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Sous le regard des trois Blancheurs, suivre Jésus et Marie fut-ce au milieu des pires tempêtes, mais dans la paix, la joie et l'amour.
 
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 La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou

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MessageSujet: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptySam 9 Mai - 22:12

Rappel du premier message :

La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange

PREMIÈRE PARTIE 
La Maternité divine et la plénitude de la grâce


CHAPITRE PREMIER
L'éminente dignité de la Maternité divine


Dans la doctrine révélée sur la Vierge Marie, les deux grandes vérités qui dominent tout comme deux sommets et d'où dérivent toutes les autres sont la maternité divine et la plénitude de grâce, affirmées l'une et l'autre dans l'Evangile et les Conciles.

Pour bien voir leur importance, il est bon de les com­parer, en cherchant quelle est la première des deux, celle dont tout découle dans la mariologie. C'est ainsi que les théologiens se sont demandé : Qu'est-ce qu'il y a de plus grand en Marie ? Est-ce sa maternité divine, son titre de Mère de Dieu ou bien est-ce la plénitude de grâce ? 

Position du problème

Quelques-uns ont répondu : c'est la plénitude de grâce. Ils ont incliné vers cette manière de voir parce que l'Evangile rapporte que Jésus, passant au milieu du peu­ple, une femme dit (Luc, XI, 27) : « Bienheureux le sein qui t'a porté et les mamelles qui l'ont nourri » : et Jésus répondit ; « Heureux surtout ceux qui écoutent la parole de Dieu et la conservent dans leur cœur. » 

Il a semblé à quelques-uns, d'après cette réponse du Sauveur, que la plénitude de grâce et de charité, principe des actes surnaturels et méritoires de Marie, est supérieure à la ma­ternité divine, qui par elle-même serait d'ordre corporel.

Selon beaucoup d'autres théologiens, cette raison n'est pas concluante, pour plusieurs motifs, d'abord parce que cette femme du peuple ne parlait pas précisément de la maternité divine ; elle ne considérait pas encore Jésus comme Dieu, mais plutôt comme un prophète écouté, admiré et acclamé, et elle parlait surtout de la maternité corporelle selon la chair et le sang : « Bienheureux le sein qui t'a porté et les mamelles qui t'ont nourri. »

Elle ne pensait pas à ce que la maternité divine comporte spirituellement comme consentement surnaturel et méri­toire au mystère de l'Incarnation rédemptrice. D'où la réponse de Notre-Seigneur : « Heureux surtout ceux qui écoutent la parole de Dieu et la conservent dans leur cœur. » 

Mais précisément Marie est devenue Mère du Sauveur en écoutant la parole de Dieu, en y croyant, en disant généreusement avec une parfaite conformité de volonté au bon plaisir de Dieu et à tout ce qu'il entraîne­rait : « Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum », et elle n'a pas cessé de conserver les paroles divi­nes en son cœur, depuis le jour béni de l'Annonciation. 

Si bien que sainte Elisabeth lui dit (Luc, 1, 45) : « Beata quæ credidisti, quoniam perficientur ea quæ dicta sunt tibi a Domino. Bienheureuse vous êtes pour avoir cru aux paroles divines, car celles-ci seront réalisées en vous », tandis que Zacharie est devenu muet pour n'avoir pas cru aux paroles de l'ange Gabriel, « et ecce eris tacens... pro eo quod non credidisti verbis meis » (Luc, 1, 20).

La question reste donc entière : qu'est-ce qu'il y a de plus grand en Marie : la maternité divine telle qu'elle a été réalisée en elle ou la plénitude de grâce et de charité ?

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyLun 17 Aoû - 21:40

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE II

Article III - LES SOUFFRANCES DE MARIE CORÉDEMPTRICE
La profondeur et la fécondité des souffrances de Marie corédemptrice


Dans ce même sermon, Bossuet développe ces trois grandes pensées en montrant que l'amour de Marie pour son Fils crucifié suffit pour son martyre : « Il ne faut qu'une même croix pour son Fils bien-aimé et pour elle »; elle y est clouée par son amour pour lui, qui lui fait ressentir toutes ses souffrances physiques et morales, plus que les stigmatisés ne les ont ressenties. Sans un secours exceptionnel, elle en serait morte véritablement.
Une grande douleur est comme une mer en furie, des personnes sont devenues folles de douleur ; mais Jésus a dompté les eaux, et comme il garde la paix sur la croix au milieu de la tempête, il donne à sa sainte Mère de la garder.

Enfin Marie, qui a enfanté son Fils sans douleur, enfante les chrétiens au milieu des plus grandes souf­frances. « A quel prix elle les achète ! continue Bossuet. Il faut qu'il lui en coûte son Fils unique : elle ne peut être Mère des chrétiens, qu'elle ne donne son bien-aimé à la mort ô fécondité douloureuse !... C'était la volonté du Père éternel de faire naître les enfants adoptifs par la mort du Fils véritable... 

II donne son propre Fils à la mort pour faire naître les adoptifs. Qui voudrait adopter à ce prix et donner un fils pour des étrangers ? C'est néan­moins ce qu'a fait le Père éternel... C'est Jésus qui nous le dit : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Joan., III, 16).

« (De même Marie) est l'Eve de la nouvelle alliance, et la Mère commune de tous les fidèles; mais il faut qu'il lui en coûte la mort de son premier-né, il faut qu'elle se joigne au Père éternel, et qu'ils livrent leur commun Fils d'un commun accord au supplice. C'est pour cela que la Providence l'a appelée au pied de la croix; elle y vient immoler son Fils véritable, afin que les hommes vivent... 

Elle devient Mère des chrétiens par l'effort d'une affliction sans mesure. » Le chrétien doit s'en souvenir toujours, et il y trouvera le motif d'un vrai repentir de ses fautes. La régénération de nos âmes a coûté à Notre-Seigneur et à sa sainte Mère beaucoup plus que nous ne saurions le penser.

On doit dire, pour conclure, que Marie corédemptrice nous a enfantés au pied de la croix par le plus grand acte de foi, d'espérance et d'amour qu'elle pouvait faire en un pareil moment.

On peut même dire que c'est le plus grand acte de foi qui ait jamais existé, car Jésus n'avait pas la foi, mais la vision béatifique qu'il conservait au Calvaire. En cette heure d'obscurité, qui a été appelée l'heure des ténèbres, lorsque la foi des Apôtres eux-mêmes parait chanceler, lorsque Jésus semble tout à fait vaincu et son œuvre à jamais anéantie, lorsque le ciel paraît ne plus répondre à ses supplications, Marie ne cesse pas un instant de croire que son Fils est le Sauveur de l'humanité et que dans trois jours il ressuscitera comme il l'a annoncé. 

Lorsqu'il prononce ses dernières paroles : Tout est con­sommé, dans la plénitude de sa foi la Vierge comprend que l'œuvre du salut est accomplie par la plus doulou­reuse immolation, que toutes les messes rappelleront jus­qu'à la fin du monde.

Jésus, la veille, a institué ce sacri­fice eucharistique et le sacerdoce chrétien, elle entrevoit le rayonnement indéfini du sacrifice de la croix. Elle comprend que son Fils agonisant est vraiment « l'Agneau qui efface les péchés du monde », qu'il est le vainqueur du péché et du démon et que, dans trois jours, il sera le vainqueur de la mort, suite du péché. Elle voit l'inter­vention suprême de Dieu là où les plus croyants ne voient que ténèbres et désolation. C'est le plus grand acte de foi assurément qui ait existé en une créature, une foi bien supérieure à celle des anges, lorsqu'ils étaient en état de voie.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMar 18 Aoû - 21:57

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE II

Article III - LES SOUFFRANCES DE MARIE CORÉDEMPTRICE
La profondeur et la fécondité des souffrances de Marie corédemptrice


Ce fut aussi pour elle l'acte suprême d'espérance au moment où tout paraissait désespéré. Elle entendit tout le sens de la parole dite au bon larron : « Ce soir, tu seras avec moi en paradis » ; le ciel allait s'ouvrir pour les élus.

Ce fut enfin pour elle le plus grand acte de charité aimer Dieu jusqu'à lui offrir son fils unique et innocent, au milieu des pires tortures; aimer Dieu par-dessus tout au moment où, à cause de nos fautes, elle était frappée par lui dans son affection la plus profonde et la plus haute, dans l'objet même de sa légitime adoration; aimer les âmes jusqu'à donner pour elles son propre fils.

Sans doute, les vertus théologales grandirent encore en Marie jusqu'à sa mort, car ces actes de foi, d'espérance et de charité, loin d'être interrompus, continuèrent en elle comme un état. Ils prirent même, dans le calme, une plus grande amplitude, comme lorsqu'un grand fleuve, après le bouillonnement des passages les plus difficiles de son parcours, devient de plus en plus puissant et ma­jestueux jusqu'à ce qu'il se jette dans l'océan.

Ce que souligne ici la théologie, c'est qu'en Marie au pied de la croix le sacrifice égale le mérite; l'un et l'au­tre sont d'une valeur inestimable et leur fécondité dé­passe en cette ligne, sans atteindre celle du Christ, tout ce que l'on pourrait dire. C'est ce que les théologiens expriment en disant : Marie a satisfait pour nous d'une satisfaction de convenance, fondée sur son immense cha­rité, comme Jésus a satisfait en stricte justice pour notre salut.

Les saints qui ont été le plus associés aux souffrances du Sauveur ne sont pas entrés autant que Marie dans les dernières profondeurs de la Passion. Sainte Catherine de Ricci eut tous les vendredis pendant douze ans une extase de douleur qui durait vingt-huit heures et pendant la­quelle elle revivait toutes les souffrances du chemin de la croix. Or les souffrances de sainte Catherine de Ricci et des autres stigmatisés n'approchent pas de celles de la Vierge. 

Tous les déchirements du Coeur de Jésus reten­tirent dans le cœur de Marie, qui serait morte d'une pareille torture si elle n'avait été surnaturellement sou­tenue par un secours exceptionnel. Elle est ainsi deve­nue la consolatrice des afligés, car elle a souffert beau­coup plus qu'eux, la patronne de la bonne mort, et nous ne pouvons certes pas soupçonner combien ses souffrances depuis vingt siècles ont été fécondes.

La participation de Marie corédemptrice au sacerdoce du Christ

Si Marie peut être dite corédemptrice au sens que nons venons d'expliquer, on ne saurait dire qu'elle est prêtre au sens propre du mot, car elle n'a pas reçu le caractère sacerdotal et ne pourrait consacrer l'Eucharistïe ; ni don­ner l'absolution sacramentelle.

 Mais, comme nous l'a­vons vu en parlant de la maternité divine, celle-ci est supérieure au sacerdoce des prêtres du Christ, en ce sens qu'il est plus parfait de donner à Notre-Seigneur sa nature humaine que de rendre son corps présent dans l'Eucharistie. Marie nous a donné le Prêtre du sacrifice de la croix, le prêtre principal du sacrifice de la messe et la victime offerte sur nos autels.

Il est plus parfait aussi d'offrir son Fils unique et son Dieu sur la croix, en s'offrant avec lui dans la plus grande douleur, que de rendre le corps de Notre-Seigneur pré­sent et de l'offrir sur l'autel, comme le fait le prêtre pen­dant le sacrifice de la messe.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMer 19 Aoû - 23:53

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE II

Article III - LES SOUFFRANCES DE MARIE CORÉDEMPTRICE
La participation de Marie corédemptrice au sacerdoce du Christ


Aussi faut-il dire comme l'affirmait récemment un bon théologien qui étudia pendant des années ces ques­tions: « C'est une conclusion théologique certaine que Marie coopéra, de quelque manière, à l'acte principal du sacerdoce de Jésus-Christ, en donnant, comme l'exi­geait le plan divin, son consentement au sacrifice de la croix, tel qu'il a été accompli par Jésus-Christ. » - « A ne considérer que certains effets immédiats de l'action du prêtre comme la consécration eucharistique ou la rémission des péchés par le sacrement de pénitence, il est vrai que le prêtre peut accomplir des actes que Marie, ne possédant point le pouvoir sacerdotal, n'aurait jamais pu accomplir. Mais, en ceci, il ne s'agit plus de compa­raison des dignités, mais seulement d'effets particuliers, procédant d'un pouvoir que Marie ne possédait point, mais qui ne comportent pas une dignité supérieure. »
Si elle ne peut être dite « prêtre » au sens propre du mot, du fait qu'elle n'a pas reçu le caractère sacerdotal et n'en peut accomplir les actes, il reste, comme le dit M. Olier, « qu'elle a reçu la plénitude de l'esprit du sacer­doce, qui est l'esprit du Christ rédempteur ». C'est pour­quoi on lui donne le titre de corédemptrice, qui, comme celui de Mère de Dieu, surpasse la dignité conférée par le sacerdoce chrétien.
La participation de Marie à l'immolation et à l'oblation de Jésus prêtre et victime ne saurait être mieux exprimée que par le Stabat du franciscain Jacopone de Todi (1228-­1306).
Cette séquence manifeste d'une façon singulièrement frappante combien la contemplation surnaturelle du mys­tère du Christ crucifié est dans la voie normale de la sain­teté. Elle a des formes précises, ardentes et splendides pour exprimer la blessure du Cœur du Sauveur et nous montrer l'influence si intime et si pénétrante de Marie pour nous conduire à lui. Et non seulement la Très Sainte Vierge nous conduit à cette divine intimité, mais, en un sens, elle la fait en nous; c'est ce que nous dit, en ces strophes, la répétition admirable du Fac, qui est l'ex­pression de la prière ardente :

Eia, Mater, fons amoris, O Mère, source d'amour,
Me sentire vim doloris Faites-moi sentir la violence
Fac ut tecum lugeam. De votre douleur, afin que je pleure avec vous.

Fac ut ardeat cor meum, Faites que mon cœur s'embrase
In amando Christum Deum, D'amour pour le Christ Dieu,
Ut sibi complaceam. Afin que je lui plaise.

Fac ut portem Christi mortem, Faites que je porte la mort du Christ,
Passionis fac consortem Faites-moi partager sa Passion
Et plagas recolere. Et vénérer ses saintes plaies.

Fac me plagsis vulnerari, Faites que, blessé de ses blessures,
Fac me cruce inebriari, Je sois enivré de la croix
Et cruore Filii. Et du sang de votre Fils.

C'est la prière de l'âme qui, sous une inspiration spé­ciale, veut connaître elle aussi spirituellement la blessure d'amour et être associée à ces douloureux mystères de l'adoration réparatrice comme le furent, auprès de Marie, saint Jean et les saintes femmes sur le Calvaire, et aussi saint Pierre quand il versa d'abondantes larmes.
Ce sont ces larmes de l'adoration et de la contrition que demande la fin du Stabat

Fac me tecum pie flere Faites-moi avec vous pieusement pleurer,
Crucifixi condolere, Et compatir au Crucifié
Donec ego vixero. Tant que durera ma vie.

Juxta crucem tecum stare, Je veux avec vous me tenir près de la Croix,
Et me tibi sociare et être plus intimement associé
In planctu desidero. à vos saintes dou­leurs. Ainsi soit-il

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyJeu 20 Aoû - 23:02

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE II

Article III - LES SOUFFRANCES DE MARIE CORÉDEMPTRICE
La participation de Marie corédemptrice au sacerdoce du Christ


Marie a donc exercé sur terre sa médiation universelle, en méritant pour nous d'un mérite de convenance tout ce que Jésus-Christ nous a mérité en stricte justice, et aussi en offrant pour nous une satisfaction de convenance, fon­dée sur son immense charité, pendant que Notre-Seigneur satisfaisait en justice pour toutes nos fautes et nous réconciliait avec Dieu.

Pour Jésus et pour sa sainte Mère cette médiation universelle exercée pendant leur vie ter­restre est le fondement de celle qu'ils exercent du haut du ciel, et dont nous devons parler maintenant.

CHAPITRE III
La médiation universelle de Marie au Ciel


Cette médiation qu'exerce la Sainte Vierge depuis l'As­somption a pour but de nous obtenir en temps opportun l'application des mérites passés, acquis par Jésus et par elle pendant leur vie terrestre et surtout au Calvaire.

Nous parlerons à ce sujet de la puissance d'intercession de Marie, de la manière dont elle distribue toutes les grâ­ces ou du mode de son influence sur nous, et enfin de l'universalité de sa médiation et de sa définibilité.

Article I - LA PUISSANCE D'INTERCESSION DE MARIE

Dès sa vie terrestre, la Sainte Vierge apparaît dans l'Evangile comme la distributrice des grâces. Par elle, Jésus sanctifie le précurseur lorsqu'elle vient voir sa cou­sine Elisabeth et chante le Magnificat. Par elle, il con­firme la foi des disciples à Cana, en accordant le miracle qu'elle demandait.

Par elle, il affermit la foi de Jean au Calvaire, en disant : « Mon fils, voici votre mère. » Par elle, enfin, le Saint-Esprit se répandit sur les Apôtres, car il est dit (Act. Ap., I, 14) qu'elle priait avec eux au Cénacle, lorsqu'ils se préparaient à l'apostolat pour lequel ils furent éclairés et fortifiés par les grâces de la Pentecôte.

A plus forte raison, après l'Assomption, depuis qu'elle est entrée au ciel et qu'elle a été élevée au-dessus des chœurs des anges, Marie est-elle puissante par son inter­cession.
Le sens chrétien de tous les fidèles estime qu'une mère béatifiée connaît au ciel les besoins spirituels des enfants qu'elle a laissés sur la terre et qu'elle prie pour leur salut. Universellement dans l'Eglise les chrétiens se recom­mandent aux prières des saints parvenus au terme du voyage.

Comme le dit saint Thomas, lorsqu'ils étaient sur la terre, leur charité les portait à prier pour le pro­chain, à plus forte raison au ciel, puisque leur charité, éclairée non plus seulement par la foi, mais par la vision béatifique, est plus grande, puisque son acte est ininter­rompu et puisqu'ils connaissent beaucoup mieux nos be­soins spirituels et le prix de la vie éternelle, l'unique nécessaire.

