ou offices inhérents à sa qualité.

Nous exposerons ici ces différents offices, que remplit envers nous le saint Patriarche : d'abord, celui de défenseur né de ses clients ; en second lieu, celui d'intercesseur pour eux auprès du trône de la Divine Miséricorde; en troisième lieu, celui de protecteur dans leurs entreprises temporelles.

Comme on le voit, le fait du patronage de saint Joseph à notre égard est une vérité de souveraine importance, étant ordonné par Dieu comme moyen très efficace pour procurer notre salut.

Il nous conviendra donc de rechercher, d'abord, si l'Ancien Testament ne nous fournit pas quelques figures de cet attribut du glorieux Patriarche, car nous voyons que, en règle générale, les grands événements de la Loi nouvelle, ont été annoncés, dans l'ancienne Loi, par quelques figures spéciales.

Source : Livres-mystiques.com
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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 15 Sep - 22:03

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH


Le Patronage de saint Joseph, annoncé par trois des figures de l'Ancien Testament

En réalité, on peut voir dans l'histoire de l'ancien Patriarche Joseph, là où il est dit qu'après avoir expliqué les songes de Pharaon, il fut soudainement élevé à la première place après le roi, une annonce prophétique de l'office de patron que saint Joseph devait exercer sur les hommes rachetés par le sang de Jésus-Christ.

Les paroles du texte sacré méritent d'être citées ici. Pharaon s'adressa ainsi à Joseph : « Tu auras l'autorité sur ma maison, et à ta parole tout le peuple obéira ; et c'est par le trône royal seulement que j'aurai sur toi la préséance.

Le Pharaon dit encore à Joseph : Voici que je t'établis sur toute la terre d'Egypte. Et il ôta l'anneau de sa main et le mit à la main de Joseph; il le revêtit aussi d'une robe de fin lin, et lui mit au cou un collier d'or.

Il le fit monter sur son second char, un héraut criant que tout le monde devait fléchir le genou devant lui, et que tous devaient reconnaître qu'il avait été établi sur toute la terre d'Egypte. Le roi dit encore à Joseph : Moi, je suis le Pharaon; mais, sans ton commandement, nul ne remuera la main ou le pied dans toute la terre d'Egypte.

Et il changea son nom, l'appelant, en langue égyptienne, le Sauveur du monde. Il lui donna pour épouse Aséneth, fille de Putiphar, prêtre d'Héliopolis. »

C'est donc en raison de la sagesse avec laquelle l'ancien Joseph avait expliqué les songes énigmatiques de Pharaon, que, délivré des ténèbres de la prison, il fut couronné de gloire et d'honneur.

Son habit sordide fut remplacé par une tunique de fin lin et ses fers par un collier d'or, auquel le roi ajouta son propre anneau. À son état d'abjection succède une pompe et une puissance sans limites, et le roi lui confie le soin de gouverner son peuple, changeant son nom en celui de Sauveur du monde.

Semblablement, le nouveau Joseph, en raison de la charité qui l'enflammait, à laquelle correspond le don de sagesse, fut revêtu par Dieu d'un manteau de gloire.

Il reçut dans l'Eglise une puissance souveraine, avec le soin de pourvoir aux besoins des fidèles. Aussi voyons-nous vérifiée en lui la prophétie de Jacob : « Je te donne une part outre celle qui te revient comme à tes frères », comme s'il disait, explique Denys le Chartreux « à cause de tes insignes vertus, et pour les bienfaits que tu m'as faits à moi et aux miens au temps de la famine, je te confie, à toi, plutôt qu'à tes frères, comme don spécial, un héritage... en signe de l'affection spéciale que j'ai pour toi ».

En réalité, la joie accidentelle que saint Joseph ressent en raison du Patronage qui lui a été confié dans l'Eglise universelle, pour n'être qu'une très petite chose, par rapport à sa gloire essentielle, n'en est pas moins un signe du grand amour que Jésus-Christ eut pour lui.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptySam 18 Sep - 8:58

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE
 
CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH
 
Le Patronage de saint Joseph, annoncé par trois des figures de l'Ancien Testament

 
En réalité, on peut voir dans l'histoire de l'ancien Patriarche Joseph, là où il est dit qu'après avoir expliqué les songes de Pharaon, il fut soudainement élevé à la première place après le roi, une annonce prophétique de l'office de patron que saint Joseph devait exercer sur les hommes rachetés par le sang de Jésus-Christ.
 
Les paroles du texte sacré méritent d'être citées ici. Pharaon s'adressa ainsi à Joseph : « Tu auras l'autorité sur ma maison, et à ta parole tout le peuple obéira ; et c'est par le trône royal seulement que j'aurai sur toi la préséance.
 
Le Pharaon dit encore à Joseph : Voici que je t'établis sur toute la terre d'Egypte. Et il ôta l'anneau de sa main et le mit à la main de Joseph; il le revêtit aussi d'une robe de fin lin, et lui mit au cou un collier d'or.
 
Il le fit monter sur son second char, un héraut criant que tout le monde devait fléchir le genou devant lui, et que tous devaient reconnaître qu'il avait été établi sur toute la terre d'Egypte. Le roi dit encore à Joseph : Moi, je suis le Pharaon; mais, sans ton commandement, nul ne remuera la main ou le pied dans toute la terre d'Egypte.
 
Et il changea son nom, l'appelant, en langue égyptienne, le Sauveur du monde. Il lui donna pour épouse Aséneth, fille de Putiphar, prêtre d'Héliopolis. »
 
C'est donc en raison de la sagesse avec laquelle l'ancien Joseph avait expliqué les songes énigmatiques de Pharaon, que, délivré des ténèbres de la prison, il fut couronné de gloire et d'honneur.
 