Le Concile de Trente, sess. XXV (Denz., 984), a même défini que les saints au ciel prient pour nous et qu'il est utile de les invoquer. Au ciel le mérite et l'expiation ont cessé, mais non pas la prière; ce n'est plus, il est vrai, la prière de supplication avec larmes, mais la prière d'in­tercession.

« Jésus-Christ toujours vivant ne cesse d'intercéder pour nous », dit saint Paul. Il est sans doute l'interces­seur nécessaire et principal. Mais la Providence et lui-même ont voulu que nous ayons recours à Marie, pour que nos prières présentées par elle aient plus de valeur.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyVen 21 Aoû - 22:17

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

Article I - LA PUISSANCE D'INTERCESSION DE MARIE

 
En sa qualité de Mère de tous les hommes, elle connaît tous leurs besoins spirituels et ce qui a rapport à leur salut ; à raison de son immense charité, elle prie pour eux ; et, comme elle est toute puissante sur le cœur de son Fils à cause de l'amour mutuel qui les unit; elle nous obtient toutes les grâces que nous recevons, toutes celles que reçoivent ceux qui ne veulent pas s'obstiner dans le mal.

Le sens chrétien formé par les grandes prières de l'E­glise, expression de la Tradition, l'affirme en recourant quotidiennement à l'intercession de la Sainte Vierge par l'Ave Maria.

La théologie explique cette croyance universelle des fidèles en considérant les trois raisons fondamentales de la puissance d'intercession de Marie.

Tout d'abord, comme Mère de tous les hommes, elle connaît tous leurs, besoins spirituels.
C'est un principe admis par tous les théologiens que la béatitude des saints au ciel ne serait pas complète, comme elle doit l'être, s'ils ne pouvaient connaître tout ce qui peut les intéresser ici-bas à raison de leur office, de leur rôle, de leurs relations avec nous. 

Cette connais­sance est l'objet d'un désir légitime qui doit être satis­fait par la béatitude parfaite, d'autant que, s'il s'agit de la connaissance de nos besoins spirituels, ce désir procède de la charité des saints à notre égard; c'est elle qui les porte à désirer notre salut, pour que nous glorifiions Dieu éternellement avec eux et que nous ayons part à leur béatitude.

C'est ainsi qu'un père et une mère parvenus au ciel connaissent les besoins de leurs enfants, surtout ceux de l'ordre du salut et ce qui y touche directement ou indi­rectement.

De même, un fondateur d'ordre entré dans la gloire connaît les intérêts de sa famille spirituelle et de chacun tics membres de celle-ci. A plus forte raison Marie, mère de tous les hommes, qui a le plus haut degré de gloire après Notre-Seigneur, doit-elle connaître tout ce qui a rapport directement ou indirectement à la vie surnaturelle qu'elle est chargée de nous donner et d'en­tretenir en nous. 

Les actes bons et méritoires qui la font grandir, les fautes qui la diminuent ou la détruisent, par suite toutes nos pensées, désirs, les dangers qui nous me­nacent, les grâces dont nous avons besoin, même les inté­rêts temporels qui ont quelque rapport avec notre salut, comme le pain quotidien.

Cette connaissance universelle, certaine et précise de tout ce qui concerne notre destinée, est une prérogative qui appartient à Marie de par sa maternité divine et sa maternité spirituelle à l'égard de tous les hommes.

Connaissant tous nos besoins spirituels et même ceux d'ordre temporel qui ont rapport avec notre salut, Marie est évidemment portée par son immense charité à inter­céder pour nous. Il suffit à une mère de soupçonner les besoins de son enfant, pour qu'elle essaie de les soulager. Pour notre Mère du ciel, comme pour Notre-Seigneur, il ne s'agit plus d'acquérir de nouveaux mérites, mais d'ob­tenir que les mérites passés de son Fils et les siens nous soient appliqués au moment opportun.

Cette prière de la Sainte Vierge est-elle toute-puissante ?

La Tradition a appelé Marie omnipotentia supplex, la toute puissance dans l'ordre de la supplication.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyDim 23 Aoû - 7:57

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

Article I - LA PUISSANCE D'INTERCESSION DE MARIE


C'est en effet un principe certain que la puissance d'intercession des saints est proportionnée à leur degré de gloire au ciel, ou d'union à Dieu[345]. Aussi, selon le té­moignage constant de la Tradition, Marie, dont la gloire surpasse incomparablement celle de tous les autres saints, possède la toute puissance d'intercession. Avant le VIII° siècle cette doctrine se trouve de façon explicite chez saint Ephrem; au VIII° siècle, les affirmations les plus nettes sont celles de saint André de Crète, de saint Germain de Constantinople, de saint Jean Damascène. 

A la fin du XI° saint Anselme et son disciple Eadmer affir­ment formellement cette toute puissance d'intercession, que saint Bernard explique et transmet aux théologiens qui le suivent.

Bossuet, dans son Sermon sur la Compassion de la Sainte Vierge, montre admirablement les fondements de cette doctrine en rappelant cette vérité de foi : « Dieu a tellement aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils uni­que», et « s'il l'a livré à la mort pour nous tous, com­ment avec lui ne nous donnera-t-il pas toutes choses», comment ne donnera-t-il pas les grâces nécessaires au salut à ceux qui les lui demandent avec humilité, con­fiance et persévérance ? 

Or Marie a aimé Dieu et nos âmes jusqu'à donner elle aussi son propre Fils au Calvaire. Elle est donc toute puissante sur le cœur de Dieu le Père et sur celui de son Fils pour obtenir les biens nécessaires au salut à ceux qui ne s'obstinent pas dans la résistance à la grâce, mais qui, au contraire, la demandent comme il convient.

En ce sermon, Bossuet s'exprime ainsi : « Intercédez pour nous, ô bienheureuse Marie : vous avez en vos mains, si j'ose le dire, la clef des bénédictions divines. 

C'est votre Fils qui est cette clef mystérieuse par laquelle sont ouverts les coffres du Père éternel : il ferme, et per­sonne n'ouvre; il ouvre, et personne ne ferme : c'est son sang innocent qui fait inonder sur nous les trésors des grâces célestes. 

Et à quel autre donnera-t-il plus de droit sur ce sang, qu'à celle dont il a tiré tout son sang... Au reste, vous vivez avec lui dans une amitié si parfaite, qu'il est impossible que vous n'en soyez pas exaucée. » Il suf­fit, comme dit saint Bernard, que Marie parle au, cœur de son Fils.

Cet enseignement de la Tradition ainsi formulé par Bossuet a été proclamé par Léon XIII dans la première encyclique sur le Rosaire, 1er septembre 1883, où Marie est appelée dispensatrice des grâces, célestes, coelestium administra gratiarum. Dans l'encyclique Jucunda sem­per du 8 septembre 1894 le même pape fait siennes ces deux phrases de saint Bernard, que Dieu, dans sa bien­veillante miséricorde, a établi Marie notre médiatrice, et qu'il a voulu que toutes les grâces nous viennent par elle.

Le même enseignement se retrouve au début de la lettre Diuturni temporis du 5 septembre 1898. Pie X parle de même dans l'encyclique Ad diem illum, du 2 février 1904, Marie y est appelée « la dispensatrice de toutes les grâces qui nous ont été acquises par le sang de Jésus ».

Notre-­Seigneur est la source de ces grâces, Marie en est comme l'aqueduc, ou selon une autre image comme le cou qui, dans le corps mystique, unit la tête aux membres en leur transmettant l'influx vital : « Ipsa est collum capitis nos­tri, per quod omnia spiritualia dona corpori ejus mystico communicantur » (ibid.). Benoît XV consacre cet ensei­gnement en approuvant, pour l'Eglise universelle, la messe et l'office liturgique de Marie médiatrice de toutes les grâces.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyDim 23 Aoû - 21:46

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

Article I - LA PUISSANCE D'INTERCESSION DE MARIE



Comme le montre le P. Merkelbach, trois choses sont ici à noter.
Tout d'abord il est de foi que la Sainte Vierge prie pour nous et même pour chacun de nous, en sa qualité de Mère du Rédempteur et de tous les hommes, et que son intercession nous est très utile; selon le dogme général de l'intercession des saints (Concile de Trente, sess. 25). Aussi l'Eglise chante-t-elle : Sancta Maria, ora pro nobis. - « Lex orandi statuit legem credendi », le dogme et la prière ont une même loi (Denz., 139).
En second lieu, il est certain d'après la Tradition que cette puissante intercession de Marie peut obtenir à ceux qui l'invoquent bien, toutes les grâces du salut[350] et que nul n'est sauvé sans elle. Aussi l'Eglise dit-elle : « Sen­tiant omnes tuum juvamen. »

Troisièmement, enfin, c'est une doctrine commune et sûre, enseignée par les Papes, par la prédication univer­selle et la liturgie, que nulle grâce ne nous est accordée sans l'intervention de Marie ; c'est ce qu'exprime l'Of­fice et la messe de « Marie médiatrice de toutes les grâ­ces » (31 mai) et il serait au moins téméraire de le nier.

Cette doctrine approuvée par l'Eglise est implicite­ment contenue jusqu'au VIII° siècle, dans l'affirmation générale de la médiation universelle de Marie. Ensuite, du VIII° au XV° siècle, elle est plus explicitement affir­mée sous cette forme que tous les dons de Dieu nous viennent par l'intermédiaire de la Sainte Vierge. 

Depuis le XVI° siècle, à nos jours cette vérité a été théologiquement exposée sous ses divers aspects, et l'on remarque qu'il s'agit de toutes les grâces surnaturelles provenant de la rédemption de Jésus-Christ, même des grâces sacra­mentelles, en ce sens que les dispositions que l'on doit apporter à la réception des sacrements sont obtenues par l'intercession de Marie

Si, du reste, la Sainte Vierge nous a mérité de congruo tout ce que le Christ nous a mérité de condigno, comme nous l'avons vu plus haut, elle nous a mérité d'un mérite de convenance les grâces sacramentelles elles-mêmes.

On voit par là que l'intercession de Marie est beaucoup plus puissante et plus efficace que celle de tous les autres saints, même réunis, car les autres saints n'obtiennent rien sans elle. Leur médiation reste restreinte sous la sienne qui est universelle, bien que toujours subordon­née à celle de Notre-Seigneur. De plus les grâces que Marie demande pour nous, elle nous les a déjà méritées; il n'en est pas de même des saints : ils demandent sou­vent pour nous des secours qu'ils ne nous ont point mérités. Leur prière n'a pas, dès lors la même efficacité que celle de Marie.

Au sujet enfin de l'efficacité des prières de Marie, il faut rappeler un principe qui s'applique même à la prière de Jésus-Christ. Celle-ci est toujours exaucée en ce qu'elle demande, non pas d'une façon conditionnelle comme il pria au jardin des Oliviers, mais de façon absolue et con­forme aux intentions divines bien connues de lui. 

Il faut dire de même : Marie par son intercession obtient infailliblement de son Fils tout ce qu'elle lui demande de façon, non conditionnelle, mais absolue en conformité avec les intentions divines, qu'elle n'ignore pas.

Il peut y avoir à la réalisation de certaines prières un obstacle que la divine Providence pourrait empêcher, mais que de fait elle n'empêche pas toujours. Cet obsta­cle peut provenir de ce que l'on ne prie point la Sainte Vierge avec les dispositions voulues, avec humilité, con­fiance et persévérance, ou que l'on demande une chose qui n'est pas jugée utile au bien spirituel, ou que la volonté de celui pour lequel on prie refuse opiniâtrement la con­version demandée. Cela même est permis pour un bien supérieur qui apparaîtra clairement au ciel : la ma­nifestation des perfections divines, la splendeur de la Miséricorde ou de la Justice.

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyLun 24 Aoû - 22:40

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

Article I - LA PUISSANCE D'INTERCESSION DE MARIE


On voit par ces explications que la toute-puissance d'intercession de Marie, reposant sur les mérites du Sauveur et sur son amour pour sa Mère, loin de porter atteinte à sa médiation universelle, en est le rayonne­ment splendide, et manifeste la rédemption souveraine accomplie par le Rédempteur parfait en celle qui lui est le plus intimement associée dans l'œuvre du salut de l'humanité.

Article II - LA DISTRIBUTRICE DE TOUTES LES GRACES, SON MODE D'INFLUENCE

La Sainte Vierge est-elle la distributrice de toutes les grâces par cela seul qu'elle intercède pour chacun de nous, afin que les mérites passés du Sauveur et les siens nous soient appliqués au moment opportun, ou bien nous transmet-elle aussi les grâces que nous recevons à la ma­nière dont le fait l'humanité de Jésus, qui est selon saint Thomas et beaucoup de théologiens « cause instrumentale physique de ces grâces » ou l'instrument toujours uni à la divinité, supérieur aux sacrements qui sont des instru­ments séparés ?

Par rapport au Christ Jésus lui-même, tête de l'Eglise, cette doctrine a été souvent exposée par saint Thomas; on se demande s'il faut l'admettre aussi pour Marie en tant qu'elle est, selon la Tradition, dans le Corps mysti­que du Christ comme le cou qui réunit la tête aux mem­bres et leur transmet l'influx vital.

La causalité morale de Marie par la satisfaction, le mérite passés, et par l'intercession toujours actuelle, est communément admise. 

Mais plusieurs théologiens s'en tiennent là et refusent d'admettre que Marie transmette les grâces par une causalité physique instrumentale, ana­logue dans l'ordre spirituel à ce qu'est dans l'ordre sen­sible l'action de la harpe qui, touchée par l'artiste, pro­duit des sons harmonieux
.
D'autres théologiens lui attribuent aussi cette seconde influence d'une façon subordonnée à l'humanité du Christ, en insistant sur ceci que, d'après la Tradition, Marie est vraiment dans le corps mystique comme le cou, qui, en, réunissant la tête aux membres, leur transmet l'influx vital.

Il est certain que saint Thomas a enseigné explicite­ment que l'humanité du Sauveur et les sacrements de la loi nouvelle sont cause physique instrumentale de la grâce, dont Dieu seul peut être la cause principale, puis­qu'elle est une participation de sa vie intime.

Mais nous ne voyons pas que le saint Docteur ait posi­tivement rien affirmé de semblable pour Marie. Au dire de certains auteurs, il l'exclurait même dans un texte, où nous ne pensons pas qu'il y ait cette exclusion.

Dans son Explication de l'Ave Maria, il attribue à la Sainte Vierge une plénitude de grâce qui déborde sur les hommes pour les sanctifier, mais il ne dit pas explicite­ment si cette influence contient quelque chose de plus que la causalité morale du mérite et de la satisfaction passés et de l'intercession actuelle.

La causalité instrumentale physique pour la production de la grâce n'étant pas, au jugement de saint Thomas et de ses commentateurs, impossible en l'humanité du Christ, ni dans les sacrements, par exemple dans les paroles du prêtre pour la consécration et l'absolution sacramentelle, elle n'est pas non plus impossible en Marie.

Le saint Docteur admet même que le thauma­turge est aussi parfois cause instrumentale du miracle, qui s'opère par exemple par sa bénédictio. Non seu­lement il l'obtient par sa prière, mais parfois il le fait comme instrument de Dieu.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMar 25 Aoû - 21:10

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

Article II - LA DISTRIBUTRICE DE TOUTES LES GRACES, SON MODE D'INFLUENCE


On ne peut donc pas avoir la certitude que la Sainte Vierge n'exerce pas cette influence. Il faut de plus se dire que les chefs-d'œuvre de Dieu contiennent plus de riches­ses, de beauté et de vitalité que nous ne pouvons le dire. 

Nous ne pensons pas cependant qu'on puisse prouver d'une façon certaine, l'existence de cette causalité en Marie. C'est un des points sur lesquels la théologie ne saurait, semble-t-il, dépasser une sérieuse probabilité. 

Pourquoi ? Parce qu'il est bien difficile ici de voir, dans les textes traditionnels invoqués, où finit le sens propre et où commence la métaphore. Ceux qui s'expriment même d'habitude d'une façon métaphorique là où ils pourraient et devraient employer des termes propres, ne font guère attention à la difficulté que nous signalons ici. 

Mais plus on tient à la propriété des termes, plus on sai­sit la vérité de cette remarque. Lorsque la Tradition nous dit que Marie, dans le Corps mystique, est comparable au cou qui réunit la tête aux membres et leur transmet l'influx vital, c'est là certainement au moins une méta­phore très expressive, mais nous ne pouvons affirmer avec certitude qu'il y a plus.

Cependant ces paroles ne paraissent avoir leur signi­fication complète, comme dit le P. Hugon, que si l'on admet la causalité physique instrumentale dont nous par­lons.

Le P. R. Bernard, O. P., s'exprime de même en cette page de son livre Le Mystère de Marie, 1933, p. 462 : « Dieu et son Christ se servent d'elle (de Marie) en ce sens qu'ils font passer par elle toutes les grâces qu'ils nous destinent... Leur action, en cette intermédiaire, se tempère de plus d'humanité, sans rien perdre, bien en­tendu, de sa force divine.

Ils font vivre à notre Mère la vie qu'ils ont dessein de nous faire vivre. Elle en est d'a­bord remplie et débordante, La grâce est préformée en elle et s'y empreint d'une spéciale beauté. 

Toute la grâce et toutes les grâces, secours et états, vertus et dons, nous arrivent ainsi canalisés et distribués par elle, imprégnés de cette particulière suavité qu'elle donne à tout ce qu'elle touche et laisse en tout ce qu'elle fait.

« Marie est donc, par son action, mêlée à tout dans notre vie et porteuse de tout le divin en nous. Sur tout le cours de notre existence, du berceau et même avant, jus­qu'à la tombe et même au-delà, grâce habituelle et grâces actuelles, grâce et gloire, on ne voit pas. ce qui pourrait être ôté à son domaine. Elle donne forme et figure à tout notre être dans le Christ... 