Son habit sordide fut remplacé par une tunique de fin lin et ses fers par un collier d'or, auquel le roi ajouta son propre anneau. À son état d'abjection succède une pompe et une puissance sans limites, et le roi lui confie le soin de gouverner son peuple, changeant son nom en celui de Sauveur du monde.
 
Semblablement, le nouveau Joseph, en raison de la charité qui l'enflammait, à laquelle correspond le don de sagesse, fut revêtu par Dieu d'un manteau de gloire. Il reçut dans l'Eglise une puissance souveraine, avec le soin de pourvoir aux besoins des fidèles.
 
Aussi voyons-nous vérifiée en lui la prophétie de Jacob : « Je te donne une part outre celle qui te revient comme à tes frères », comme s'il disait, explique Denys le Chartreux, « à cause de tes insignes vertus, et pour les bienfaits que tu m'as faits à moi et aux miens au temps de la famine, je te confie, à toi, plutôt qu'à tes frères, comme don spécial, un héritage... en signe de l'affection spéciale que j'ai pour toi ».
 
En réalité, la joie accidentelle que saint Joseph ressent en raison du Patronage qui lui a été confié dans l'Eglise universelle, pour n'être qu'une très petite chose, par rapport à sa gloire essentielle, n'en est pas moins un signe du grand amour que Jésus-Christ eut pour lui.
 
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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 19 Sep - 7:49

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH

Déclaration de l'Eglise


Nous avons dit que ce patronage a été confié à saint Joseph par Jésus-Christ lui-même. En effet, l'Eglise, par sa déclaration, n'a fait que reconnaître solennellement ce que Dieu avait établi de toute éternité.

Cette déclaration se trouve dans le Décret de Pie IX, du 8 décembre 1870, dans lequel on lit les paroles suivantes : « De même que Dieu avait établi l'ancien Joseph, fils du patriarche Jacob, gouverneur de toute la terre d'Egypte, afin qu'il conservât le froment pour le peuple, de même aussi, quand la plénitude des temps fut venue, où il devait envoyer sur la terre son fils unique, le Sauveur du monde, il choisit un autre Joseph, dont le premier avait été la figure, pour l'établir Seigneur et Prince de sa maison et de ses possessions, et pour le faire le gardien de ses principaux trésors.

En effet, il eut pour Epouse l'Immaculée Vierge Marie, dont est né, par l'opération du Saint-Esprit, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, aux yeux des hommes, a daigné être considéré comme son fils et qui lui fut soumis. Celui que tant de rois et de prophètes avaient désiré voir, celui-là non seulement Joseph le vit, mais il conversa avec lui, il l'embrassa et le baisa avec une affection toute paternelle, lui que le peuple fidèle devait recevoir comme un pain descendu du ciel en vue d'obtenir la vie éternelle.

« L'Eglise, en raison de cette sublime dignité, que Dieu a accordée à son très fidèle serviteur, le Bienheureux Joseph, l'a toujours entouré, après sa sainte Epouse, la Vierge-Mère, d'un suprême honneur, accompagné de louanges, implorant son intervention dans les choses difficiles. Mais, comme dans ces temps de tristesse, l'Eglise elle-même, assaillie de tous côtés par ses ennemis, est opprimée de si graves calamités, que des hommes impies ont pensé que les portes de l'enfer prévaudraient enfin contre elle, les vénérables Prélats du monde catholique tout entier ont présenté au Souverain Pontife leur supplique et celle des fidèles confiés à leurs soins, pour obtenir que saint Joseph fût nommé Patron de l'Eglise catholique.

« De plus, les mêmes postulations et vœux ayant été réitérés avec plus d'insistance encore dans le saint Concile œcuménique du Vatican, notre très saint Père, le Seigneur Pie IX, Pape, ému par la triste condition des choses présentes, a décidé de satisfaire aux vœux des susdits prélats, afin de confier sa personne et tous les fidèles au très puissant patronage du saint Patriarche Joseph, et il l'a solennellement déclaré Patron de l'Eglise Catholique. »

A cette déclaration solennelle, Isidore de Isolanis avait déjà préludé quand il écrivait : « Joseph a porté l'image du Christ en figure, lui qui a été député à la garde de la sainte Eglise, qui n'a ni tache, ni ride. »

Universalité et efficacité du patronage de saint Joseph

Il ne faudrait pas croire, cependant, que le patronage de saint Joseph embrasse seulement les fidèles qui font actuellement partie de l'Eglise militante, les Saints qui sont au ciel n'ayant aucun besoin de son secours, et les âmes du Purgatoire étant directement soumises au tribunal de Dieu. D'un autre côté, dira-t-on les Anges bienheureux ne doivent rien au saint Patriarche.

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 19 Sep - 21:59

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH

Universalité et efficacité du patronage de saint Joseph


En réalité, les paroles de Pie IX, par lesquelles il a solennellement proclamé saint Joseph Patron de l'Eglise Catholique, ont une très grande signification, et ce n'est pas à nous d'en limiter la portée. En effet, comme saint Joseph est le véritable époux de Marie et le Père putatif de Jésus, il s'ensuit que son patronage s'étend à tous ceux qui doivent leur rachat au Christ et à sa Mère, puisqu'il a été le gardien de l'un et de l'autre. C'est pourquoi ce patronage s'étend à tous ceux qui participent, qui ont participé ou qui participeront à l'avenir aux fruits de la Rédemption.

Pour les fidèles qui militent encore sur cette terre, la chose n'offre aucune difficulté. Quant aux Saints qui sont dans les cieux, ceux-ci ne peuvent pas méconnaître les obligations qu'ils ont envers lui; aussi, du fait qu'ils ne peuvent plus pécher, ils ne cessent d'être ses clients; pour eux donc, saint Joseph est un patron d'honneur. D'autre part, les âmes qui sont en Purgatoire peuvent encore être aidées par lui et obtenir, par ses suffrages, une prompte délivrance de leurs tourments.

Nous pouvons encore aller plus loin. II serait inexact d'exclure de l'influence de ce patronage les Pères mêmes de l'Ancien Testament. Car c'est par le Christ qu'ils ont été sauvés, et par le Christ né d'une Vierge unie en mariage à Joseph, à ce même Joseph, qui a sauvé la vie du Sauveur, et qui n'a cessé de veiller sur elle. Les Anges eux-mêmes ne sont pas entièrement en dehors de l'influence du saint Patriarche. Car, s'ils n'ont pas reçu leur confirmation dans le bien par la grâce du Christ, la gloire dont ils jouissent ne leur a pas été décernée sans égard à celle du Sauveur, et conséquemment à celle de saint Joseph, puisque leur prédestination est inférieure en dignité à celle du saint Patriarche qui, par conséquent, est aussi, dans un certain sens, leur Patron.

D'autre part, de même que le patronage de saint Joseph s'étend à l'Eglise universelle, de même aussi son efficacité ne connaît pas de limites : aussi, quiconque s'adresse à lui peut-il être sûr d'être exaucé. Et c'est cette efficacité universelle qui marque la différence entre son patronage et le patronage des autres Saints.

D'ailleurs, l'exercice du patronage appartient aux œuvres de Miséricorde. Or, aucun patron, aucun avocat mortel ne peut prendre en main la cause de tous ceux qui auraient besoin de son appui.. Un patron ordinaire doit nécessairement se limiter dans le choix de ses clients ; et même, par rapport à ceux-ci, son appui est soumis à certaines restrictions : il ne peut subvenir à leurs besoins futurs, et quant aux nécessités présentes, il ne peut les secourir toutes. Saint Joseph, au contraire, embrasse, dans son souci paternel, tous ceux qui recourent à lui ; il les aide dans toutes leurs peines ; il va même jusqu'à ménager pour l'avenir des secours opportuns, comme le fait la très sainte Vierge elle-même, dont la bénignité, selon le beau mot de Dante ne secourt pas seulement ceux qui en font la demande, mais bien des fois prévient librement la demande elle-même.

Nous pouvons donc conclure ce que nous disons de l'universalité et de l'efficacité du patronage de saint Jo­seph, pax ces, mots de l'Ecclésiastique : « Personne n'est né sur la terre tel que... Joseph, qui est né pour être le prince de ses frères et l'appui de sa famille, le guide de ses frères et le soutien de sa race. »

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TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH

Belles paroles de Léon XIII


Nous ne pourrons mieux décrire la nature du patronage de saint Joseph, la place qu'il tient dans l'économie de la Rédemption et les bienfaits qui en dérivent dans l'Eglise, qu'en citant ici les belles et profondes paroles de Léon XIII dans sa célèbre Encyclique du 15 août 1889, Quanquam pluries. « Les raisons et les motifs spéciaux, dit-il, pour lesquels saint Joseph est nommément le patron de l'Eglise et qui font que l'Eglise espère beaucoup, en retour, de sa protection et de son patronage, sont que Joseph fut l'Epoux de Marie et qu'il fut réputé le Père de Jésus-Christ. De là ont découlé sa dignité, sa grâce, sa sainteté et sa gloire...

« De cette double dignité découlaient d'elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille, de telle sorte que Joseph était le gardien, l'administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine, à laquelle il était préposé. Il exerça de fait ces charges et ces fonctions pendant tout le cours de sa vie mortelle.

Il s'appliqua à protéger, avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne, son Epouse et le divin Enfant ; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l'un et à l'autre pour la nourriture et le vêtement ; il préserva de la mort l'Enfant menacé par la jalousie d'un roi, en lui procurant un refuge où il fût en sûreté ; dans les incommodités des voyages et les amertumes de l'exil, il fut constamment le compagnon, l'aide, le soutien et le consolateur de la Vierge et de Jésus.

« Or, la divine maison que Joseph gouverna, pour ainsi dire, avec l'autorité d'un père, contenait les prémices de l'Eglise naissante. De même que la très sainte Vierge est la Mère de Jésus-Christ, de même aussi est-elle la Mère de tous les chrétiens, qu'elle a enfantés, sur le mont du Calvaire, au milieu des souffrances suprêmes du Rédempteur ; Jésus-Christ, de son côté, est comme le premier-né des chrétiens, qui, par l'adoption et la rédemption, sont ses frères.

« Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des chrétiens qui compose l'Eglise, c'est-à-dire, cette immense famille répandue par toute la terre, sur laquelle, parce qu'il est l'Epoux de Marie et le Père de Jésus-Christ, il possède comme une autorité paternelle.

Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même qu'il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l'entourait saintement de sa protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l'Église de Jésus-Christ. »

Sur quelles personnes principalement s'exerce le patronage de saint Joseph

Bien que saint Joseph étende sur tous les fidèles qui s'adressent à lui son puissant patronage, néanmoins il y en a qui en ressentent tout particulièrement les bienfaits : ce sont les personnes dont l'état ou la condition leur donne une certaine ressemblance avec lui.