Elle imprime sa façon à tout et donne comme un surcroît de perfection à ce qui lui passe ainsi par les mains. J'ai dit que nous tenions tout entiers dans sa prière : nous tenons pareillement dans son action et, si l'on peut dire, dans ses mains. Tout chré­tien est un enfant de Marie, or un enfant n'est digne de ce nom que s'il est réellement façonné par sa mère. »

Si l'on admet que la Sainte Vierge, non seulement nous obtient par sa prière, mais nous transmet toutes les grâces que nous recevons, on donne un sens plus complet aux titres de trésorière et dispensatrice de toutes les grâ­ces qui lui sont généralement attribués.
Cela parait aussi indiqué en certaines paroles très bel­les et très fortes de la liturgie, surtout dans le Stabat, où la répétition admirable du Fac montre que Marie, non seulement nous obtient par sa prière la grâce d'arriver à l'intimité du Christ, mais qu'elle fait en quelque ma­nière en nous cette divine intimité :

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyJeu 27 Aoû - 22:40

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

Article II - LA DISTRIBUTRICE DE TOUTES LES GRACES, SON MODE D'INFLUENCE


Eia, Mater, fons amoris, O Mère, source d'amour,
Me sentire vim doloris Faites-moi sentir la violence
Fac ut tecum lugeam. De votre douleur, afin que je pleure avec vous.

Fac ut ardeat cor meum, Faites que mon cœur s'embrase
In amando Christum Deum, D'amour pour le Christ Dieu,
Ut sibi complaceam. Afin que je lui plaise.

Fac ut portem Christi mortem, Faites que je porte la mort du Christ,
Passionis fac consortem Faites-moi partager sa Passion
Et plagas recolere. Et vénérer ses saintes plaies.

Fac me plagsis vulnerari, Faites que, blessé de ses blessures,
Fac me cruce inebriari, Je sois enivré de la croix
Et cruore Filii. Et du sang de votre Fils.


Cette influence de Marie sur nos âmes reste sans doute mystérieuse, mais il semble bien qu'elle n'est pas seule­ment morale, qu'elle intervient dans la production même de la grâce, à titre d'instrument conscient et libre, comme lorsque le thaumaturge guérit par son contact et sa bénédiction. 

Déjà, dans l'ordre naturel, le sourire, le regard, l'inflexion de la voix, le ton transmettent quelque chose de la vie de l'âme.

A cette interprétation des termes traditionnels communément reçus s'ajoutent des raisons théologiques qui ne sont pas sans valeur.

Comme le dit le P. Hugon : « Une fois établi que les anges et les saints sont bien souvent les causes physi­ques secondaires des miracles, il semble tout naturel que nous revendiquions cette efficacité pour la Mère de Dieu et à un degré supérieur. » 

Et si elle est cause instrumen­tale physique des miracles que Dieu seul produit comme cause principale, pourquoi ne pas admettre qu'elle est de la même manière cause de la grâce ? Comme le remar­que (ibid.) le théologien que nous venons de citer : « Toute prérogative qui est possible et qui convient au rôle, à l'office, à la dignité d'une Mère de Dieu, doit se trouver dans la Sainte Vierge... 

Elle reçoit à titre secon­daire tout ce que le Christ possède à un titre plénier et principal : mérites, satisfactions, intercession...; pour­quoi la relation devrait-elle cesser dans l'ordre de la cau­salité physique ? 

Qu'est-ce qui nécessite cette excep­tion ? Ne semble-t-il pas, au contraire, que le parallé­lisme surnaturel doive se poursuivre jusqu'au bout, et que la Mère doive être l'instrument secondaire partout où le Fils est l'instrument premier et conjoint ?... 

Il sem­ble assez naturel que les actes (de Marie) dont Dieu veut se servir à chaque instant dans l'ordre d'intercession soient élevés, transformés par la fécondité infinie et char­gés de communiquer instrumentalement la vie céleste aux âmes. »

De plus, si le prêtre par l'absolution sacramentelle est cause instrumentale de la grâce, à raison de son union au Christ rédempteur, Marie ne lui est pas moins unie en sa qualité de Mère de Dieu et de corédemptrice, car il est plus parfait d'avoir donné au Verbe sa nature humaine et de l'avoir offert sur la croix que de le rendre présent sur l'autel et de l'y offrir.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptySam 29 Aoû - 8:40

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CHAPITRE III

Article II - LA DISTRIBUTRICE DE TOUTES LES GRACES, SON MODE D'INFLUENCE
 

L'influence très certaine du Christ, tête du Corps mys­tique, reste aussi fort mystérieuse, puisqu'elle est essen­tiellement surnaturelle. Celle que paraît exercer Marie en dehors de son intercession n'est pas moins secrète, bien sûr, mais elle est sérieusement probable, pensons-­nous, sans qu'on puisse rien affirmer de plus. Ainsi, lors­qu'il s'agit des dernières ondulations du son ou de la lumière dans l'air, il est difficile de dire avec certitude où elles existent encore et où elles finissent vraiment.

Notons enfin que l'influence propre de Marie parait s'exercer surtout sur notre sensibilité parfois égarée, dis­traite, pour la calmer, la subordonner à nos facultés supé­rieures et faciliter en celles-ci la docilité à suivre l'im­pulsion du Christ, tête de l'Eglise, qui nous transmet l'in­flux de la grâce divine.

Bien que le mode d'influence de Marie reste caché, le fait même de son influence n'est pas douteux.

Ce qui est sûr, c'est que la Sainte Vierge est la dispen­satrice de toutes les grâces, au moins par son interces­sion. Et il faut remarquer avec le P. Merkelbach que ce n'est pas à la façon des autres saints qu'elle intercède, ce n'est pas par une demande qui pourrait ne pas être exaucée, c'est plutôt comme le Christ, constitué Média­teur et Sauveur, dont l'intercession est toujours entendue non seulement de fait, mais de droit.

L'intercession du Christ, dit saint Thomas, est l'expression de son désir de notre salut acquis au prix de son sang. Comme Marie médiatrice a été associée très intimement à l'œuvre ré­demptrice de son Fils, elle est associée de même à son intercession, elle exprime son désir que Dieu a décidé de considérer comme toujours uni à celui du Christ. En ce sens, la Sainte Vierge dispose des grâces qu'elle demande; sa prière est la cause efficace de leur obtention, et elle paraît être associée aussi à l'influence du Christ pour la transmission de ces grâces.

Aussi l'Eglise chante-t-elle dans l'hymne des matines de l'Office de Marie médiatrice de toutes les grâces :

Cuncta, quae nobis meruit Redemptor,
Dona partitur genitrix Maria,
Cujus ad votum sua fundit ultro
Munere Natus.

Elle nous distribue tous les dons que nous a mérités son Fils, et qu'elle nous a mérités avec lui.

Si, comme il semble, Marie, par une causalité physique instrumentale, nous transmet toutes les grâces que nous recevons, toutes les grâces actuelles qui nous sont don­nées pour la respiration de l'âme, comme l'air arrive incessamment dans les poumons pour la respiration du corps, nous sommes ainsi constamment sous son in­fluence subordonnée à celle du Christ, tête de l'Eglise; elle nous transmet continuellement l'influx vital qui vient de lui.

Mais même si elle n'agit sur nous actuellement que par la causalité morale de l'intercession, elle est présente dans les âmes en état de grâce qui la prient selon une présence affective, comme l'objet aimé, même s'il est physique­ment distant, est présent en celui qui l'aime. Marie est présente corps et âme au ciel, elle est donc physique­ment distante de nous, mais elle est présente d'une pré­sence affective dans les âmes intérieures qui l'aiment, comme l'objet aimé qui attire vers lui notre affection est présent en nous.

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyDim 30 Aoû - 8:03

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CHAPITRE III

Article II - LA DISTRIBUTRICE DE TOUTES LES GRACES, SON MODE D'INFLUENCE


Cette influence de Marie devient toujours plus intime dans les âmes intérieures très fidèles.Le bienheureux Grignion de Montfort l'a souvent re­marqué. Il dit : « Le Saint-Esprit est devenu fécond par Marie, qu'il a épousée. C'est avec elle et en elle et d'elle qu'il a produit son chef-d'œuvre, qui est un Dieu fait homme, et qu'il produit tous les jours jusqu'à la fin du monde les prédestinés et les membres du corps de ce chef adorable : c'est pourquoi plus il trouve Marie, sa chère et indissoluble épouse, dans une âme, plus il devient opérant pour produire Jésus-Christ en cette âme et cette âme en Jésus-Christ.
« Ce n'est pas qu'on veuille dire que la Très Sainte Vierge donne au Saint-Esprit la fécondité... Mais on veut dire que le Saint-Esprit, par l'entremise de la Sainte Vierge, dont il veut bien se servir, quoiqu'il n'en ait pas absolument besoin, réduit à l'acte sa fécondité, en produisant en elle et par elle Jésus-Christ et ses membres : mystère de grâce inconnu même aux plus savants et spi­rituels d'entre les chrétiens. »

Comme le remarque le P. Hugon au sujet de ces paroles du bienheureux de Montfort : « La fécondité exté­rieure du divin Paraclet, c'est la production de la grâce, non pas dans l'ordre de la causalité morale, car le Saint-­Esprit n'est pas une cause méritoire ni impétratoire, mais dans l'ordre de la causalité physique. Réduire à l'acte cette fécondité, c'est produire physiquement la grâce et ces œuvres de sainteté qui sont appropriées à la troisième Personne. S'il est vrai que le Saint-Esprit réduit à l'acte sa fécondité par l'intermédiaire de Marie, s'il devient opé­rant par elle, c'est par elle qu'il produit physiquement la grâce dans les âmes : Marie est donc l'instrument physi­que secondaire de l'Esprit-Saint. 

Telle nous semble la portée de ces fortes paroles du saint auteur; telle serait cette haute doctrine qu'il appelle « un mystère de grâce inconnu même aux plus savants et spirituels d'entre les chrétiens. »

Ainsi, comme l'Incarnation se prolonge en quelque sorte indéfiniment par l'influence vivificatrice du Christ, tête de l'Eglise, sur ses membres, la maternité virginale de Marie s'achèverait par le fait qu'elle nous transmettrait toutes les grâces que sa prière nous obtient.

Le bienheureux de Montfort parle toujours ainsi. Il faut citer aussi à ce sujet L'union mystique à Marie, écrit par une recluse flamande qui l'a personnellement expéri­mentée, Marie de Sainte-Thérèse (1623-1677). Ces écrits montrent qu'il y a une influence très profonde, des tou­ches secrètes de Marie, médiatrice de toutes les grâces, pour conduire les âmes intérieures très fidèles à une inti­mité toujours plus grande avec Notre-Seigneur. L'âme qui suit cette voie entre ainsi de plus en plus dans le mystère de la communion des saints et participe aux sen­timents les plus élevés qu'avait la Mère de Dieu au pied de la croix et après la mort de Notre-Seigneur, à la Pen­tecôte ou plus tard lorsqu'elle priait pour les Apôtres et leur obtenait les grandes grâces de lumière, d'amour et de force dont ils avaient besoin pour porter le nom de Jésus jusqu'aux extrémités du monde connu des anciens. Or l'influence de Marie, médiatrice universelle, est plus grande encore, plus universelle et plus rayonnante depuis qu'elle est montée au ciel.


NOTE - LE MODE DE PRÉSENCE DE LA SAINTE VIERGE DANS LES AMES QUI LUI SONT UNIES

Pour préciser cette doctrine, il faut dire brièvement ce que les théologiens entendent par contact virtuel d'une part, et par pré­sence affective de l'autre.

Le contact virtuel ou dynamique

A propos de la présence de Dieu en toutes choses ou de celle des anges dans les corps sur lesquels ils agissent, on distingue généralement le contact virtuel (contactus virtutis) du contact quantitatif. Deux corps sont présents l'un à l'autre par le contact quan­titatif, c'est-à-dire par celui de leur propre quantité ou étendue.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyDim 30 Aoû - 21:23

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

Article II - LA DISTRIBUTRICE DE TOUTES LES GRACES, SON MODE D'INFLUENCE

NOTE -LE MODE DE PRÉSENCE DE LA SAINTE VIERGE DANS LES AMES QUI LUI SONT UNIES 

Le contact virtuel ou dynamique

Un esprit pur, n'ayant pas de corps, ni par suite de quantité ou étendue, est présent là où il opère par le contact virtuel, par sa vertu, principe de son action. C'est le contact dynamique d'une force spirituelle qui possède ce sur quoi elle agit.

La vertu divine n'est pas distincte de l'être même de Dieu, donc Dieu est réellement et substantiellement présent, par contact vir­tuel, en tout ce qu'il produit lui-même immédiatement, ou sans l'intermédiaire d'un instrument, c'est-à-dire en ce qu'il crée par création proprement dite ex nihilo et conserve immédiatement dans l'existence; il est ainsi présent dans la matière, dans les âmes spirituelles et les anges, qui ne peuvent être produits que par créa­tion ex nihilo, laquelle ne peut se faire par l'intermédiaire d'un instrument (cf. Ia, q. 8, a. 1, 2, 3, 4; q. 45, a. 5; q. 104, a. 2).

Pour la même raison, les théologiens admettent généralement que l'ange, qui de soi n'est pas dans un lieu puisqu'il est esprit pur, est réellement présent lui-même là où il agit, car il touche par un contact virtuel (contactus virtutis) le corps qu'il meut localement (cf. Ia, q. 52). Un ange peut aussi éclairer une intelli­gence humaine et agir sur elle par l'imagination, comme un maître qui enseigne.

La présence de l'âme de Jésus et celle de l'âme de la Sainte Vierge dans les personnes qui leur sont unies ressemblent à celle des anges, mais en diffèrent pourtant à un point de vue. La diffé­rence provient de ceci qu'une âme humaine unie à son corps, comme l'âme de Jésus et celle de sa sainte Mère, est réellement présente (definitive) là où est son corps et non pas ailleurs; or le corps de Jésus depuis l'Ascension n'est qu'au ciel selon son lieu naturel, et de même le corps de Marie depuis l'Assomption. Et l'âme, étant par sa nature unie à son propre corps, n'agit sur les autres que par lui. En cela elle diffère de l'ange qui n'a point de corps

Mais comme Dieu peut se servir des anges pour produire ins­trumentalement un effet proprement divin comme le miracle, il peut se servir aussi de l'âme de Jésus, de ses actes, et même du corps de Jésus, ou encore l'âme de Marie, de ses actes, de son corps.
Lorsque Dieu se sert de l'humanité du Sauveur comme d'une cause physique instrumentale pour produire la grâce en nous, ainsi que l'admet saint Thomas (IIIa, q. 43, a. 2; q. 48, a. 6; q. 62, a. 4), nous sommes sous l'influence même physique de l'huma­nité du Christ.

Cependant elle ne nous touche pas, car elle est au ciel. De même si quelqu'un de loin nous parle par un porte-voix, ce porte-voix ne nous touche pas immédiatement; dans ce cas, il y a seulement contact virtuel et non pas contact quantitatif de l'instrument et du sujet sur lequel il opère; contact virtuel sem­blable à celui du soleil qui de loin nous éclaire et nous réchauffe. 

 Si la Sainte Vierge est cause physique instrumentale de la grâce, d'une façon subordonnée à l'humanité du Christ, nous sommes aussi sous son influence même physique, sans pourtant qu'elle nous touche autrement que par contact virtuel.

Il faut noter cependant que l'âme humaine, en tant qu'elle est spirituelle et domine son corps, n'est pas comme telle dans un lieu. De ce point de vue, toutes les âmes, dans la mesure où elles vivent davantage de la vie spirituelle et sont plus dégagées des sens, en se rapprochant spirituellement de Dieu, se rapprochent spirituellement les unes des autres. 

On s'explique par là la pré­sence spirituelle de la sainte âme du Christ et de l'âme de Marie, surtout si l'on admet que l'une et l'autre sont causes physiques instrumentales des grâces que nous recevons.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyLun 31 Aoû - 22:38

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

NOTE -LE MODE DE PRÉSENCE DE LA SAINTE VIERGE DANS LES AMES QUI LUI SONT UNIES 

Le contact virtuel ou dynamique


A ce titre, on peut dire que nous sommes constamment sous leur influence dans l'ordre spirituel, comme dans l'ordre corporel notre corps est constamment sous l'influence du soleil qui nous éclaire et nous réchauffe et sous l'influence permanente de l'air que nous respirons sans cesse.
En la présence spirituelle dont nous venons de parler peuvent s'unir l'influence de la causalité instrumentale dite physique, qui est ici spirituelle, et la présence dite affective sur laquelle nous allons insister, et qui, elle, n'est pas seulement probable, mais certaine.

La présence affective

Même si la Sainte Vierge n'était pas cause physique instrumen­tale des grâces que nous recevons, elle serait présente en nous d'une « présence affective » comme l'objet connu et aimé en ceux qui l'aiment, et cela à des degrés très divers d'intimité selon la profondeur et la force de cet amour.
Même une âme très imparfaite est sous l'influence dite physi­que de la Sainte Vierge, si celle-ci est cause physique instrumen­tale des grâces reçues par cette âme. Mais plus notre amour pour Marie devient profond, plus sa présence affective en nous devient intime Il importe d'y insister, car ce mode de présence est cer­tain, et saint Thomas l'a admirablement expliqué Ia IIae, q. 28, a. 1 et 2, là où il se demande si l'union est l'effet de l'amour, et si une mutuelle inhésion ou inhérence est effet de l'amour.

Il répond (a. 1) : L'amour, comme l'a dit Denys, est une force unitive. Il y a deux unions possibles entre ceux qui s'aiment : 1° une union réelle, lorsqu'ils sont réellement présents l'un à l'autre (comme deux personnes qui sont au même endroit et qui se voient immédiatement); 2° une union affective (comme celle qui existe entre deux personnes physiquement très distantes l'une de l'autre), celle-ci procède de la connaissance (du souvenir actuel de la personne aimée) et de l'amour de cette personne.

« ... L'amour suffit à constituer formellement l'union affective, et il porte à désires l'union réelle. » Il y a donc une union affec­tive qui résulte de l'amour, malgré l'éloignement des personnes. ­Si Monique et Augustin, même très éloignés l'un de l'autre, étaient spirituellement très unis, et par là affectivement présents l'un à l'autre d'une manière plus ou moins profonde selon le degré ou l'intensité de leur affection, combien plus encore une âme qui vit chaque jour davantage dans l'intimité de notre Mère du ciel lui est-elle affectivement unie ?

Saint Thomas va plus loin, ibid , a 2, corp. et ad. 1, il montre qu'une mutuelle inhésion ou inhérence spirituelle peut être un effet de l'amour, malgré l'éloignement des personnes. Et il dis­tingue très bien deux aspects de cette union affective : 1° amatum est in amante, la personne aimée est en celui qui aime, comme impriméee en l'affection de celui-ci par la complaisance qu'elle lui inspire; 2° au contraire, amans est in amato, celui qui aime est dans la personne aimée, en tant qu'il se réjouit très fort et inti­mement de ce qui fait son bonheur à elle.

Le premier mode est souvent plus senti, et, à l'égard de Dieu, on risque ici de simuler avant l'heure, une telle union; de plus, même lorsqu'elle est véritablement le fruit d'une grâce, elle peut avoir un trop grand retentissement sur la sensibilité proprement dite, ce qui expose à la gourmandise spirituelle.

Plus l'amour est désintéressé et en même temps fort et intime, plus le second aspect tend à prévaloir. Alors l'âme est plus en Dieu que Dieu n'est en elle; et il y a quelque chose de semblable à l'égard de l'humanité de Jésus et de la Sainte Vierge.
Finalement, cet amour désintéressé et fort produit, dit saint Thomas (ibid., a. 3) l'extase d'amour (avec ou sans suspension de l'usage des sens), l'extase spirituelle, par laquelle celui qui aime sort pour ainsi dire de soi, parce qu'il veut le bien de son ami, comme le sien, et s'oublie lui-même.

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMar 1 Sep - 22:17

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE III

NOTE -LE MODE DE PRÉSENCE DE LA SAINTE VIERGE DANS LES AMES QUI LUI SONT UNIES 

La présence affective


On voit par là quelle peut être l'intimité de cette union d'a­mour et de cette présence non pas corporelle, mais affective. Il est vrai pourtant que cette union affective tend à l'union réelle dont nous jouirons au ciel en voyant immédiatement l'humanité du Sauveur et la Sainte Vierge. Dès ici-bas, il y en a comme un pré­lude dans l'influence physique de l'humanité de Jésus et proba­blement de la Sainte Vierge, qui nous transmet une grâce tou­jours plus éleée et une charité qui s'enracine toujours plus inti­mement en notre volonté. - Voir à la fin de cet ouvrage l'avant­-dernier chapitre sur l'Union mystique avec Marie, pp. 326-334.

Article III - L'UNIVERSALITÉ DE LA MÉDIATION DE MARIE ET SA DÉFINIBILITÉ


Après avoir parlé des caractères généraux de la médiation de la Sainte Vierge, de son mérite et de sa satisfac­tion pour nous durant sa vie mortelle, de son intercession au ciel, de la façon dont elle nous transmet les grâces que nous recevons, il faut considérer l'universalité de sa médiation, sa certitude et le sens exact selon lequel elle doit être entendue.

Certitude de cette universalité

Etant donné ce que nous avons vu, cette universalité dérive de tous les principes admis, à tel point qu'elle ne demande pas une preuve spéciale; c'est plutôt ses adver­saires qui devraient prouver leur position.

Nous avons vu en effet qu'en sa qualité de Mère de Dieu rédempteur et de Mère de tous les hommes, Marie coré­demptrice nous a mérité d'un mérite de convenance tout ce que Notre-Seigneur nous a mérité en justice et qu'elle a satisfait pour nous de même en union avec lui.

Il suit de là qu'elle peut au ciel, par son intercession, nous obte­nir l'application de ces mérites passés et qu'elle nous obtient de fait, non seulement toutes les grâces en général, mais toutes les grâces particulières que chacun de nous reçoit, sans exclure évidemment l'intervention su­bordonnée des saints auxquels nous avons aussi recours.

Cette assertion n'est pas seulement une pieuse opinion, sérieusement probable, c'est une certitude théologique, en vertu des principes exposés plus haut, déjà affirmés par les Pères, communément reçus par les théologiens, exprimés dans la prédication générale et confirmés par les encycliques des Papes. Léon XIII, dans l'encyclique Octobri mense, sur le Rosaire, 22 septembre 1891 (Denz., 3033), dit en particulier : « Nihil nobis nisi per Mariam, Deo sic volente, impertiri. » Aucune grâce ne nous est accordée sans l'intervention de Marie, parce que Dieu l'a voulu ainsi.

L'universalité de cette médiation est affirmée aussi par les prières de l'Eglise, qui sont l'expression de sa foi. Elle nous fait demander à Marie les grâces de toutes sor­tes, temporelles et spirituelles, et, parmi ces dernières, toutes celles qui conduisent à Dieu, depuis les premières qui portent à la conversion, jusqu'à celle de la persévé­rance finale, sans omettre celles nécessaires en particu­lier aux apôtres pour leur apostolat, aux martyrs pour rester fermes dans la persécution, aux confesseurs de la foi pour y conformer toute leur vie, aux vierges pour gar­der intacte la virginité, etc. Marie, en effet, dans les lita­nies de Lorette, universellement récitées dans l'Eglise, est appelée salut des infirmes, refuge des pécheurs, con­solatrice des affligés, secours des chrétiens, reine des apô­tres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, de tous les saints.

Ainsi, par elle nous sont accordées toutes les catégories de grâces nécessaires aux uns et aux autres, à chacun dans sa condition. En d'autres termes, toutes les grâces que Notre-Seigneur nous a méritées en justice et qu'elle-­même nous a méritées d'un mérite de convenance, Marie nous les distribue incessamment au cours des générations humaines depuis vingt siècles, et il en sera ainsi jusqu'à la fin du monde pour nous aider dans notre voyage vers l'éternité.

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMer 2 Sep - 22:21

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CHAPITRE III

Article III - L'UNIVERSALITÉ DE LA MÉDIATION DE MARIE ET SA DÉFINIBILITÉ 

Certitude de cette universalité


Bien plus, en chacune de ces catégories de grâces, nécessaires aux apôtres, aux martyrs, aux confesseurs, aux vierges, la plus particulière de toutes les grâces pour chacun de nous, c'est-à-dire la grâce du moment présent, ne nous est pas accordée sans l'intervention de Marie. Tous les jours en effet et plusieurs fois le jour nous la lui demandons, cette grâce, en lui disant dans l'Ave Maria : 

« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort; ainsi soit-il. » 

Par cet adverbe « maintenant », nous demandons la grâce qui nous est nécessaire pour le de­voir de la minute présente, pour bien prier ou pratiquer telle autre vertu, et, si nous ne sommes pas attentifs à ce mot, la Sainte Vierge, qui connaît, au ciel, les besoins actuels de chacune de nos âmes, y est attentive; lorsque ensuite nous obtenons cette grâce du moment (par exem­ple celle nécessaire pour continuer à bien prier), c'est par son intercession que nous l'avons obtenue, et c'est un signe que, en cela, nous avons été exaucés. 

Cette grâce du moment présent est évidemment la plus particulière de toutes et, pour chacun de nous, elle varie de minute en minute, comme les ondulations de l'air qui arrive in­cessamment à nos poumons pour que la respiration con­tinuelle renouvelle notre sang.

La médiation de Marie est donc selon la Tradition véri­tablement universelle, puisqu'elle s'étend à toute l'œuvre du salut, tant à l'acquisition des grâces par le mérite et la satisfaction passés, qu'à leur application par la prière toujours actuelle et à leur distribution. 

Cette médiation n'est pas limitée à certaines sortes de grâces, elle s'étend à toutes. Il y a même sur ce point l'unanimité morale des Pères, des Docteurs, et de la croyance des fidèles expri­mée par la liturgie.

Définibilité de cette vérité

Cette doctrine parait même non seulement théologiquement certaine, mais définissable comme dogme de foi, car elle est d'abord implicitement révélée dans les titres ».
Pie X l'appelle « la dispensatrice de toutes les grâces que Jésus nous a acquises par son sang ».

C'est cette doctrine que Benoît XV a sanctionnée le 21 janvier 1921 par l'institution de la fête universelle de Marie médiatrice de toutes les grâces. Elle parait donc définissable comme dogme de foi, car elle est du moins implicitement révélée et déjà universellement proposée par le magistère ordinaire de l'Eglise.

Quel est le sens exact de cette universalité
 
Il faut à ce sujet faire plusieurs remarques pour bien déterminer le sens de l'expression « médiation univer­selle ».

Tout d'abord, les grâces déjà reçues par les hommes depuis la chute jusqu'à l'Incarnation du Verbe ont été accordées par Dieu à cause des mérites futurs du Sau­veur, auxquels devaient s'unir ceux de Marie, mais ni Notre-Seigneur, ni sa sainte Mère ne les ont distribuées et transmises, puisqu'il s'agit de grâces passées.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyJeu 3 Sep - 21:35

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CHAPITRE III

Article III - L'UNIVERSALITÉ DE LA MÉDIATION DE MARIE ET SA DÉFINIBILITÉ

Quel est le sens exact de cette universalité


Il n'en est pas de même s'il s'agit des grâces reçues par les hommes depuis la venue du Christ. Il faut même dire que c'est surtout depuis l'Assomption que Marie, con­naissant les besoins spirituels de chacun de nous, inter­cède pour chacun et nous distribue les grâces que nous recevons.

Même les grâces sacramentelles nous sont obtenues par elle en ce sens qu'elle nous obtient tout ce qu'elle nous a mérité, et nous avons vu qu'elle nous a mérité d'un mé­rite de convenance tout ce que Jésus nous a mérité en justice, et donc aussi les grâces sacramentelles. De plus, elle nous les distribue et nous les transmet au moins en tant qu'elle nous accorde les grâces qui nous disposent à nous approcher des sacrements, à bien les recevoir, et parfois elle envoie le prêtre sans lequel ce secours sacra­mentel ne nous serait pas donné.

I1 ne faut pas entendre l'universalité de cette média­tion en ce sens qu'aucune grâce ne nous serait accordée sans que nous l'ayons explicitement demandée à Marie; ce serait confondre notre prière qui s'adresse à elle avec celle qu'elle adresse à Dieu. Marie peut en effet prier pour nous sans que nous l'invoquions explicitement. Il est sûr que bien des grâces sont accordées non seu­lement aux enfants, mais aussi aux adultes avant même qu'ils aient prié, en particulier celle nécessaire pour commencer à prier. On peut aussi dire le Pater sans invo­quer explicitement la Sainte Vierge, mais on l'invoque alors implicitement, si l'on prie selon l'ordre établi par la Providence.

Il ne faudrait pas croire non plus que Marie a été médiatrice, pour elle-même.

Par contre, il ne suffirait pas de dire qu'elle nous obtient par sa médiation presque toutes les grâces, ou moralement parlant toutes les grâces. Cette expression vague pourrait signifier 9/10 ou 8/10, ce qui n'a aucun fondement. Il faut dire que, par une loi générale établie par la Providence, toutes les grâces et chacune nous viennent par la médiation de Marie, et on ne voit pas d'indice manifestant qu'il y ait des exceptions.

Il faut remarquer en outre que la médiation de Marie diffère de celle des saints, non seulement par son univer­salité, mais parce que, comme Mère de tous les hommes, elle est de droit et non seulement de fait médiatrice pour coopérer à l'œuvre de notre salut, ce qui rend son inter­cession toute-puissante; et non seulement elle a droit d'obtenir, mais elle obtient de fait toutes les grâces que nous recevons. Ses prières sont plus efficaces que celles de tous les saints réunis, puisque d'après cette doctrine de la médiation universelle, les saints ne peuvent rien obtenir sans son intercession.

Enfin il faut noter que cette médiation universelle s'é­tend aux âmes du purgatoire. Comme l'explique le P. E. Hugon : « Il est certain que la Mère de Miséri­corde connaît tous les besoins de ces âmes... Elle peut appuyer ses prières sur ses satisfactions d'autrefois,... elle n'en a jamais eu besoin pour elle-même, elle les abandonne au domaine de l'Eglise, qui les distribue aux âmes par les indulgences... Lors donc que les satisfactions de Marie sont appliquées aux pauvres débiteurs du purgatoire, elle a un certain droit à leur délivrance, puis­qu'elle paie leur dette avec ses propres trésors... Elle obtient par ses maternelles industries que ses enfants de la terre prient pour ses clients du purgatoire, offrent à cette intention leurs bonnes oeuvres, et fassent célébrer l'auguste sacrifice de la délivrance... Elle peut obtenir encore que les suffrages destinés à des âmes qui n'en ont plus besoin ou qui sont incapables de les recevoir profi­tent aux enfants de sa prédilection. »

C'est ainsi qu'un docteur de l'Eglise, saint Pierre Da­mien, assure que chaque année, au jour de l'Assomp­tion, Marie délivre plusieurs milliers de ces captifs. Saint Alphonse de Liguor ajoute, en citant Denys le Char­treux, que ces délivrances ont lieu particulièrement aux fêtes de la naissance du Seigneur et de sa Résurrection. Ces derniers témoignages, sans exiger notre croyance, tra­duisent et expliquent à leur manière une conclusion qui est théologiquement certaine.Ainsi peut se fixer le sens des termes « médiation uni­verselle ».

Source : Livres-mystiques.com

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CHAPITRE III

Article III - L'UNIVERSALITÉ DE LA MÉDIATION DE MARIE ET SA DÉFINIBILITÉ 

Difficultés


Quelques-uns ont objecté : la mère d'un roi n'a pas, du fait de sa maternité, le droit de disposer des biens de celui-ci, et donc la Mère du Christ-Roi n'a pas positivement le droit de disposer de ses grâces.

On a justement répondu : il n'y a pas ici de parité la mère d'un roi a été seulement la mère d'un enfant qui ensuite est devenu roi, et le plus souvent elle n'a pas intimement coopéré à son gouvernement. Au contraire, Marie est, par sa maternité divine elle-même, la Mère de Dieu rédempteur, Roi universel de toutes les créatures, elle lui a donné sa nature humaine et elle a été intimement associée à ses mérites, à ses souffrances réparatrices; elle participe par suite à sa royauté spirituelle avec le droit subordonné au sien de disposer des grâces acqui­ses par lui et par elle.

On a objecté encore que cette médiation n'est qu'une pure convenance et donc qu'elle n'est pas certaine.

Il est facile de répondre : il s'agit d'une convenance, d'une connaturalité qui dérive de la maternité divine de Marie, de sa maternité spirituelle à l'égard des hommes, de son union au Christ rédempteur, et qui en dérive de telle manière que l'opposé ne conviendrait pas, comme il convient pour Notre-Seigneur qu'il ait eu dès le pre­mier instant de sa conception la vision béatifique. Il est connaturel à la Mère spirituelle de tous les hommes de veiller spirituellement sur eux et de leur distribuer les fruits de la rédemption.

De plus, selon la Tradition, c'est une convenance qui a motivé de fait le choix divin et dans laquelle il s'est complu. C'est ainsi qu'elle a été considérée par les Pères et par les Docteurs du moyen âge, notamment par saint Albert le Grand (Mariale, q. 29, 33, 147, 150, 164), par saint Bonaventure (Sermo I in Nat. Dom.), par saint Tho­mas dans son Explication de l'Ave Maria, et par les théo­logiens postérieurs, qui ont mis de mieux en mieux en relief l'universalité de cette médiation.

Conclusion

Aucune difficulté sérieuse ne s'oppose donc à la défi­nition de la médiation universelle de Marie, entendue comme il vient d'être dit : médiation subordonnée à celle du Sauveur et dépendante de ses mérites; médiation qui n'ajoute pas un complément nécessaire à ces mérites de Jésus dont la valeur est infinie et surabondante, mais qui en montre le rayonnement et tout le fruit dans une âme très parfaite pleinement configurée à lui.

Les difficultés qui ont été soulevées contre cette média­tion universelle sont certainement moindres que celles qui furent formulées au XIII° siècle contre l'Immaculée Conception, qui a pourtant été définie comme dogme de foi.

On admet aussi généralement aujourd'hui la définibi­lité de l'Assomption, dont la fête, qui remonte au moins au VIII° siècle, est un témoignage de la Tradition. Or la médiation universelle de Marie paraît plus certaine encore par les principes qui la fondent : la maternité di­vine et la maternité spirituelle à l'égard de tous les hom­mes, et plus certaine aussi par les documents de la plus ancienne tradition sur l'opposition entre Eve et Marie.

La médiation universelle de la Sainte Vierge a été beau­coup moins attaquée que l'Immaculée Conception et que l'Assomption, elle est déjà très certaine de par le magis­tère ordinaire de l'Eglise et l'on ne peut que souhaiter sa définition pour mieux promouvoir la dévotion de tous à l'égard de celle qui est vraiment la Mère spirituelle, de tous les hommes et qui veille incessamment sur eux.

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CHAPITRE III

Article III - L'UNIVERSALITÉ DE LA MÉDIATION DE MARIE ET SA DÉFINIBILITÉ 

Conclusion


Cette médiation, loin de voiler celle de Notre-Seigneur, en manifeste le rayonnement, puisque les plus grands mérites suscités par Jésus-Christ sont ceux de sa sainte Mère et que c'est lui qui lui communique la dignité de la causalité dans l'ordre de la sanctification et du salut. 

Du reste l'histoire montre que ce sont précisément les na­tions qui ont perdu la foi en la divinité de Jésus-Christ, qui ont abandonné la dévotion à sa Mère, tandis que celles qui ont toujours été les premières à honorer la Mère de Dieu ont gardé la foi au dogme de l'Incarnation ré­demptrice. L'anglican Pusey condamnait cette parole de Faber : « Jésus est voilé parce que Marie est gardée à l'ar­rière-plan. » Newman répondait : « Attestée par l'his­toire, cette vérité est rendue très manifeste par la vie et les écrits des saints qui ont vécu dans la période mo­derne. » Il citait comme exemple saint Alphonse de Liguori et saint Paul de la Croix dont l'amour ardent pour Jésus Rédempteur était inséparable d'une grande dévotion à Marie.