Ce sont d'abord tous ceux qui, désirant entretenir dans leurs cœurs l'esprit de ferveur, se consacrent tout entiers au service divin par la pratique des vœux de religion. Comme par un instinct naturel, ces âmes recourent avec confiance au saint Patriarche et reçoivent de lui des secours opportuns pour se maintenir dans l'esprit de leur sublime vocation.

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CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH

Sur quelles personnes principalement s'exerce le patronage de saint Joseph


Saint Joseph est aussi le patron spécial de ceux qui, sentant fortement en eux-mêmes les tentations de la chair, veulent néanmoins se maintenir chastes, pour plaire à Dieu et conserver la dévotion spirituelle, à laquelle le péché d'impureté fait une guerre à outrance. Ceux-ci trouvent également, dans le saint Patriarche, gardien et père des vierges, un appui très efficace dans leurs besoins spirituels.

Mais c'est surtout à l'heure de la mort que le Père putatif du Verbe incarné exerce son bienveillant patronage, lui qui fut assisté, à cette heure suprême, par, Jésus et Marie. Invoqué avec confiance, il ne manque pas de demander à Dieu, pour ses dévots clients, la grâce d'une bonne et sainte mort, grâce qui leur fasse surmonter les assauts de l'ennemi qui, à ce moment décisif, redouble de fureur pour jeter l'âme dans le désespoir.

C'est d'ailleurs la doctrine de Benoît XV qui dit[456] : « Saint Joseph est justement reconnu comme un secours très efficace pour les mourants, lui qui a été assisté, à la mort, par Jésus et Marie. »

Il ne faut donc pas nous étonner si le saint Patriarche est invoqué avec tant de confiance par les fidèles de toutes les conditions. Mais il n'est pas hors de propos de mentionner ici quelques-uns de ceux qui ont le plus contribué à promouvoir la dévotion envers ce grand Saint.

Saints et écrivains ecclésiastiques qui ont particulièrement contribué à promouvoir la dévotion envers saint Joseph

Citons, en premier lieu, le pieux et dévot Gerson, chancelier de l'université de Paris (1363-1429), qui dans ses écrits ne se lasse pas de célébrer l'efficacité du patronage de saint Joseph.

Comme clôture du célèbre sermon qu'il tint au Concile de Bâle sur la Nativité de la sainte Vierge, il proposa aux Pères assemblés que, pour obtenir enfin la paix dans l'Eglise, on eût recours à la puissante intercession du saint Patriarche, joignant à cette proposition le vœu qu'une fête spéciale fût instituée en son honneur. Déjà, observe Gerson, quand on ajouta l'octave à la fête de la nativité de Marie, la paix fut raffermie par l'intercession de la Vierge : aussi lit-on dans la Collecte de cette fête : « Que la solennité votive de sa nativité nous accorde une augmentation de paix. »

De même pouvait-on espérer, par l'intercession d'un Patron si puissant auprès de la Vierge, que le Souverain Pontife ayant été redonné à sa ville de Rome après le long exil d'Avignon, la sainte Eglise serait enfin rendue à son unique, véritable et certain Epoux, le Pape, le Vicaire de Jésus-Christ.

Après Gerson, il nous faut mentionner sainte Thérèse de Jésus, qui affirme éloquemment toute sa dette de reconnaissance envers ce grand Saint, soit pour l'avoir tirée de bien des difficultés, soit pour l'avoir aidée dans la réforme de son Ordre. Les paroles de la grande mystique sont trop éloquentes, pour que nous omettions de les citer ici.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 22 Sep - 22:52

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH
Saints et écrivains ecclésiastiques qui ont particulièrement contribué à promouvoir la dévotion envers saint Joseph


« J'ai pris pour mon avocat et protecteur, écrit-elle, le glorieux saint Joseph, auquel je me suis recommandée de tout mon cœur; et j'ai vu depuis clairement que ce Père et Seigneur m'a délivrée, mieux que je n'aurais su le lui demander, non seulement de cette difficulté où je me trouvais, mais encore d'autres plus grandes, d'honneur et de perte d'âme.

Je ne me rappelle pas que je lui aie demandé jusqu'ici aucune chose qu'il ait omis d'accorder. C'est quelque chose d'étonnant, que les grandes grâces obtenues de Dieu par l'intercession de ce charitable Saint, et la multitude de dangers d'âme et de corps dont il m'a délivrée.

Aux autres Saints il semble que le Seigneur ait accordé la grâce de nous secourir dans une seule nécessité particulière; mais à ce glorieux Saint il a accordé, selon que je l'ai éprouvé moi-même, de nous secourir dans toutes les nécessités ; et le Seigneur veut nous faire connaître que, après lui avoir été soumis sur la terre (puisqu'en portant le nom de père et en étant son gouverneur, Joseph pouvait lui commander), ainsi, continue-t-il encore dans le ciel, à exaucer toutes les demandes que lui fait le saint Patriarche. »

Rien d'étonnant que, précisément à cause de sa tendre dévotion envers saint Joseph, cette vierge sage et forte ait été choisie par Dieu pour propager, en Occident, le culte envers le saint Patriarche : chose qui rentrait d'ailleurs parfaitement dans les attributions de l'Ordre des Carmes auquel elle appartenait, puisque cet Ordre, dès l'origine de ses lointaines traditions, a toujours nourri, envers l'Epoux de Marie, une dévotion toute spéciale.

Parmi les écrivains qui ont le plus contribué à faire connaître l'efficacité du patronage du glorieux Patriarche, il faut mentionner le célèbre évêque de Meaux, Bossuet, dont les panégyriques en l'honneur du gardien de Jésus et de Marie demeureront longtemps les plus beaux chefs-d'œuvre de ce genre. C'est à lui que l'on doit d'avoir si bien plaidé la cause du patronage de saint Joseph, que le roi de France consentit à reconnaître sa fête comme chômée, ou d'obligation, dans tout le royaume.