Ces faits montrent une fois de plus que le véritable culte rendu à, la Mère de Dieu, comme l'action qu'elle-­même exerce sur nous, conduit sûrement à l'intimité du Christ. Bien loin de la diminuer, elle l'affermit, elle la rend plus profonde et plus fructueuse comme l'influence de la sainte âme du Sauveur augmente en nous l'union avec la Sainte Trinité.

L'universalité de cette médiation de Marie nous appa­raîtra de plus en plus en considérant comment elle est Mère de Miséricorde et quelle est l'extension de sa royauté universelle.

CHAPITRE IV 

Mère de Miséricorde


Nous considérerons ce titre d'abord en lui-même, puis dans ses principales, manfestations qui sont comme le rayonnement de la doctrine révélée sur Marie et qui la rendent accessible à tous.

Article I - GRANDEUR ET FORCE DE CETTE MATERNITE

Ce titre de Mère de Miséricorde est un des plus grands de Marie. On s'en rend compte si l'on considère la diffé­rence de la Miséricorde, qui est une vertu de la volonté, et de la pitié sensible, qui n'est qu'une louable inclination de la sensibilité.

Cette pitié sensible, qui n'existe pas en Dieu, puisqu'il est esprit pur, nous porte à compatir aux souffrances du prochain, comme si nous les ressentions nous-mêmes et de fait elles peuvent nous atteindre. C'est une louable inclination, mais elle est généralement ti­mide, elle s'accompagne de la crainte du mal qui nous menace aussi, et elle est souvent incapable de porter effectivement secours.

Au contraire, la Miséricorde est une vertu, qui se trouve, non pas dans la sensibilité, mais dans la volonté spirituelle; et, comme le remarque saint Thomas, si la pitié sensible se trouve surtout chez les êtres faibles et timides, qui se sentent vite menacés par le mal qu'ils voient dans le prochain, la vertu de Miséricorde est le propre des êtres puissants et bons, capables de porter réel­lement secours. 

C'est pourquoi elle se trouve surtout en Dieu, et comme le dit une oraison du Missel, elle est une des plus grandes manifestations de sa puissance et de sa bonté. 

Saint Augustin remarque qu'il est plus glorieux pour Dieu de tirer le bien du mal que de créer quelque chose de rien; il est plus grand de convertir un pécheur en lui donnant la vie de la grâce, que de créer de rien tout l'univers physique, le ciel et la terre.

Source : Livres-mystiques.com

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DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE IV 

Article I - GRANDEUR ET FORCE DE CETTE MATERNITE


Marie participe éminemment à cette perfection divine, et en elle la Miséricorde s'unit à la pitié sensible, qui lui est parfaitement subordonnée et qui nous la rend plus accessible, car nous n'atteignons les choses spirituelles que par les choses sensibles.

La Sainte Vierge est Mère de Miséricorde, parce qu'elle est Mère de la divine grâce, Mater divinae gratiae, et ce titre lui convient parce qu'elle est Mère de Dieu, auteur de la grâce, Mère du Rédempteur, et qu'elle a été asso­ciée plus intimement que personne, au Calvaire, à l'œu­vre de la rédemption.

Comme Mère de Miséricorde, elle nous rappelle que, si Dieu est l'Etre, la Vérité et la Sagesse, il est aussi la Bonté et l'Amour, et que sa Miséricorde infinie, qui est la diffusion de sa Bonté, dérive de son Amour avant la justice vengeresse, qui proclame les droits imprescriptibles du Souverain Bien à être aimé par-dessus tout. C'est ce qui fait dire à l'apôtre saint Jacques (Ep., II, 13) : « La Misé­ricorde s'élève au-dessus de la justice. »
Marie nous fait comprendre que la miséricorde, loin d'être contraire à la justice, comme l'injustice, s'unit à elle en la dépassant, surtout dans le pardon, car pardon­ner, c'est donner au-delà de ce qui est dû, en remettant une offense.

Nous saisissons alors que toute œuvre de justice divine suppose une œuvre de miséricorde ou de bonté toute gra­tuite. Si, en effet, Dieu doit quelque chose à sa créa­ture, c'est en vertu d'un don précédent purement gratuit; s'il doit récompenser nos mérites, c'est qu'il nous a d'a­bord donné la grâce pour mériter, et s'il punit, c'est après nous avoir donné un secours qui rendait réellement possible l'accomplissement de ses préceptes, car il ne com­mande jamais l'impossible.

La Sainte Vierge nous fait entendre que Dieu par pure Miséricorde nous donne souvent au-delà du nécessaire, qu'il se doit en justice de nous accorder; elle nous mon­tre qu'il nous donne souvent aussi au-delà de nos mérites, comme, par exemple, la grâce de la communion qui n'est pas méritée.

Elle nous fait saisir que la Miséricorde s'unit à la jus­tice dans les peines de cette vie, qui sont comme un re­mède pour nous guérir, nous corriger et nous ramener au bien.

Enfin elle nous fait entendre que souvent la Miséricorde compense l'inégalité des conditions naturelles par les grâces accordées, comme le disent les béatitudes évangéli­ques, aux pauvres, à ceux qui sont doux, à ceux qui pleu­rent, à ceux qui ont faim et soif de justice, aux Miséricordieux, à ceux qui ont le cœur pur, aux pacifiques et à ceux qui souffrent persécution pour la justice.

Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE

Marie apparaît Mère de Miséricorde, en tant qu'elle est « le salut des infirmes, le refuge des pécheurs, la conso­latrice des affligés, le secours des chrétiens ». Cette grada­tion, exprimée dans les litanies,est très belle; elle montre que Marie exerce sa Miséricorde à l'égard de ceux qui souffrent dans leur corps pour guérir leur âme, et qu'en­suite elle les console dans leurs afflictions et les fortifie au milieu de toutes les difficultés à surmonter. Rien dans les créatures n'est à la fois plus élevé et plus accessible à tous, plus pratique et plus doux pour nous relever.

Salut des infirmes

Elle est le salut des infirmes par les innombrables gué­risons providentielles ou même vraiment miraculeuses, obtenues par son intercession en tant de sanctuaires de la chrétienté au cours des siècles et de nos jours. Le nom­bre incalculable de ces guérisons est tel qu'on peut dire que Marie est une mer insondable de guérisons miracu­leuses. Mais elle ne guérit les corps que pour porter re­mède aux infirmités de l'âme.

Elle guérit surtout des quatre blessures spirituelles qui sont les suites du péché originel et de nos péchés per­sonnels, blessures de concupiscence, d'infirmité, d'igno­rance et de malice.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyLun 7 Sep - 21:44

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE IV 

Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE 

Salut des infirmes


Elle guérit de la concupiscence ou de la convoitise, qui est dans la sensibilité, en assoupissant l'ardeur des pas­sions, en brisant les habitudes criminelles; elle fait que l'homme commence à vouloir assez fortement le bien pour repousser les mauvais désirs, et aussi pour rester insen­sible à la griserie des honneurs ou à l'attrait des riches­ses. Elle guérit ainsi de « la concupiscence de la chair et de celle des yeux ».

Elle porte remède aussi à la blessure d'infirmité, qui est la faiblesse pour le bien, la paresse spirituelle; elle donne à la volonté de la constance pour s'appliquer à la vertu, et mépriser les attraits du monde en se jetant dans les bras de Dieu. Elle affermit ceux qui chancellent, relève ceux qui sont tombés.

Elle dissipe les ténèbres de l'ignorance, fournit les moyens pour abandonner l'erreur; elle rappelle les véri­tés religieuses à la fois très simples et très profondes, exprimées dans le Pater. 

Elle éclaire par là l'intelligence et l'élève vers Dieu. Saint Albert le Grand, qui avait reçu d'elle la lumière pour persévérer dans sa vocation et sur­monter les tromperies du démon, dit souvent qu'elle nous préserve des déviations qui enlèvent la rectitude et la fer­meté du jugement, qu'elle nous guérit de la lassitude dans la recherche de la vérité, et qu'elle nous fait parve­nir à une connaissance savoureuse des choses divines. Lui-même, dans son Mariale, parle de Marie avec une spontanéité, une admiration, une fraîcheur, une abon­dance, qu'on trouve rarement chez les hommes d'étude.

Enfin elle guérit de la blessure spirituelle de malice, en poussant vers Dieu les volontés rebelles, tantôt par de tendres avertissements, tantôt par des reproches sévères. Par sa douceur, elle arrête les emportements de la colère, par son humilité elle étouffe l'orgueil, et écarte les tenta­tions du démon. 

Elle inspire à celui-ci de renoncer à la vengeance, de se réconcilier avec ses frères, elle lui fait entrevoir la paix qui se trouve dans la maison de Dieu.

En un mot elle guérit l'homme des blessures du péché originel, aggravées par nos péchés personnels.

Quelquefois même cette guérison spirituelle est mira­culeuse par son instantanéité, comme il arriva dans la conversion du jeune Alphonse Ratisbonne, israélite fort éloigné de la foi catholique, qui visitait en curieux l'é­glise de Sant Andrea delle Frate à Rome, et à qui la Sainte Vierge apparut comme elle est représentée sur la médaille miraculeuse, avec des rayons de lumière qui sortaient de ses mains. 

Avec bonté elle lui fit signe de s'agenouiller. Il s'agenouilla, perdit l'usage de ses sens, et quand il le re­trouva, il exprima le vif désir qu'il éprouvait de recevoir le baptême au plus tôt. Il fonda plus tard, avec son frère converti avant lui, les Pères de Sion et les Religieuses de Sion pour prier; souffrir et travailler pour la conversion des Juifs, en disant tous les jours à la messe : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. »

En cela Marie s'est splendidement montré le salut des infirmes.

Refuge des pécheurs

Elle est le refuge des pécheurs précisément parce qu'elle est leur mère et qu'elle est très sainte. Justement parce qu'elle déteste le péché qui ravage les âmes, loin d'abhorrer les pécheurs eux-mêmes, elle les accueille, les invite au repentir; elle les délivre des chaînes des mauvaises habitudes par la puissance de son intercession; elle leur obtient la réconciliation avec Dieu, par les mérites de son Fils, qu'elle rappelle à leur souvenir.

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMar 8 Sep - 21:46

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CHAPITRE IV
 
Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE
 
Refuge des pécheurs

 
Ensuite elle protège les pécheurs convertis contre le démon, contre tout ce qui entrainerait des rechutes. Elle les exhorte à la pénitence et leur y fait trouver de la dou­ceur.
C'est à elle, après Notre-Seigneur, que tous les pé­cheurs qui se sauvent doivent leur salut. Elle en a con­verti d'innombrables en particulier dans les lieux de pèle­rinages, à Lourdes où elle dit : « Priez et faites péni­tence » ; plus récemment à Fatima, en Portugal, où le nombre des conversions, depuis 1917, est incalculable.
 
Beaucoup de criminels au moment du dernier supplice lui doivent leur conversion in extremis.
Elle a suscité des ordres religieux voués à la prière, à la pénitence et à l'apostolat pour la conversion des pé­cheurs, les ordres de saint Dominique, de saint François, celui des Rédemptoristes, des Passionistes, et combien d'autres.
 
Quels sont les pécheurs qu'elle ne protège pas ? Ceux­-là seulement qui méprisent la miséricorde de Dieu et qui s'attirent sa malédiction. Elle n'est pas le refuge de ceux qui s'obstinent à persévérer dans le mal, le blasphème, le parjure, la magie, la luxure, l'envie, l'ingratitude, l'ava­rice, l'orgueil de l'esprit. Mais cependant comme Mère de Miséricorde, elle leur envoie de temps en temps des grâces de lumière et d'attrait, et, s'ils n'y résistaient pas, ils seraient conduits de grâce en grâce jusqu'à celle de la conversion.
 
Elle suggère à quelques-uns d'entre eux par leur mère mourante de dire au moins chaque jour un Ave Maria; plusieurs, sans changer leur vie, ont dit cette prière qui n'exprimait en eux qu'une très faible velléité de conversion, et il est arrivé qu'au dernier moment ils ont été recueillis dans un hôpital où on leur a demandé voulez-vous voir le prêtre et recevoir l'absolution, ils l'ont reçue comme les ouvriers du dernier moment de la der­nière heure appelés et sauvés par Marie. Depuis près de deux mille ans, Marie est ainsi le refuge des pécheurs.
 
Consolatrice des affligés
 
Consolatrice des affligés, elle le fut déjà pendant sa vie terrestre à l'égard de Jésus surtout au Calvaire, puis, après l'Ascension, à l'égard des Apôtres au milieu des immenses difficultés qu'ils rencontraient pour la conver­sion du monde païen. Elle leur obtenait de Dieu l'esprit de force et une sainte joie dans la souffrance.
 
Pendant la lapidation de saint Etienne, premier martyr, elle dut l'assister spirituellement par ses prières. Elle relevait les malheureux de leur abattement, leur obtenait la patience pour souffrir la persécution. En voyant tout ce qui mena­çait l'Eglise naissante, elle restait ferme, gardant un vi­sage toujours serein, expression de la tranquillité de son âme, de sa confiance en Dieu; la tristesse ne s'emparait jamais de son coeur.
 
Ce que nous connaissons de la force de son amour de Dieu fait penser, disent de pieux auteurs, qu'elle restait joyeuse dans les afflictions, qu'elle ne se plaignait pas de l'indigence et du dénûment, que les injures ne pouvaient pas ternir les grâces de sa douceur. Rien que par son exemple, elle soulageait beaucoup de malheureux accablés de tristesse.
 
Elle a suscité souvent des saintes qui ont été, comme elle, consolatrices des affligés, telles sainte Geneviève, sainte Elisabeth, sainte Catherine de Sienne, sainte Ger­maine de Pibrac.
L'Esprit-Saint est appelé consolateur surtout parce qu'il fait verser les larmes de la contrition, qui lavent nos péchés et nous rendent la joie de la réconciliation avec Dieu. Pour la même raison, la Sainte Vierge est consola­trice des affligés, en les portant à pleurer saintement leurs fautes.
 
Non seulement elle console les pauvres par l'exemple de sa pauvreté et par son secours, mais elle est particulièrement attentive à notre pauvreté cachée, elle com­prend le dénûment secret du cœur et nous y assiste. Elle a l'intelligence de tous nos besoins et donne la nourriture du corps et de l'âme aux indigents qui l'implorent.
 
Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMer 9 Sep - 22:21

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE IV 

Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE 
Consolatrice des affligés


Elle a consolé combien de chrétiens dans les persécu­tions, délivré combien de possédés ou d'âmes tentées, sauvé de l'angoisse combien de naufragés; elle a assisté et fortifié combien de mourants en leur rappelant les mérites infinis de son Fils.

Elle vient aussi au devant des âmes après la mort. Saint Jean Damascène dit dans son sermon sur l'Assomp­tion : « Ce n'est pas la mort, ô Marie, qui vous a rendue bienheureuse, c'est vous qui l'avez embellie et rendue toute gracieuse, en la débarrassant de ce qu'elle avait de lugubre. 

Elle adoucit les rigueurs du purgatoire, et procure à ceux qui y souffrent les prières des fidèles, auxquels elle inspire de faire célébrer des messes pour les défunts.

Enfin, comme consolatrice des affligés, Marie, souve­raine sans restriction, fait sentir en un sens sa Miséri­corde jusqu'en enfer. Saint Thomas dit que les damnés sont punis moins qu'ils ne l'ont mérité, « puniuntur citra condignum », car la Miséricorde Divine s'unit tou­jours à la justice même dans les rigueurs de celle-ci. Et cet adoucissement provient des mérites du Sauveur et de ceux de sa sainte Mère. Selon saint Odilon de Cluny, le jour de l'Assomption est en enfer moins pénible que les autres.

Consolatrice des affligés, elle l'est au cours des siècles dans les formes les plus variées selon l'étendue de la con­naissance qu'elle a de l'affliction des âmes humaines dans leurs divers états de vie.

Secours des chrétiens

Elle est enfin le secours des chrétiens, parce que le secours est l'effet de l'amour, et que Marie a la plénitude consommée de la charité, qui dépasse celle de tous les saints et anges réunis.

Elle aime les âmes rachetées par le sang de son Fils plus qu'on ne saurait le dire, elle les assiste dans leurs peines et les aide pour la pratique de toutes les vertus.

D'où l'exhortation de saint Bernard dans sa deuxième homélie sur le Missus est : « Si le vent de la tentation s'élève contre toi, si le torrent des tribulations cherche à t'emporter, regarde l'étoile, invoque Marie. Si les flots de l'orgueil et de l'ambition, de la médisance et de la jalou­sie te ballottent pour t'engloutir dans leurs tourbillons, regarde l'étoile, invoque la Mère de Dieu. Si la colère, l'avarice ou les fureurs de la concupiscence se jouent du frêle navire de ton esprit et menacent de le briser, tourne tes regards vers Marie. Que son souvenir ne s'éloigne jamais de ton cœur et que son nom se trouve toujours sur ta bouche... Mais pour profiter du bénéfice de sa prière, n'oublie pas que tu dois marcher sur ses traces. »

Elle a été souvent le secours, non seulement des âmes individuelles, mais des peuples chrétiens. Au témoignage de Baronius, Narsès, le chef des armées de l'empereur Justinien, avec l'aide de la Mère de Dieu, délivra l'Italie, en 553, de l'asservissement des Goths de Totila. Selon le même témoignage, en 718, la ville de Constantinople fut débarrassée de la même manière des Sarrasins, qui, en plusieurs occasions semblables, furent mis en déroute par le secours de Marie.

De même encore, au XIII° siècle, Simon, comte de Mont­fort, battit près de Toulouse une armée considérable d'Al­bigeois pendant que saint Dominique priait la Mère de Dieu.
La ville de Dijon, en 1513, fut de même miraculeuse­ment délivrée.

En 1571, le 7 octobre, à Lépante, à l'entrée du golfe de Corinthe, par le secours de Marie obtenu par le Rosaire, une flotte turque bien plus nombreuse et plus puissante que celle des chrétiens fut complètement détruite.

Le titre de Notre-Dame des Victoires nous rappelle que souvent son intervention a été décisive sur les champs de bataille pour délivrer des peuples chrétiens opprimés.