Mais nous n'en finirions pas, si nous voulions énumérer tous les ouvriers dont se servit la Providence pour développer, au sein du peuple chrétien, le culte envers le trône de la Divine Miséricorde, car c'est surtout par les prières qu'il offre pour nous, qu'il déploie les merveilles de son bienfaisant patronage.

Puissance d'intercession de saint Joseph le glorieux Patriarche.

Contre l'hérétique Vigilance, qui prétendait que les justes peuvent prier les uns pour les autres tant qu'ils vivent sur la terre, mais non pas après leur mort, et pareillement contre les Réformateurs du XVIe siècle, luthériens et calvinistes, qui osèrent affirmer que non seulement il est inutile d'invoquer les Saints, mais aussi qu'une telle action est injurieuse au Christ, l'Eglise Catholique enseigne que les Saints, qui règnent avec Jésus-Christ dans le ciel, offrent à Dieu leurs prières pour nous, et que, par conséquent, c'est une impiété de nier qu'ils prient Dieu pour nous, même individuellement.

Car, comme toute l'efficacité de leurs prières dérive des mérites de Jésus-Christ, il s'ensuit que cet acte ne lui est nullement injurieux; tout au contraire, il sert à rehausser considérablement la vertu de sa passion; d'ailleurs, aucune œuvre ne porte mieux empreinte sur elle-même le caractère de la divinité, que la coopération au salut des hommes.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyLun 4 Oct - 22:52

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH
Puissance d'intercession de saint Joseph


Pour être complet, il nous faut ajouter que les Saints, dans le ciel, ne se contentent pas de prier en invoquant les mérites qu'ils ont acquis en cette vie, ou seulement par cet acte d'intense amour pour Dieu que la vision béatifique excite en eux. Ils prient par un acte formel de supplication, offrant à Dieu, d'une manière détaillée, les vœux et les postulations qu'ils forment pour nous, la prière n'étant autre chose que l'humble exhibition de la propre volonté, afin que Dieu daigne combler nos désirs.

À la lumière de cette consolante doctrine, on ne peut douter que saint Joseph n'offre pour nous, au trône de Dieu, ses prières et ses supplications, et cela avec une efficacité supérieure à celle de tous les Saints, si l'on excepte la Vierge Marie. Car, dit saint Thomas, plus est grande la charité des Saints dans la patrie, plus ils prient pour nous qui avons besoin de leur secours; et plus ils sont près de Dieu, plus leurs prières sont efficaces.

Or, saint Joseph surpasse au ciel tous les Saints; aucun, après Marie, ne s'approche autant que lui de la divinité; il prie donc pour nous avec plus de ferveur et d'efficacité que tous les autres Saints du Paradis. Aussi, peut-on lui appliquer, éminemment, ce bel éloge du prophète Jérémie, que nous lisons dans le deuxième livre des Macchabées : « Voici l'ami de ses frères et du peuple d'Israël; voici celui qui prie pour le peuple et pour toute la sainte cité, Jérémie, le prophète de Dieu. »

Nous allons plus loin, et nous disons que l'on peut très bien attribuer au saint Patriarche, toute proportion gardée, ce beau titre que la piété des fidèles attribue à la Mère de Dieu, d'être la Toute-puissance suppliante.

Comment saint Joseph nous secourt dans nos difficultés temporelles

Le patronage du glorieux saint Joseph ne se limite pas seulement à nous secourir dans nos nécessités spirituelles; il s'exerce également à notre avantage dans nos besoins temporels, ainsi que nous le démontre une expérience de tous les jours.

On ne peut que constater, avec admiration l'empressement et la générosité avec lesquels le saint Patriarche vient au secours des œuvres de miséricorde temporelle, que la charité chrétienne ne cesse de susciter au sein de l'Eglise. C'est là, en réalité, un des faits les plus merveilleux de notre siècle, où nous voyons d'innombrables institutions charitables surgir, se développer et se fortifier sous le patronage du glorieux Patriarche.

On peut voir une figure et comme une illustration anticipée de l'exercice de cette providence corporelle de la part de saint Joseph, dans l'histoire de l'ancien Patriarche du même nom. Etant entré dans les bonnes grâces et ayant obtenu l'entière confiance de son seigeur, il fut par lui placé à la tête de sa maison. Plus tard, établi sur toute l'Egypte avec pleins pouvoirs, il procura, pendant le temps de la famine, du blé à tout le peuple.

Or, la puissance du nouveau Joseph n'est pas moins grande que celle de l'ancien Patriarche du même nom. Il pourvoit merveilleusement aux besoins temporels de ceux qui s'adressent à lui avec confiance et l'on dirait que Jésus-Christ lui-même nous invite à recourir à sa médiation, par les paroles que Pharaon adressait autrefois à son peuple : « Allez à Joseph et faites tout ce qu'il vous dira », tandis que les fidèles, entendant cette consolante invitation, se tournent eux-mêmes pleins de confiance vers le saint Patriarche, lui disant, comme autrefois les fils de Jacob : « Notre salut est entre vos mains; il suffit que notre seigneur nous regarde et avec joie nous servirons le roi. »

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMar 5 Oct - 22:07

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH
Saint Joseph proposé en exemple à tous les fidèles


Le patronage universel de saint Joseph ne se borne pas aux prières qu'il offre pour nous au trône de Dieu et à l'empressement qu'il met à nous assister ; il s'exerce encore par les exemples de vertus que le saint Patriarche met continuellement sous nos yeux. C'est ce que rappelait si éloquemment le glorieux Pape Léon XIII : « Au sujet de cette dévotion, dont Nous parlons publiquement pour la première fois aujourd'hui (la dévotion à saint Joseph), Nous savons sans doute que, non seulement le peuple y est incliné, mais qu'elle est déjà établie et en progrès.