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyJeu 10 Sep - 23:13

DEUXIEME PARTIE
CHAPITRE IV 

Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE 

Secours des chrétiens


Dans les Litanies de Lorette, ces quatre invocations salut des infirmes, refuge des pécheurs, consolatrice des affligés, secours des chrétiens, rappellent incessamment aux fidèles combien Marie est Mère de la divine grâce, et par suite Mère de Miséricorde.

Aussi l'Eglise chante qu'elle est aussi notre espérance : « Salve Regina, Mater Misericordiae, vita dulcedo et spes nostra, salve. » Elle est notre espérance, en tant qu'elle nous a mérité avec son Fils et par lui le secours de Dieu, qu'elle nous l'obtient par son intercession tou­jours actuelle et qu'elle nous le transmet. Elle est ainsi l'expression vivante et l'instrument de la Miséricorde auxiliatrice, qui est le motif formel de notre espérance.

La confiance ou l'espérance affermie a une « certitude de tendance vers le salut» qui ne cesse d'augmenter, et qui dérive de notre foi à la bonté de Dieu tout-puissant, toujours secourable, à la fidélité de ses promesses; d'où, chez les saints, le sentiment presque toujours actuel de sa Paternité qui incessamment veille sur nous. L'influence de Marie, sans bruit de paroles, nous initie progressive­ment à cette confiance parfaite et nous en manifeste de mieux en mieux le motif.

La Sainte Vierge est même appelée « Mater sanctae laetitiae » et « causa nostrae laetitiae » cause de notre joie. Elle obtient en effet aux âmes les plus généreuses ce trésor caché qui est la joie spirituelle au milieu même de la souffrance. Elle leur obtient de temps à autre de porter leur croix avec allégresse en suivant le Seigneur Jésus; elle les initie à l'amour de la croix, et sans tou­jours leur faire sentir cette joie, elle leur accorde de la communiquer aux autres.

CHAPITRE V 

La Royauté universelle de Marie


Selon le langage de l'Eglise, dans sa liturgie et la prédication universelle, la Sainte Vierge n'est pas seulement Mère et médiatrice, mais reine de tous les hommes et même des anges et de tout l'univers.

En quel sens cette royauté universelle lui est-elle attri­buée ? Est-ce au sens propre ou en un sens métaphorique ?

Il faut d'abord rappeler que Dieu seul, comme auteur de toutes choses, a par son essence même la royauté uni­verselle sur toutes les créatures, qu'il gouverne pour les conduire à leur fin. Mais le Christ et Marie participent à cette royauté universelle. Comment ?

Le Christ, même comme homme, y participe pour trois raisons : à raison de sa personnalité divine, de la plénitude de grâce qui déborde sur nous et sur les anges, et de par sa victoire sur le péché, sur le démon et sur la mort. Il est roi de tous les hommes et de toutes les créatures, y compris les anges, qui sont « ses anges ». 

Aussi a-t-il dit (Marc, XIII, 26) en parlant de son second avènement : « Alors on verra le Fils de l'homme venir dans les nuées avec une grande puissance et une grande gloire. Et, alors il enverra ses anges rassembler ses élus­ des quatre vents, de l'extrémité de la terre jusqu'à l'ex­trémité du ciel. » Le Christ est en effet Fils de Dieu, non pas par adoption, mais par nature, tandis que les anges ne sont que serviteurs et fils adoptifs de Dieu.

Jésus a dit aussi (Matth., XXVIII, .18) : « Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre »; et il est appelé (Apoc., XIX, 16) : « Roi des rois, Seigneur des seigneurs. »
Comment Marie, au-dessous du Christ et par lui, par­ticipe-t-elle à la royauté universelle ? Est-ce au sens pro­pre du mot ?

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptySam 12 Sep - 8:18

DEUXIEME PARTIE
Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE

CHAPITRE V
Article I - SA ROYAUTÉ EN GÉNÉRAL


Peut-on dire que la Sainte Vierge, surtout depuis l'Assomption et son couronnement au ciel, participe à la royauté universelle de Dieu, en ce sens que, d'une façon subordonnée au Christ, elle est à proprement parler reine de toutes les créatures ?
Déjà on pourrait l'appeler ainsi au sens impropre du mot, du fait qu'elle est, par ses qualités spirituelles, par sa plénitude de grâce, de gloire et de charité, supérieure à toutes les autres créatures. On dit, au sens impropre du mot, que le lion est le roi des animaux qui ne sont pas doués de raison, pour signifier seulement sa supériorité sur eux.

On peut dire aussi, au moins au sens large, que Marie est reine de l'univers parce qu'elle est la Mère du Christ-­Roi.
Mais ce titre lui convient-il au sens propre en tant qu'elle a reçu l'autorité et la puissance royale ? A-t-elle, au-dessous du Christ et par lui, non seulement une pri­mauté d'honneur sur les saints et les anges, mais un véri­table pouvoir de commander aux hommes et aux anges ?

Si l'on examine les divers témoignages de la Tradition exprimés par la prédication universelle; par les Pères, les papes, par la liturgie, et si l'on considère les raisons théologiques invoquées par les Docteurs, on doit répon­dre affirmativement.
Les Pères d'Orient et d'Occident ont très souvent appelé Marie Domina, Regina, Regina nostrae salutis, en particulier, en Orient, saint Ephrem, saint Germain de Constantinople, saint André de Crète, saint Jean Damascène ; en Occident, saint Pierre Chrysologue, le vénérable Bède, saint Anselme, saint Pierre Da­mien, saint Bernard.

Ensuite, ces titres reviennent fréquemment chez tous les théologiens, chez saint Albert le Grand, saint Bonaventure, saint Thomas Gerson, saint Bernar­din de Sienne, Denys le Chartreux, saint Pierre Canisius, Suarez, le Bx Grignion de Montfort, saint Alphonse.

Les souverains pontifes ont toujours employé les mê­mes expressions.

La liturgie romaine et les liturgies orientales procla­ment aussi Marie reine des cieux, reine des anges, reine du monde, reine de tous les saints. Parmi les mystères du Rosaire, communément récités dans l'Eglise depuis le XIII° siècle, le dernier de tous est celui du couronnement de Marie au ciel, qui a été représenté par une des plus belles fresques du Bx Angelico de Fiesole.

Enfin, les raisons théologiques invoquées par les théo­logiens pour montrer que la royauté universelle lui con­vient au sens propre du mot sont vraiment probantes. Elles se réduisent aux trois suivantes.

Jésus-Christ homme, en tant que sa personnalité est divine, est, par l'union hypostatique, roi de l'univers. Or Marie, comme Mère de Dieu fait homme, appartient à l'ordre d'union hypostatique et participe à là dignité de son Fils, car la personne de celui-ci est le terme même de la maternité divine. Elle participe donc connaturellement, en sa qualité de Mère de Dieu, à sa royauté universelle. Et, par gratitude, le Christ se devait à lui-même de recon­naître cette prérogative à celle qui lui avait donné sa nature humaine.

De plus, Jésus-Christ est roi de l'univers par sa plé­nitude de grâce et par sa victoire au Calvaire sur le dé­mon et sur le péché, victoire de son humilité ét de son obéissance jusqu'à la mort de la croix, à cause de laquelle « Dieu l'a souverainement élevé et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse, à la gloire de Dieu le Père, que Jésus-Christ est Seigneur ».

Or Marie, au Calvaire surtout, en s'unissant aux souffrances et aux humiliations du Verbe fait chair, a été associée aussi intimement que possible à sa victoire sur le démon et sur le péché, puis à celle sur la mort. Elle est donc associée aussi véritablement à sa royauté universelle.

On arrive à la même conclusion si l'on considère la trés étroite relation qui unit la Sainte Vierge avec Dieu le Père dont elle est la première fille adoptive, la plus élevée en grâce, et avec le Saint-Esprit, puisque c'est par son opération qu'elle a conçu le Verbe fait chair.

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Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE

CHAPITRE V
Article I - SA ROYAUTÉ EN GÉNÉRAL

On a objecté : la mère d'un roi, appelée souvent reine­ mère, n'est pas de ce fait reine au sens propre, elle n'a pas de ce fait l'autorité royale; de même la Mère du Christ roi ne participe pas par là même à proprement parler à sa royauté.

Nous avons vu plus haut la réponse qui a été donnée à cette objection : il n'y a pas parité, car la mère d'un roi a été seulement la mère d'un enfant qui ensuite est devenu roi, tandis que Marie est Mère de Dieu fait homme qui, dès l'instant de sa conception, est, par l'union hypos­tatique et la plénitude de grâce, roi de l'univers. De plus, Marie a été associée aussi intimement que possible à sa victoire sur le démon, et le péché, à raison de laquelle il a cette royauté universelle par droit de conquête, bien qu'il l'eut déjà par droit d'héritage comme Fils de Dieu. Elle est donc associée aussi à sa royauté universelle au sens propre, quoique d'une façon subordonnée à lui.

De nombreuses conséquences dérivent de cette vérité. De même que Jésus est roi universel, non seulement parce qu'il a le pouvoir d'établir et de promulguer la loi nouvelle, de proposer la doctrine révélée, de juger les vivants et les morts, mais encore le pouvoir de donner la grâce sanctifiante qu'il nous a méritée, la foi, l'espérance, la charité, les autres vertus, pour observer la loi di­vine, Marie participe à sa royauté universelle en tant surtout que, d'une façon intérieure et cachée, elle nous dispense toutes les grâces que nous recevons et qu'elle nous a méritées en union avec son Fils; elle y participe aussi extérieurement en tant qu'elle a donné autrefois l'exemple de toutes les vertus, qu'elle a contribué à éclairer par ses paroles les Apôtres et qu'elle continue à nous éclairer lorsque, par exemple, elle se manifeste extérieu­rement en des sanctuaires comme celui de Lourdes, de la Salette, de Fatima et d'autres lieux.

Mais les théologiens notent qu'elle ne paraît pas participer spécialement au pouvoir judiciaire qui inflige la peine due au péché, car la Tradition n'appelle pas Marie reine de justice, mais « reine de Miséricorde », ce qui lui convient en qualité de médiatrice de toutes les grâces[415]. Jésus paraît s'être réservé le règne de justice, qui lui convient comme « juge des vivants et des morts » (Act. Ap., X,42.

Marie a un droit radical à cette royauté universelle depuis qu'elle est devenue Mère de Dieu, mais, selon les dispositions de la Providence, elle devait aussi la méri­ter en s'unissant au sacrifice de son Fils, et elle ne l'exerce pleinement que depuis qu'elle a été élevée et cou­ronnée au ciel comme reine de toute la création.

C'est un royaume plus spirituel et surnaturel que tem­porel et naturel, bien qu'il s'étende secondairement aux choses temporelles considérées dans leur rapport avec la sanctification et le salut.

Cette royauté s'exerce sur terre, par la distribution de toutes les grâces que nous recevons, par les interven­tions de Marie dans les sanctuaires où elle multiplie ses bienfaits. Elle s'exerce au ciel à l'égard des bienheureux dont la gloire essentielle dépend des mérites du Sauveur et de ceux de sa sainte Mère.

Leur gloire accidentelle et celle des anges augmente aussi par les lumières qu'elle leur communique, par la joie qu'ils ont de sa présence, par tout ce qu'elle fait pour le salut des âmes. Aux anges et aux saints elle manifeste les volontés du Christ pour l'extension de son règne.

Cette royauté de Marie s'exerce, nous l'avons dit, sur le purgatoire en ce sens qu'elle porte les fidèles de la terre à prier pour les âmes retenues dans ce lieu de souffrance; elle nous inspire de faire célébrer des messes pour elles; elle présente aussi à Dieu nos suffrages, ce qui augmente leur valeur. Elle applique encore au nom du Seigneur à ces âmes qui souffrent le fruit des mérites et des satisfactions du Christ et celui de ses propres mérites et satisfactions.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyDim 13 Sep - 22:31

DEUXIEME PARTIE
Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE

CHAPITRE V
Article I - SA ROYAUTÉ EN GÉNÉRAL


Enfin cette royauté de la Sainte Vierge s'exerce à l'é­gard des démons, qui sont obligés de reconnaître en trem­blant sa puissance, car elle peut écarter les tentations qu'ils provoquent, faire éviter leurs pièges, repousser leurs attaques; « ils souffrent plus, dit le Bx Grignion de Montfort, d'être vaincus par l'humilité de Marie que d'être immédiatement écrasés par la toute-puissance divine ».

Son règne de s'étend aussi, nous l'a­vons vu plus haut, en enfer, en ce sens que les damnés sont punis moins qu'ils ne le méritent, et que certains jours, comme peut-être celui de l'Assomption, leurs souf­frances sont adoucies ou moins pénibles à supporter.

Ce dernier point montre que la royauté de Marie est vraiment universelle, car il n'est pas d'endroit où elle ne s'exerce en quelque manière.


Article II - LES ASPECTS PARTICULIERS DE LA ROYAUTÉ DE MARIE


Cette doctrine de la royauté universelle de la Mère de Dieu se concrétise davantage si l'on considère ses divers aspects exprimés dans les litanies de Lorette : « Reine des anges, des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, de tous les saints, reine de la paix. »

Reine des anges

Elle l'est, parce que sa mission est supérieure à la leur; elle est Mère de Dieu, dont les anges ne sont que les serviteurs. Elle se trouve autant élevée au-dessus d'eux qu'il y a de différence entre le nom de mère et celui de serviteur. Elle seule avec Dieu le Père peut dire à Jésus-Christ : « Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré. »

Elle est ensuite supérieure aux anges par sa plénitude de grâce et de gloire, qui dépasse celle de tous les anges réunis. Elle les surpasse en pureté, car elle l'a reçue non seulement pour elle, mais pour la communiquer aux autres.

Elle a été plus parfaite et plus prompte dans l'o­béissance aux commandements de Dieu, et en suivant ses conseils. En coopérant à la rédemption de l'humanité, en union avec Notre-Seigneur, elle a mérité d'un mérite de convenance aux anges eux-mêmes les grâces accidentel­les par lesquelles ils nous aident dans la voie du salut, et la joie qu'ils éprouvent d'y prendre part.

Cela est cer­tain; si l'on se rappelle que Marie a mérité de congruo tout ce que le Christ a mérité de condigno.

Comme le dit Justin de Miéchow, si les anges ont servi Notre-Seigneur, combien plus Marie, qui le conçut, l'enfanta, le nourrit dans ses bras, l'emporta en Egypte pour le préserver de la fureur d'Hérode.

De plus, les anges n'ont chacun que la garde d'un homme ou d'une communauté, tandis que Marie est la céleste gardienne de tout le genre humain et de chacun de nous en particulier.

Si les anges sont les messagers de Dieu, ce privilège appartient à Marie d'une façon bien supérieure, puis­qu'elle nous a porté, non seulement une parole créée, expression de la pensée divine, mais la parole incréée qui est le Verbe fait chair.

Les archanges sont préposés à la garde de telle ou telle cité, la Sainte Vierge protège toutes les cités et toutes les églises qui s'y trouvent. Beaucoup de villes se sont mises sous son patronage.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMar 15 Sep - 6:35

DEUXIEME PARTIE
Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE

CHAPITRE V 
Article I - SA ROYAUTÉ EN GÉNÉRAL

Reine des anges


Les principautés sont à la tête des provinces, Marie prend sous sa protection l'Eglise universelle.

Les « puissances » repoussent les démons; Marie a écrasé la tête du serpent infernal; elle est terrible aux démons par la profondeur de son humilité et l'ardeur de sa charité.
Les « vertus » opèrent des miracles, comme, instru­ments du Très-Haut, mais le plus grand miracle a été celui de concevoir, le Verbe de Dieu incarné pour notre salut.

Les dominations commandent les anges inférieurs; Marie commande à tous les chœurs célestes.

Les trônes sont des esprits dans lesquels Dieu habite d'une manière plus intime; Marie, qui a donné naissance à Notre-Seigneur, est le siège de la Sagesse et la Sainte Trinité habite en elle d'une façon bien plus intime que dans les anges les plus élevés, c'est-à-dire selon le degré de grâce consommée qu'elle a reçu.

Les chérubins brillent par l'éclat de la science; mais la Sainte Vierge a pénétré davantage les mystères divins, elle possède la lumière de gloire et la vision béatifique à un degré bien supérieur au plus parfait des chérubins. De plus, elle a porté en son sein « celui en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu ». Elle s'est entretenue familièrement avec lui, pen­dant plus de trente ans ici-bas, et au ciel elle est plus près de lui que personne.

Les séraphins brûlent des feux du saint amour; mais la vive flamme de la charité est beaucoup plus ardente dans le cœur de Marie. Elle aime Dieu plus que toutes les créatures ensemble, car elle l'aime non seulement comme son Créateur et Père, mais encore comme son enfant, comme son Fils chéri et légitimement adoré.

Elle est donc vraiment Reine des anges; ils la servent avec fidélité, l'entourent de vénération, admirent sa ten­dre sollicitude à garder chacun de nous, à veiller sur les royaumes, sur l'Eglise universelle; les séraphins admi­rent l'ardeur de son amour, son zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Ainsi parle Justin de Miéchow que nous venons de résumer.

Reine des patriarches


D'après tout ce qui précède, on ne saurait évidemment douter de la supériorité de Marie sur Adam innocent, Elle a reçu la grâce à un degré bien plus élevé, et elle eut de même les principaux effets de la justice originelle : la parfaite subordination de la sensibilité aux facultés supérieures, intelligence et volonté, comme la subordination constante de celles-ci à Dieu aimé par-dessus tout. 

La charité de Marie, dès le premier instant de sa conception, dépassait de beaucoup celle d'Adam innocent, et elle avait reçu en outre, quoique dans une chair passible et mortelle, le privilège d'éviter tout péché, si léger soit-il.

Son intimité avec Dieu dépassait beaucoup aussi celle qu'ont eue Abel, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph. L'acte le plus héroïque d'Abraham fut celui par lequel il s'apprêta à immoler son fils Isaac, qui était le fils de la promesse. 