Nous avons vu, en effet, le culte de saint Joseph que, dans les siècles passés, les Pontifes Romains s'étaient appliqués à développer peu à peu et à propager, Nous l'avons vu, disons-nous, croître et se répandre à notre époque, surtout après que Pie IX, d'heureuse mémoire, Notre prédécesseur, eut proclamé, sur la demande d'un grand nombre d'Evêques, le très saint Patriarche patron de l'Eglise Catholique. »

Mais ce sont les prêtres surtout qui sont en droit de puiser, dans la vie de saint Joseph, des exemples de vertus, conformes à la sainteté de leur état. C'est ce que rappelle très bien le célèbre père Frédéric Guillaume Faber « Considérez le parallèle entre saint Joseph et le sacerdoce catholique. Etait-il l'intendant de la maison de Dieu ? Les prêtres le sont également.

Etait-il le dispensateur des dons divins, comme l'Eglise l'appelle ? Ils le sont aussi. Etait-il le gardien du pain de vie ? Eux aussi le sont pareillement. A-t-il pris dans ses bras, a-t-il porté, élevé et déposé le corps de Jésus ? Ils font la même chose. Si Jésus lui était soumis, il leur est soumis à eux aussi, et même d'une façon plus merveilleuse encore. S'il baisait Jésus, ils n'auront pas la même hardiesse, mais ils baisent la patène où Jésus reposait hier et où il reposera aujourd'hui. S'il lava et vêtit Jésus, ils doivent, avec respect, se tenir un peu à l'écart, et laver les vases et linges sacrés, revêtir son ciboire, voiler son tabernacle et orner son trône couronné de fleurs. »

Citons encore ces paroles si célèbres de la glorieuse vierge d'Avila : « Je ne connais personne de vraiment dévot à saint Joseph et qui lui rend des hommages particuliers, sans qu'on remarque combien elle s'avance toujours davantage dans la vertu, parce que ce saint aide grandement les âmes qui se recommandent à lui... Je ne demande qu'une chose pour l'amour de Dieu, c'est que, si quelqu'un ne me croit pas, qu'il essaie par lui-même, et il verra, par expérience, le grand bien qu'il y a à se recommander à ce glorieux Patriarche et à lui être dévot; mais surtout les personnes d'oraison devraient lui être affectionnées... Si quelqu'un n'a pas de maître pour lui enseigner l'oraison, qu'il prenne pour maître ce glorieux Saint, et il ne se trompera pas de voie. »

Belles paroles de Léon XIII

Terminons par les belles paroles, par lesquelles Léon XIII rappelait au monde catholique comment toutes les conditions peuvent trouver, dans la vie du saint Patriarche, des exemples à imiter. « Les pères de famille, dit-il trouvent en Joseph la plus belle personnification de la vigilance et de la sollicitude paternelle ; les époux un parfait exemple d'amour, d'accord et de fidélité conjugale; les vierges ont en lui, en même temps que le modèle, le protecteur de l'intégrité virginale.

Que les nobles de naissance apprennent de Joseph à garder, même dans l'infortune, leur dignité; que les riches comprennent, par ses leçons, quels sont les biens qu'il faut désirer et acquérir au prix de tous les efforts !

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyMer 6 Oct - 21:35

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE PREMIER - PATRONAGE DE SAINT JOSEPH
Belles paroles de Léon XIII


« Quant aux prolétaires, aux ouvriers, aux personnes de condition médiocre, ils ont comme un droit spécial à recourir à Joseph et à se proposer de l'imiter. Joseph, en effet, de race royale, uni par le mariage à la plus grande et à la plus sainte des femmes, regardé comme le Père du Fils de Dieu, passe néanmoins sa vie à travailler et demande à son labeur d'artisan tout ce qui est nécessaire à l'entretien de sa famille.

« Il est donc vrai que la condition des humbles n'a rien d'abject, et non seulement le travail de l'ouvrier n'est pas déshonorant, mais il peut, si la vertu vient s'y joindre, être grandement ennobli. Joseph, content du peu qu'il possédait, supporta les difficultés inhérentes à cette médiocrité de fortune, avec grandeur d'âme, à l'imitation de son Fils qui, après avoir accepté la forme d'esclave, lui, le Seigneur de toutes choses, s'assujettit volontairement à l'indigence et au manque de tout.

« Au moyen de ces considérations, les pauvres et tous ceux qui vivent du travail de leurs mains, doivent relever leur courage et penser juste.

S'ils ont le droit de sortir de la pauvreté et d'acquérir une meilleure situation par des moyens légitimes, la raison et la justice leur défendent de renverser l'ordre établi par la Providence de Dieu.

Bien plus, le recours à la force et les tentatives par voie de sédition et de violence sont des moyens insensés, qui aggravent la plupart du temps ces mêmes maux, pour la suppression desquels on les entreprend.

Que les pauvres, donc, s'ils veulent être sages, ne se fient pas aux promesses des hommes de désordre, mais plutôt à l'exemple et au patronage du bienheureux Joseph, et aussi à la maternelle charité de l'Eglise, qui prend chaque jour de plus en plus souci de leur sort ! »

CHAPITRE II - CULTE DÛ A SAINT JOSEPH

Idée du culte catholique


Après avoir exposé les bienfaits que l'Eglise catholique reçoit du patronage de saint Joseph, il nous faut parler du culte qu'elle-même doit à ce saint Patriarche, culte qui, dans les derniers temps, a pris un développement extrêmement considérable.