Avec un mérite beaucoup plus grand, Marie offrit son Fils qui lui était incomparablement plus cher que sa propre vie, et un ange du ciel ne vint pas, comme pour Isaac, empêcher l'immolation sanglante de Jésus sur la croix.

Marie au milieu des patriarches brille donc comme un astre sans égal par son titre de Mère de Dieu, par l'élé­vation de sa charité et l'héroïcité de toutes ses vertus.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMer 16 Sep - 7:44

DEUXIEME PARTIE
Article II - PRINCIPALES MANIFESTATIONS DE SA MISÉRICORDE

CHAPITRE V 
Article I - SA ROYAUTÉ EN GÉNÉRAL

Reine des prophètes


La prophétie au sens propre est le don de connaître certainement et de prédire l'avenir par inspiration di­vine. Ce don fut accordé à Abraham, à Moïse, à David, à Elie, à Elisée, aux grands prophètes, Isaïe, Jérémie, Ezé­chiel et Daniel, et aux douze petits prophètes. Dans le Nouveau Testament, saint Jean et saint Paul furent à la fois prophètes et apôtres. Ce don de prédire l'avenir n'a pas été le seul partage des hommes, l'Ecriture le recon­naît à Marie, sœur de Moïse, à Déborah, à Anne, mère de Samuel, à Elisabeth, mère de saint Jean-Baptiste.

Marie est reine des prophètes, car non seulement elle a prédit elle-même l'avenir lorsqu'elle chanta dans le Magni­ficat, « Toutes les nations m'appelleront bienheureuse », mais les prophètes qui ont annoncé le mystère de l'Incarnation ont parlé d'elle : celui que les prophètes ont annoncé, elle a eu l'honneur de le concevoir, de le porter dans son sein, de le nourrir, de le serrer sur son cœur, d'habiter longtemps avec lui, d'entendre ses paroles sur les mystères du royaume de Dieu, paroles dont elle a reçu l'intelligence plus que les disciples d'Emmaüs, et les apôtres eux-mêmes.

Elle a eu le don de prophétie à son degré le plus élevé après Jésus, et en même temps l'intelligence parfaite de la plénitude de la révélation que Notre-Seigneur est venu apporter au monde.

Reine des apôtres

Il s'agit des douze apôtres choisis par le Sauveur pour prêcher l'Evangile et fonder l'Eglise naissante. Comment Marie est-elle appelée leur reine ?

La dignité de Mère de Dieu, étant par son terme d'or­dre hypostatique, dépasse celle des apôtres. L'apostolat est un ministère. Or, selon la remarque de saint Albert le Grand, la Sainte Vierge n'est pas seulement ministre de Dieu, mais, en sa qualité de Mère du Sauveur, elle lui est plus intimement associée.

De plus, après l'Ascension, les apôtres avaient encore besoin de direction, de conseils, de secours, et personne ne pouvait mieux les leur prodiguer que Marie. Elle les a consolés dans la tristesse immense qu'ils éprouvèrent après le départ de Notre-Seigneur pour le ciel, quand ils se sentirent seuls et impuissants pour travailler à l'évan­gélisation du monde païen, au milieu de difficultés insur­montables, avec la perspective des persécutions annon­cées. Jésus leur avait laissé sa Mère pour les fortifier.

Elle fut pour eux, a-t-on dit, comme un second Paraclet, un Paraclet visible, une médiatrice assurée; elle fut leur étoile au milieu de la tempête. Elle remplit les devoirs d'une Mère à leur égard. Nul d'entre eux ne devait la quitter sans avoir été éclairé, consolé, sans être devenu meilleur et plus fort.

Par son exemple à supporter les calomnies, par son expérience des choses divines, elle dut les soutenir contre les injures, les moqueries, les persécutions, leur obtenir par ses prières la grâce de la persévérance jusqu'au mar­tyre.

Personne n'était plus Miséricordieux qu'elle, plus fort dans les épreuves, plus humble, plus pieux, plus chari­table.

Enfin personne mieux qu'elle ne pouvait leur parler de la conception virginale du Christ, de sa naissance, de son enfance, de sa vie cachée à Nazareth, et de ce qui s'é­tait passé en la sainte âme du Sauveur sur la croix. C'est ce qui fait dire à saint Ambroise : « Il n'est pas extra­ordinaire que saint Jean ait parlé du mystère de l'Incar­nation mieux que les autres; il se trouvait à la source même des secrets célestes. » C'est dans l'intimité de la Mère de Dieu qu'il vécut de ce qu'il rapporte dans le quatrième évangile.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyJeu 17 Sep - 7:52

CHAPITRE V 

Article I - SA ROYAUTÉ EN GÉNÉRAL

Reine des martyrs


Ce titre a été donné à Marie par saint Ephrem, saint Jérôme, saint Ildefonse, saint Anselme, saint Bernard. Il s'agit du martyre du cœur prédit par le vieillard Siméon : « Un glaive de douleur transpercera votre âme » (Luc, III, 35).

Sa douleur fut proportionnée à son amour pour son Fils lorsqu'on l'appelait séducteur du peuple, violateur de la loi, possédé du démon, lorsqu'on lui préférait Barabbas, lorsqu'elle le vit cloué sur la croix, torturé par la cou­ronne d'épines, par la soif, par toutes les angoisses de son âme de prêtre et de victime.

Tous les coups que recevait son Fils flagellé et crucifié, elle les recevait elle-même, car elle ne faisait qu'un avec lui par la profondeur de son amour pour lui. Comme le dit Bossuet, « une seule croix suffit ainsi pour qu'ils fus­sent martyrs l'un et l'autre ». 

Ils n'offraient qu'un seul et même sacrifice, et comme elle aimait son Fils plus qu'elle-même, elle souffrit plus que si elle avait été tourmentée elle-même par les bourreaux.

Elle supporta ce martyre pour confesser la foi au mys­tère de l'Incarnation rédemptrice, et en elle, en ce mo­ment, la foi de l'Eglise resta ferme, vive, ardente et péné­trante plus que dans tous les martyrs.

Il faut ajouter que la cause de ses souffrances fut celle même de la Passion de son Fils, l'accumulation des cri­mes de l'humanité et l'ingratitude des hommes qui ren­drait ces souffrances en partie inutiles.

Il ne faut pas oublier non plus qu'elle souffrit depuis la conception du Sauveur, plus encore depuis la prophé­tie du vieillard Siméon, ensuite d'une façon plus vive en voyant pendant la vie publique de Jésus l'opposition croissante des pharisiens, et jusqu'au paroxysme durant la Passion et au pied de la Croix.

Alors quoiqu'elle fut remplie d'une immense douleur, son zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes lui donna une sainte joie de voir son Fils consommer son œuvre rédemptrice par le plus parfait des holocaustes.

Enfin elle assiste les martyrs dans leur supplice : si on l'appelle Notre Dame de la bonne mort parce qu'elle veille près des mourants qui l'invoquent, à plus forte raison assiste-t-elle ceux qui meurent pour confesser leur foi au Christ rédempteur.


Reine des confesseurs - Marie et les prêtres


Elle est reine de tous ceux qui confessent la foi au Christ, parce qu'elle l'a confessée elle-même plus que personne depuis l'Annonciation jusqu'à la mort de Jésus et ensuite jusqu'à l'Assomption.

Mais il convient de parler ici surtout de ce qu'elle est à l'égard des prêtres du Christ. 

Le prêtre, pour représen­ter vaiment Notre-Seigneur qu'il doit rendre présent sur l'autel et offrir sacramentellement à la messe, doit s'unir de plus en plus à ses sentiments, à l'oblation toujours vivante au cœur de Jésus, « qui ne cesse d'intercéder pour nous ». 

De plus le prêtre doit par les divers sacrements distribuer la grâce qui est le fruit des mérites du Christ et de ceux de sa sainte Mère.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyVen 18 Sep - 8:56

CHAPITRE V
 
Article I - SA ROYAUTÉ EN GÉNÉRAL
 
Reine des confesseurs - Marie et les prêtres

 
Aussi Marie a-t-elle un zèle particulier pour la sanctification des prêtres. Elle voit en eux la participation du sacerdoce de son Fils et elle veille très spécialement sur leur âme pour qu'ils fassent fructifier la grâce de leur ordination, pour qu'ils deviennent une vivante image du Sauveur.
 
Elle les garde contre les périls qui les entourent, elle les relève avec une grande bonté s'ils viennent à défaillir. Elle les aime comme des fils de prédilection, ainsi qu'elle a aimé saint Jean qui lui fut confié au Calvaire.
 
Elle attire leur cœur pour l'élever et pour les conduire de plus en plus à l'intimité du Christ, pour qu'un jour ils puisssent dire en toute vérité : « Je vis, mais non, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. »
 
Elle les assiste surtout à l'autel, pour qu'ils prennent de plus en plus conscience de ce que doit être leur union au Prêtre principal du sacrifice de la messe.
 
Elle est spi­rituellement présente à cette oblation sacramentelle, qui perpétue en substance le sacrifice de la croix, et elle dis­tribue les grâces actuelles qui disposent à la faire avec le recueillement voulu et le don généreux de soi, pour que le prêtre ne participe pas seulement au sacerdoce du Sau­veur; mais aussi à sa vie de victime, dans la mesure vou­lue pour lui par la Providence.
Par là elle forme le cœur des prêtres à l'image du Cœur de Jésus.
 
De plus, avec lui, elle suscite les vocations sacerdotales et les cultive, car là où il n'y a pas de prêtres, il n'y a pas de baptême, pas d'absolution, pas de messe, pas de ma­riage chrétien, ni d'extrême-onction, pas de vie chré­tienne, c'est le retour au paganisme.
 
Le Christ, qui a voulu avoir besoin de Marie pour l'ai­der dans l'œuvre de la rédemption, a voulu avoir besoin aussi de ses prêtres, et Marie les forme à la sainteté. On le voit particulièrement par la vie de certains saints comme saint Jean l'évangéliste, saint Ephrem, saint Jean Damascène, saint Bernard, saint Dominique, l'apôtre du Rosaire, saint Bernardin de Sienne, saint Alphonse, le Bx de Montfort et beaucoup d'autres.
 
Reine des vierges - Marie et les âmes consacrées
 
Reine des vierges, elle l'est parce qu'elle a eu la virgi­nité au degré le plus éminent, parce qu'elle l'a conservée dans la conception, dans l'enfantement du Sauveur, et toujours ensuite. Dès lors elle fait comprendre aux âmes le prix de la virginité, qui n'est pas seulement, comme la pudeur, une louable inclination de la sensibilité, mais qui est une vertu, c'est-à-dire une force spirituelle.
 
Elle leur montre que la virginité consacrée à Dieu est ­supérieure à la simple chasteté, parce qu'elle promet à Dieu l'intégrité du corps et la pureté du cœur pour toute la vie; ce qui fait dire à saint Thomas que la virginité est à la chasteté comme la munificence à la simple libéralité, car elle est un don de soi excellent qui manifeste une parfaite générosité.
 
Marie préserve les vierges au milieu des dangers, les soutient dans leurs luttes et les conduit, si elles sont fidè­les, à une grande intimité avec son Fils.
 
Quel est son rôle à l'égard des âmes consacrées ? Ces âmes sont appelées par l'Eglise « les épouses du Christ ». Leur parfait modèle est évidemment la Très Sainte Vierge.
 
A son exemple, elles doivent avoir en union avec Notre-Seigneur, une vie de prière et de réparation ou d'immolation pour le monde et les pécheurs. Elles doi­vent aussi consoler les affligés, en rappelant ce que dit l'Evangile, que la consolation qu'elles apportent surnatu­rellement aux membres souffrants du Christ, c'est à lui qu'elles l'apportent, pour lui faire oublier tant d'ingrati­tudes, de froideurs et même de profanations.
 
Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptySam 19 Sep - 6:55

CHAPITRE V 

Article I - SA ROYAUTÉ EN GÉNÉRAL

Reine des vierges - Marie et les âmes consacrées


Dès lors la vie de ces âmes doit s'attacher à reproduire les vertus de Marie et à continuer dans une mesure son rôle vis-à-vis de Notre-Seigneur et des fidèles.

Si les âmes consacrées savent et veulent suivre cette direction, elles chercheront auprès de Marie, et trouve­ront en elle tout ce qui sera une compensation magnifi­que à tous les renoncements et privations, acceptés, d'a­bord en bloc, et qu'on estime parfois trop durs lorsqu'ils se présentent au jour le jour.

La Sainte Vierge fait entendre enfin aux vierges consa­crées à Dieu qu'elles peuvent humblement aspirer à une maternité spirituelle, qui est un reflet de la sienne, à l'é­gard des enfants abandonnés, des pauvres, des pécheurs, qui ont besoin de trouver l'assistance d'une grande bonté surnaturelle.

 A cette maternité spirituelle Jésus fait allu­sion lorsqu'il dit (Matth., XXV, 35) : « J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; nu, vous m'avez vêtu; malade, vous m'avez visité; en prison, et vous êtes venus à moi. »

Cette maternité spirituelle s'exerce aussi, dans la vie contemplative et réparatrice, par l'apostolat par la prière et la souffrance, qui féconde celui par la prédication pour la conversion des pécheurs et l'extension du règne du Christ. Cette maternité cachée a ses grandes souffrances, mais la Sainte Vierge inspire comment il faut les offrir et elle en fait entrevoir la fécondité.

Enfin Marie assiste les mères chrétiennes, pour qu'a­près avoir donné le jour à leurs enfants, elles forment leur âme à la vie de la foi, de la confiance et de l'amour de Dieu, pour qu'elles les ramènent s'ils se sont égarés, comme le fit Monique à l'égard d'Augustin.
Nous voyons ainsi quelle est la royauté universelle de la Mère de Dieu : elle est la reine de tous les saints, par sa mission unique dans le plan provinênrel, par la perfec­tion de la grâce et de la gloire et par celle de ses vertus.

Elle est la reine de tous les saints connus et inconnus, de tous ceux du ciel, canonisés, béatifiés ou non, et de tous ceux qui se sanctifient sur la terre et dont elle con­naît la prédestination, les épreuves, les joies, la persévé­rance et les fruits qui en seront le couronnement pour l'é­ternité.

CHAPITRE VI 
La vraie dévotion à la Sainte


Dans ce chapitre nous parlerons : 1° du d'hyperdulie dû à la Mère de Dieu; 2° des formes habituelles de la dévotion mariale, spécialement du Rosaire, comme école de contemplation; 3° de la consécration à Marie telle que l'explique le Bx Grignion de Montfort; 4° de l'union intime et mystique avec la Sainte Vierge.

Article I - LE CULTE D'HYPERDULIE ET SES BIENFAITS

Le culte en général est un honneur rendu avec soumission et dépendance à une personne qui nous est supérieure et à cause de son excellence. 

Qu'il soit seulement intérieur ou en même temps extérieur, le culte diffère donc selon l'excellence même de la personne à la­quelle il est dû. A Dieu, à cause de son excellence infinie, de premier principe et souverain maitre de toutes choses, est dû le culte suprême de latrie ou d'adoration, acte de la vertu de religion. Il est dû aussi à l'humanité du Sauveur en tant qu'elle appartient à la personne incréée du Verbe, et d'une façon relative au crucifix et autres images du Sauveur, en tant qu'ils le représentent.

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptySam 19 Sep - 22:27

CHAPITRE VI

Article I - LE CULTE D'HYPERDULIE ET SES BIENFAITS


Aux personnes créées qui ont une certaine excellence est dû un culte appelé de dulie ou de respect, qui est l'acte de la vertu de dulie subordonnée à celle de religion. 

C'est ainsi que déjà dans l'ordre naturel le respect est dû aux parents, aux rois, à un chef d'armée, à un maître, à un sage, et dans l'ordre surnaturel la vénération est due aux saints, à cause de l'excellence de leurs vertus dont l'héroïcité est reconnue, et ce culte rendu aux serviteurs de Dieu honore Dieu lui-même qui se manifeste par eux et qui par eux nous attire vers lu. Le Concile de Trente l'affirme contre les protestants qui ont voulu voir de la superstition dans cette vénération pour les saints (cf. Denzinger, nos 941, 952, 984).

De plus on enseigne communément dans l'Eglise qu'à la Très Sainte Vierge est dû un culte d'hyperdulie ou de dulie suprême, à cause de son éminente dignité de Mère de Dieu (Denzinger, nos 1255 sq., 1316, 1570).

Nature et fondement de ce culte


Il y a eu au sujet de ce culte dû à Marie deux déviations absolument contraires l'une à l'autre. Selon le té­moignage de saint Epiphane (Haer., 78-79), les collyridiens voulurent rendre à la Sainte Vierge un culte proprement divin et lui offrir des sacrifices. Cette erreur mériterait le nom de Mariolatrie; elle n'a pas duré.

Par opposition les protestants ont déclaré que le culte d'hyperdulie rendu par les catholiques à la Très Sainte Vierge est une superstition.

Il est facile de répondre que le culte de latrie ou d'adoration ne peut être rendu qu'à Dieu seul; si l'on adore l'humanité de Jésus c'est parce qu'elle est unie personnellement au Verbe, si l'on rend un culte d'adoration relative au crucifix c'est parce qu'il représente Notre-Seigneur (cf. saint Thomas, IIIa, q. 25, a. 3 et 5). 

Il est clair, en effet, que le crucifix ou les images du Sauveur n'ont d'autre excellence que de le représenter. Si l'on rendait ce culte d'adoration relative à la Sainte Vierge à cause de son rapport au Verbe fait chair, il serait facilement pris par beaucoup comme une adoration qui s'adresse à Marie à cause de sa propre excellence, et il serait ainsi occasion d'erreur grave et d'idolatrie, comme le remarque saint Thomas (ibid., a. 3, ad 3).

Le culte qui est dû à la Sainte Vierge est donc un culte de dulie. Ce point de doctrine est même de foi, selon le magistère universel de l'Eglise; d'où la condamnation de trois propositions contraires de Molinos (Denz., 1255 sq., 1316).