Car, c'est pour nous un devoir de justice et d'équité d'honorer tout particulièrement les personnes constituées en dignité surtout si ces personnes se sont rendues illustres par de glorieux exploits ou par une vie pleine de vertus et de mérites.

Dans le cas de saint Joseph, ce n'est pas un personnage ordinaire qui est l'objet des hommages des fidèles; c'est le gardien de la sainte Famille, l'Epoux de Marie, le Père putatif du Verbe incarné; c'est un homme qui, sans avoir étonné le monde par d'éclatantes actions, a mérité, par son insigne sainteté, d'être « aimé de Dieu et des hommes ».

Il est donc juste de mettre en relief les titres du glorieux Patriarche à un culte particulier de la part des fidèles, d'autant plus que le déploiement de ce culte apporte avec lui des bienfaits considérables aux individus ainsi qu'à la société. Mais, d'abord, qu'entend-on par culte ?

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyJeu 7 Oct - 20:54

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE II - CULTE DÛ A SAINT JOSEPH

Idée du culte catholique


Le culte est un acte appartenant à la vertu d'observance, vertu qui a pour objet de reconnaître, dans les personnes constituées en autorité, une certaine excellence, avant son origine première dans le gouvernement divin. C'est ainsi que nous entourons de notre respect et de notre vénération nos parents selon la chair; c'est ainsi que les soldats vénèrent et honorent leurs chefs, les disciples leurs maîtres.

Le culte, cependant, n'est pas tout à fait la même chose que l'honneur. Car l'honneur est simplement une reconnaissance de l'excellence d'une personne, reconnaissance qui se manifeste par un signe, un témoignage ou une protestation de la bonté de cette même personne. Le culte, au contraire, consiste dans l'hommage que nous rendons à cette personne, en lui obéissant et en payant de retour les bienfaits que nous en avons reçus.

Il faut encore distinguer l'honneur de la louange, distinction que saint Thomas met très bien en relief. « La louange, dit-il[469], se distingue de l'honneur de deux manières. D'abord, parce que la louange s'exprime seulement par des paroles, tandis que l'honneur consiste en n'importe quels signes extérieurs.

Ensuite, la manifestation de l'honneur nous fait rendre témoignage à l'excellence d'une personne d'une façon absolue; mais par la louange, nous rendons témoignage à la bonté d'une personne, selon qu'elle est ordre à la fin, comme nous louons celui qui agit bien en vue de la fin; tandis que l'honneur porte aussi sur ce qu'il y a d'excellent, sans être ordonné à la fin, mais qui est déjà établi en sa fin. »

Quant à la gloire, elle est un effet de l'honneur et de la louange. En effet, par le fait que nous rendons témoignage ou que nous donnons des signes extérieurs de la bonté de quelqu'un, cette bonté vient à la connaissance de plusieurs. Et c'est ce qu'implique le mot gloire car on dit gloire, comme on dirait une chose claire (en latin gloria ou claria). Aussi définit-on la gloire, « une connaissance claire accompagnée de louange », clara notitia cum lande, définition qui est demeurée classique.

Le culte de latrie et le culte de dulie

Pour mieux connaître de quelle forme de culte il convient d'honorer saint Joseph, il nous faut encore distinguer le culte de latrie, qui est un culte suprême dû au Créateur seulement, et le culte de dulie, qui est d'une nature inférieure et par lequel nous honorons les créatures constituées en dignité.

À ne considérer que les noms eux-mêmes, il n'y aurait pas de différence entre latrie et dulie; car, en grec, ces deux noms signifient la même chose; mais l'usage, observé généralement dans la sainte Écriture, veut que le premier terme serve à désigner le culte dû à Dieu seul, et le second, le culte dû aux créatures.

Observons encore que le culte de latrie est un seulement, une seule étant l'excellence divine; le culte de dulie, au contraire, peut être multiple, selon les diverses formes d'excellence que l'on rencontre en ce monde. - Pour le moment, nous ne considérons que l'excellence surnaturelle, pour laquelle nous vénérons les Saints, soit qu'ils vivent encore sur cette terre, soit qu'ils soient déjà glorifiés dans les cieux.

Il était nécessaire de bien préciser ces notions pour montrer comment et de quel culte nous devons honorer saint Joseph.

Source : Livres-mystiques.com
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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyVen 8 Oct - 23:42

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE II - CULTE DÛ A SAINT JOSEPH

Saint Joseph doit être honoré d'un culte spécial de dulie


Le culte de dulie, avons-nous dit, est un hommage de servitude que nous devons à une créature raisonnable, en tant qu'elle participe à une certaine ressemblance avec le domaine divin.

Or, on ne peut douter que saint Joseph ne jouisse en quelque manière d'une certaine ressemblance avec le domaine divin, étant lui-même le véritable Epoux de Celle qui, en sa qualité de Mère de Dieu, est la Reine de toutes choses, soit sur la terre, soit dans le ciel. L'Epoux d'une reine n'est soumis à personne; au contraire, il participe nécessairement aux privilèges de son épouse.

On peut donc appliquer au glorieux Patriarche, en renversant les termes, cet adage d'Ulpien, célèbre jurisconsulte romain : « Le prince n'est pas tenu aux lois; la reine, bien qu'elle y soit soumise, reçoit cependant du prince les mêmes privilèges qu'il possède lui-même. »

En d'autres termes, de même que Marie a reçu de Jésus-Christ, son Fils et son Epoux, tous les privilèges que celui-ci possède, et en particulier le droit de domaine sur l'univers tout entier; de même aussi saint Joseph reçoit de Marie, dont il est le très fidèle Epoux, un certain droit de suprématie sur toutes les créatures, et c'est pourquoi un culte spécial de dulie doit lui être rendu.