De plus, c'est une doctrine commune et certaine qu'on doit à Marie un culte éminent de dulie, ou d'hyperdulie, qui lui est propre, en tant qu'elle est la Mère de Dieu. C'est l'enseignement traditionnel qui apparait de plus en plus explicitement dans les écrits de saint Modeste au VII° siècle, de saint Jean Damascène au VIII°, puis de saint Thomas, de saint Bonaventure, de Scot, de Suarez, de presque tous les théologiens catholi­ques. 

La Sacrée Congrégation des Rites l'a affirmé dans un décret du 1er juin 1884, et la liturgie aussi dans l'office de la Sainte Vierge.

On voit par là que le culte d'hyperdulie est dû formellement à Marie pour cette raison qu'elle est la Mère de Dieu, parce que la maternité divine est, par son terme de l'ordre hypostatique, très supérieur à celui de la grâce et de la gloire. Si donc la Sainte Vierge avait seulement reçu la plénitude de grâce et de gloire sans être la Mère de Dieu, en d'autres termes si elle était seulement supérieure aux saints par le degré de gloire consommé, ce culte spécial d'hyperdulie ne lui serait pas dû.

Enfin c'est une doctrine plus probable et plus commune que ce culte d'hyperdulie n'est pas seulement un degré supérieur du culte de dulie dû aux saints, mais qu'il en est spécifiquement distinct, comme la maternité divine est par son terme de l'ordre hypostatique, spécifiquement distinct de celui de la grâce et de la gloire.

Ce culte d'hyperdulie est rendu à Marie formellement parce qu'elle est la Mère de Dieu, Mère du Sauveur; mais c'est parce qu'elle a ce titre suprême qu'elle a aussi ceux de Mère de tous les hommes, de médiatrice universelle et de corédemptrice.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyDim 20 Sep - 21:39

CHAPITRE VI

Article I - LE CULTE D'HYPERDULIE ET SES BIENFAITS

Quels sont les fruits de ce culte ?


Il attire sur ceux qui le rendent à la Mère de Dieu une plus grande bienveillance de sa part, il les porte à imiter ses vertus; il les conduit ainsi efficacement au salut, car Marie peut obtenir à ceux qui l'implorent fidèlement la grâce de la persévérance finale. 

C'est pourquoi la vraie dévotion à la Sainte Vierge est comptée communément parmi les signes de la prédestination. Bien qu'elle ne donne pas une certitude absolue et infaillible d'être sauvé (ce que réprouve le Concile de Trente, Denz., n° 805), elle nous donne le ferme espoir d'obtenir le salut. Cette ferme espérance repose sur la grande puissance d'intercession de Marie et sur sa grande bienveillance pour ceux qui l'invoquent. 

En ce sens saint Alphonse affirme (Gloires de Marie, Ire p., c. VIII), qu'il est moralement impossible que ceux-là se perdent qui, avec le désir de s'amender, sont fidèles à honorer la Mère de Dieu et à se recommander à sa protection. S'il n'y avait seulement que velléité de rompre avec le péché, il n'y aurait pas encore un signe probable de prédestination. Mais si les pécheurs s'efforcent de sortir du péché, où ils sont encore, et s'ils cherchent pour cela l'aide de Marie, elle ne manquera pas de les secourir et de les ramener en grâce avec Dieu. Ainsi parle avec saint Alphonse (ibid., Ire p., c. I, 4) la généralité des théologiens plus récents.

D'une manière générale, dans l'Eglise, ce culte rendu à Marie confirme les fondements de la foi, du fait qu'il dérive de la foi à l'Incarnation rédemptrice; il écarte par là les hérésies; aussi est-il dit de Marie : « Cunctas haereses interemisti in mundo. » Il porté à la sainteté par l'imitation des vertus de la Sainte Vierge, et il glorifie Notre-­Seigneur en honorant sa Mère.

Objections

Des rationalistes ont objecté que la première origine du culte religieux envers Marie parait devoir être attri­buée à l'influence des conceptions semi-païennes appor­tées dans l'Eglise par les conversions en masse opérées au IV° siècle.

Cette théorie était déjà mentionnée et combattue par saint Pierre Canisius, De Maria Deipara virgine. l. V, c. XV, Lyon, 1584, pp. 519 sq. Elle a été examinée ré­cemment dans le Dict. apologétique, art. Mariolâtrie, col. 319 sq., Dict. théol. cath., art. Marie, col. 2445 ss. par le P. Merkelbach, op. cit., pp. 408 ss., et les auteurs, par lui cités, ibid.

Bien certainement au point de vue dogmatique le culte de la Sainte Vierge n'est pas venu au IV° siècle du paga­nisme, mais il est fondé sur l'excellence même du Christ.

Au moins, dès le IIe siècle en Occident les paroles natus ex Maria Virgine sont insérées dans le symbole qui est expliqué au catéchumène. Dès l'époque de saint Justin, saint Irénée, Tertullien, Marie, Mère du Sauveur, est appelée la nouvelle Eve, la Mère spirituelle des chrétiens. Ce culte est né spontanément chez les fidèles à raison de leur foi au mystère de l'Incarnation rédemptrice.

Au point de vue historique il faut ajouter que la pre­mière représentation de la Vierge tenant l'Enfant Jésus sur sa poitrine que l'on trouve à Rome au cimetière de Priscille, ainsi qu'une peinture de l'Annonciation au même endroit, selon les juges les plus compétents, remon­tent au II° siècle; d'autres sont du III°, avant les conver­sions en masse des païens opérées au IV°.

De plus le culte de Marie est tout différent de celui d'Isis en Egypte, d'Artémis à Ephèse, d'Istar en Babylo­nie; ces déesses représentaient en effet la vie et la fécon­dité naturelle de la terre, et à leur culte se mêlaient des rites et pratiques immorales, non pas l'amour de la chas­teté et de la virginité.

En outre, les païens considéraient l'objet de ces cultes comme des déesses, tandis que Marie a toujours été regar­dée comme une pure créature qui a donné au Verbe fait chair sa nature humaine.

S'il y a quelques analogies elles sont purement exté­rieures du fait que tout culte vrai ou faux a quelque con­formité avec certaines aspirations du cœur et s'exprime par des images; mais il n'y a pas pour cela imitation. Enfin toute l'Eglise étant opposée à la religion païenne, n'a pu lui faire un tel emprunt.

Source : Livres-mystiques.com

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyLun 21 Sep - 21:47

CHAPITRE VI

Article I - LE CULTE D'HYPERDULIE ET SES BIENFAITS

Objections


L'objection des protestants, selon laquelle le culte de Marie nuit au culte divin, n'est pas plus fondée. L'Eglise catholique maintient en effet que le culte de latrie ou d'a­doration ne peut être rendu qu'à Dieu seul, et la dévo­lion à la Sainte Vierge, loin de s'opposer au culte divin, le favorise, car elle reconnaît que Dieu est l'auteur de tous les dons que nous vénérons en Marie ; l'honneur rendu à la Mère remonte à son Fils et la Médiatrice uni­verselle nous fait mieux connaître que Dieu est l'auteur de toutes les grâces.

L'expérience montre du reste que la foi en la divinité du Christ se conserve chez les catholiques qui ont le culte de Marie, tandis qu'elle dépérit chez les protestants. Tous les saints enfin ont uni le culte de Notre-Seigneur et celui de sa Mère.

La dévotion à Marie, étant plus sensible, est chez cer­taines personnes plus intense que celle envers Dieu, mais le culte divin lui est supérieur, puisque Dieu est aimé par-dessus tout d'un amour d'estime, qui tend à devenir plus intense et qui le devient au fur et à mesure que l'âme vit davantage d'une vie spirituelle plus dégagée des sens.

La confiance en Marie, Mère de Miséricorde, et en la puissance de son intercession, loin de diminuer la con­fiance en Dieu, l'augmente. Si la confiance que les pèle­rins d'Ars avaient dans le Curé d'Ars, au lieu de diminuer leur confiance en Dieu, l'augmentait, à plus forte raison celle, que les fidèles ont en Marie. 

Ces objections n'ont donc absolument aucun fondement.

Le culte d'hyperdulie repose au contraire sur la foi en la divinité du Christ, laquelle s'exprime dans le titre le plus glorieux de Marie, celui de Mère de Dieu.

Ce serait un manque d'humilité, comme le dit le Bx de Montfort, de négliger les médiateurs que Dieu nous a don­nés à cause de notre faiblesse. Bien loin de nuire à notre intimité avec Dieu, ils nous y disposent. 

Comme Jésus ne fait rien dans les âmes que pour les conduire à son Père, Marie n'exerce son influence sur les intelligences et les cœurs que pour les conduire à l'intimité de son Fils. Dieu a voulu se servir d'elle constamment pour la sanc­tification des âmes.

Article II - LE ROSAIRE

Ecole de contemplation


Parmi les formes habituelles de la dévotion mariale, comme le sont l'Angelus, l'office de la Sainte Vierge, le Rosaire, nous parlerons spécialement de ce dernier, en tant qu'il nous dispose et nous conduit à la contemplalion des grands mystères du salut.

C'est, après le sacrifice de la messe, une des plus belles prières et des plus efficaces, à condition de la bien enten­dre et d'en vivre véritablement.

Il arrive souvent que le chapelet, qui est un reste amoindri du Rosaire, devient une prière machinale, pen­dant laquelle l'esprit, n'étant pas assez occupé des choses divines, est la proie des distractions, prière parfois préci­pitée et sans âme, ou par laquelle on demande les biens temporels sans voir assez leur rapport avec les biens spi­rituels, la sanctification et le salut.

Alors, en entendant réciter ainsi d'une façon trop mé­canique et négligente le chapelet, on se demande : que reste-t-il en cette prière ainsi faite de l'enseignement con­tenu dans les grandes et nombreuses encycliques de Léon XIII sur le Rosaire, encycliques que rappelait Pie XI dans une de ses dernières lettres apostoliques avant de mourir.

On peut sans doute faire déjà une bonne prière, en pensant confusément à la bonté de Dieu et à la grâce de­mandée, mais pour rendre au chapelet son âme et sa vie, il faut se rappeler qu'il n'est qu'une des trois parties du Rosaire, et qu'il doit s'accompagner de la méditation, facile du reste, des mystères joyeux, douloureux et glo­rieux, qui nous rappellent toute la vie de Notre-Seigneur, celle de sa sainte Mère et leur élévation au ciel.

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MessageSujet: Re: La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou   La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou - Page 3 EmptyMar 22 Sep - 22:41

CHAPITRE VI

Article II - LE ROSAIRE

Les trois grands mystères du salut


Les quinze mystères du Rosaire, ainsi divisés en trois groupes ne sont autre chose que les divers aspects des trois grands mystères du salut : celui de l'Incarnation, celui de la Rédemption et celui de la vie éternelle.

Le mystère de l'Incarnation nous est rappelé par les joies de l'Annonciation, de la Visitation, de la Nativité de Jésus, par sa présentation au temple et son recouvre­ment parmi les docteurs de la synagogue.

Le mystère de la Rédemption nous est rapporté par les divers moments de la Passion : l'agonie au jardin des Oliviers, la flagellation, le couronnement d'épines, le por­tement de la croix, le crucifiement.

Le mystère de la vie éternelle nous est redit par la ré­surrection, l'ascension, la pentecôte, l'assomption de Marie et son couronnement au ciel.

C'est tout le Credo qui passe sous nos yeux, non pas d'une façon abstraite, par des formules dogmatiques, mais d'une façon concrète par la vie du Christ, qui des­cend vers nous et remonte vers son Père pour nous con­duire à lui. C'est tout le dogme chrétien dans son éléva­tion et sa splendeur, pour que nous puissions ainsi tous les jours le pénétrer, le savourer et en nourrir notre âme.

Par là, le Rosaire est une école de contemplation, car il nous élève peu à peu au-dessus de la prière vocale et de la méditation raisonnée ou discursive. Les anciens théologiens ont comparé ce mouvement de contemplation au mouvement en spirale[446] que décrivent certains oiseaux comme l'hirondelle pour s'élever très haut. 

Ce mouvement en spirale est aussi comme un chemin qui serpente pour faire sans fatigue l'ascension d'une monta­gne. Les mystères joyeux de l'enfance du Sauveur conduisent à sa Passion et sa Passion au ciel.

C'est donc une prière très élevée, si on l'entend bien, puisqu'elle remet tout le dogme sous nos yeux de façon accessible à tous.

Elle est aussi très pratique, parce qu'elle nous rappelle toute la morale et la spiritualité chrétienne vues d'en haut par l'imitation de Jésus rédempteur et de Marie médiatrice, qui sont nos grands modèles.

Ces mystères doivent en effet se reproduire en notre vie dans une certaine mesure voulue pour chacun de nous par la divine Providence. Chacun d'eux nous rappelle une vertu, surtout l'humilité, la confiance, la patience et la charité.

On peut dire même qu'il y a trois moments dans notre voyage vers Dieu : on entrevoit d'abord la fin dernière, d'où le désir du salut et la joie qui accompagne ce désir ; c'est ce que nous rappellent les mystères joyeux, la bonne nouvelle de l'Incarnation du Fils de Dieu qui nous ouvre la voie du salut.

On doit prendre ensuite les moyens souvent doulou­reux pour la délivrance du péché et la conquête du ciel. C'est ce que nous redisent les mystères douloureux.

On se repose enfin dans la fin dernière conquise, dans l'éternelle vie, dont celle-ci doit être le prélude. C'est ce que nous font prévoir les mystères glorieux.

Le Rosaire est ainsi très pratique, car il vient nous prendre au milieu de nos joies trop humaines, parfois dangereuses, pour nous faire penser à celles beaucoup plus hautes de la venue du Sauveur. 

Il vient nous pren­dre aussi au milieu de nos souffrances souvent déraison­nables, parfois accablantes, presque toujours mal sup­portées, pour nous rappeler que Jésus a souffert beaucoup plus que nous par amour pour nous, et pour apprendre à le suivre, en portant la croix que la Providence a choisie pour nous purifier. Le Rosaire vient enfin nous prendre au milieu de nos espoirs trop terrestres, pour nous faire penser au véritable objet de l'espérance chrétienne, à la vie éternelle et aux grâces nécessaires pour y parvenir par l'accomplissement des grands préceptes de l'amour de Dieu et du prochain.

Source : Livres-mystiques.com

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CHAPITRE VI

Article II - LE ROSAIRE

Les trois grands mystères du salut


Le Rosaire bien compris est ainsi non pas seulement une prière de demande, mais une prière d'adoration à la pensée du mystère de l'Incarnation, une prière de répara­tion, en souvenir de la Passion du Sauveur, une prière d'action de grâces, en pensant aux mystères glorieux qui continuent de se reproduire incessamment par l'entrée au ciel des élus.

Le Rosaire et l'oraison contemplative

D'une façon plus simple encore et plus élevée, il con­vient de réciter le Rosaire en regardant par les yeux de la foi Jésus toujours vivant, qui ne cesse d'intercéder pour nous, et qui influe toujours sur nous, soit sous la forme de sa vie d'enfance, ou de sa vie douloureuse ou de sa vie glorieuse. Il vient actuellement à nous pour nous assimi­ler à lui. 

Arrêtons le regard de notre esprit sur celui de Notre-Seigneur qui se fixe sur nous. Son regard est non seulement plein d'intelligence et de bonté, mais c'est le regard même de Dieu, qui purifie, qui pacifie, qui sancti­fie. 

C'est le regard de notre juge, mais plus encore de notre Sauveur, de notre meilleur ami, du véritable époux de notre âme. 

Le Rosaire ainsi récité dans la solitude et le silence se transforme en un entretien des plus fruc­tueux avec Jésus, toujours vivant pour nous vivifier et nous attirer à lui. C'est aussi une conversation avec Marie qui nous conduit à l'intimité de son Fils.

On voit assez souvent dans la vie des saints que Jésus­ vient à eux d'abord pour reproduire en eux sa vie d'en­fance, puis sa vie cachée, ensuite sa vie apostolique, et enfin sa vie douloureuse avant de les faire participer à sa vie glorieuse. Par le Rosaire, il vient à nous d'une façon semblable, de sorte que cette prière bien faite se trans­forme peu à peu en une conversation intime avec Jésus et Marie.

On s'explique dès lors que des saints y aient vu une école de contemplation.

Quelques personnes objectent qu'on ne peut à la fois réfléchir aux paroles et contempler les mystères. A cela on a répondu souvent : il n'est pas nécessaire de réfléchir aux paroles de l'Ave Maria, quand on médite ou regarde spirituellement tel ou tel mystère. 

Ces paroles sont comme une cantilène, qui berce l'oreille, nous isole des bruits du monde, pendant que les doigts sont occupés à égrener le rosaire et nous indiquent matériellement à quelle dizaine nous en sommes. Ainsi l'imagination est occupée pendant que l'intelligence et la volonté sont unies à Dieu.

On a objecté aussi que la forme monotone du chapelet engendre la routine. Cette objection, qui porte contre le chapelet mal dit, ne porte pas contre. le Rosaire qui nous familiarise avec les divers mystères du salut, en nous rap­pelant, dans nos joies, nos tristesses et nos espoirs, com­ment ces mystères doivent se reproduire en nous.

Toute prière peut dégénérer en routine, même l'ordi­naire de la messe, même le Prologue de l'Évangile de saint Jean lu presque tous les jours à la fin du saint Sa­crifice. Mais cela provient non pas certes de ce que ces grandes prières sont imparfaites, mais de ce que nous ne les disons pas comme il faudrait, avec foi, confiance, et amour.

L'esprit du Rosaire tel qu'il fut conçu
 

Pour mieux voir ce que doit être le Rosaire, il faut se rappeler comment saint Dominique l'a conçu sous l'inspiration de la Sainte Vierge, à un moment où le midi de la France était ravagé par l'hérésie des Albigeois, imbus des erreurs manichéennes, qui niaient la bonté infinie et la toute-puissance de Dieu, par l'affirmation d'un principe du mal souvent victorieux.

Ce n'était pas seulement la morale chrétienne qui était attaquée; mais le dogme, les grands mystères de la création, de l'Incarnation rédemptrice, de la descente du Saint-Esprit, de la vie éternelle à laquelle nous sommes tous appelés.

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