Mais, comment pouvons-nous douter qu'un culte spécial soit dû à saint Joseph, quand nous voyons que Jésus et Marie eux-mêmes ont eu à cœur d'honorer, sur la terre, le saint Patriarche, le reconnaissant, dans l'intimité de la sainte Famille, comme l'interprète de la volonté divine et payant de retour les bienfaits qu'ils en recevaient ?

En honorant ainsi saint Joseph, nous ne faisons qu'imiter la très sainte Vierge et son Fils, sur lesquels rejaillit l'honneur que nous rendons au saint Patriarche.

Un autre motif d'honorer saint Joseph est l'insigne sainteté qui le distingue parmi tous les Saints, car c'est précisément dans la grâce et la gloire, que se trouve la raison d'être du domaine divin, dont le culte de dulie est la reconnaissance explicite.

Il est donc juste, pour ce motif encore, que nous honorions tout spécialement le saint Patriarche.

Un dernier motif qui doit nous convaincre de l'opportunité, nous dirons plus, de la nécessité, d'honorer d'un culte spécial le glorieux saint Joseph, est la manière dont les divines Ecritures parlent de lui.

Son nom est exprimé quatorze fois dans les saints Evangiles : sept fois dans saint Matthieu, cinq fois dans saint Luc, deux fois dans saint Jean, presque aussi fréquemment il est mentionné avec des expressions comme celles-ci : son père, ses parents, l'Epoux de Marie, bien que dans plusieurs endroits, surtout dans saint Jean, il soit fait allusion à son humble profession de charpentier : signe que les plus humbles emplois ne sont pas incompatibles avec les plus hautes dignités.

D'ailleurs, puisque ce nom béni est presque toujours associé aux saints noms de Jésus et de Marie, c'est bien là pour nous un motif pour ne pas le séparer, dans nos hommages, de son Fils putatif et de sa très chaste épouse.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge   Traité Théologique : St Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge - Page 3 EmptyDim 10 Oct - 7:09

TROISIÈME PARTIE - SAINT JOSEPH CONSIDÉRÉ PAR RAPPORT A L'ÉGLISE CATHOLIQUE

CHAPITRE II - CULTE DÛ A SAINT JOSEPH

Excès à éviter en parlant du culte dû à saint Joseph


Quelques écrivains, considérant l'insigne dignité de saint Joseph et son affinité avec la Mère de Dieu, ont cru devoir lui attribuer le genre de culte dont l'Église a coutume d'honorer Marie, et que l'on appelle culte d'hyperdulie. Mais il y a là une exagération à éviter.

La très sainte Vierge, en concevant de son sang très pur et en donnant au monde le Christ, notre Sauveur, est parvenue en quelque manière, par son opération, aux confins de la divinité; aussi le culte qui lui est dû revêt-il une forme particulière : on l'appelle culte d'hyperdulie.

C'est de ce même culte qu'on honore l'humanité de Notre-Seigneur, quand on la considère abstraction faite de la divinité; car si on la considère comme hypostatiquement unie à la personne du Verbe, c'est le culte de latrie qui lui est dû.

Mais saint Joseph, bien que prédestiné pour être le gardien du Christ et de sa Mère et conséquemment le ministre choisi de l'Incarnation, n'a pas une part intrinsèque dans ce mystère et n'appartient pas, même indirectement (reductive) à l'ordre hypostatique.

Aussi, bien qu'il soit, parmi les prédestinés, le premier, après sa chaste épouse, il ne forme pas par lui-même un ordre à part et ne doit pas être honoré d'un culte spécialement distinct du culte dû aux autres Saints.

Que dire maintenant du culte de suprême ou protodulie, que plusieurs ont cru devoir lui attribuer ?

Nous répondons que si, par ces mots, on entend attribuer au saint Patriarche un culte qui soit formellement de dulie, distinct simplement en degré du culte attribué aux autres Saints, rien ne s'oppose à ce qu'on appelle ainsi le culte dû à saint Joseph.

Mais, comme l'intention de ceux qui proposaient cette innovation était d'introduire une forme de culte qui fût quelque chose de spécifiquement distinct du culte de dulie et de celui d'hyperdulie attribué à la très sainte Vierge, la Sacrée Congrégation des Rites, à laquelle la question avait été déférée, refusa d'admettre cette proposition.

D'ailleurs, la différence formelle qu'il y a entre l'hyperdulie due à la très sainte Vierge et la dulie due à saint Joseph, trouve son écho dans la liturgie ecclésiastique, dans laquelle aucune action sacrée ne s'accomplit, aucune prière publique ne se fait, sans qu'on y introduise le nom béni de la très sainte Vierge, chose que l'on ne pourrait pas affirmer également du nom de saint Joseph.

Raisons du retard apporté à la manifestation du culte de saint Joseph

On se demande parfois pourquoi le culte de saint Joseph s'est développé si tard dans l'Eglise, tandis que celui de la Mère de Dieu remonte aux premières années du Christianisme.

La réponse à cette question ne peut être pleinement catégorique, puisque le développement de ce culte est dû originairement à la Volonté divine, dont nous ne pouvons pénétrer les secrets desseins et qui, pour chaque chose, a fixé des temps précis. Il nous est cependant permis de rechercher, en toute humilité, et pour donner louange à Dieu, les raisons de convenance de ce retard.

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